2 octobre 2018
Les mathématiques et nous!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit un éditorial hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Environ un élève sur deux de 4e secondaire, à Fernand-Lefebvre, a échoué l’examen de mathématiques du ministère en juin 2018. De piètres résultats, les mêmes depuis quatre ans. Pourtant ce n’est qu’en septembre que la CS a placé cet enjeu parmi ses priorités dans son nouveau plan d’engagement vers la réussite 2018-2022! Comme si les maths étaient quantité négligeable dans le quotidien.

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Moi-même élève douée, j’étais peu attirée par les mathématiques – matière que je trouvais froide et désincarnée. Il a fallu que mon fils ainé – qui fréquentait l’école Laplume – bénéficie de l’approche inhabituelle du conseiller pédagogique Michel Lyons, pour réaliser que j’avais tout faux.

M. Lyons mettait l’enseignement des mathématiques à la portée de tous. Il avait trouvé comment apprendre aux enfants à aborder la matière de façon logique, mais incarnée dans la réalité.

Et pour cause. De toutes les matières enseignées, les mathématiques sont certes la plus abstraite. Rien n’est physique en mathématiques, comme en chimie ou en physique. Rien n’est factuel en mathématiques, comme en histoire ou en écologie. Tout découle d’un raisonnement logique. Les mathématiques sont purement intellectuelles. Mais abordables quand on y met le temps.

Et surtout nécessaires, on s’en rend vite compte quand on y pense bien. Oui, les mathématiques sont partout. Qu’on étudie la sociologie, l’économie, la psychologie, la physique, la biologie, l’informatique, le génie, la pharmacologie, les arts, les métiers de la construction, du transport, etc. Tout comme dans le quotidien quand on gère un budget, calcule son hypothèque, prévoit une éventualité, mesure le bois nécessaire à une construction, cuisine une recette. Même pour mettre toutes les chances de son côté dans un jeu de hasard!

Au travail également, les mathématiques sont omniprésentes en administration, vente, comptabilité, informatique, architecture, génie, construction, musique, photo, journalisme, etc. Somme toute, les maths sont, comme l’anglais, presqu’indispensables à qui sait les manier.

Plus largement, on utilise l’approche des mathématiques dans le quotidien, quand on a une décision à prendre. Pour réfléchir, analyser, estimer. Car c’est via leur apprentissage qu’on a développé cette capacité à raisonner et la rigueur qu’elle implique. Une discipline nécessaire à l’atteinte de bons résultats.

Mais cela suppose que leur enseignement soit autre chose que celui de règles à appliquer. Michel Lyons disait que les élèves, avant d’aborder une solution prescrite, peuvent générer seuls leurs propres techniques de calcul, très souvent différentes de celles du prof. Qu’il doit pouvoir expliquer à son prof comment il a abordé le problème. Ce qui amène ce dernier à bien saisir ce que le jeune comprend ou pas. Est-ce ainsi que l’on procède dans l’école d’aujourd’hui?

Il faut aussi se rappeler, comme le dit si bien M. Lyons, que l’apprentissage n’est pas un sprint, mais un marathon. Peu importe la vitesse à laquelle les élèves apprennent. Ils le feraient souvent plus vite que l’on pense, dit-il. Mais il faut exercer leur patience. Le fait-on?

Non, une fois adultes, ces jeunes ne seront pas confrontés, ou si peu, aux problèmes similaires de mathématiques abordés à l’école. Mais ils seront capables de prendre de meilleures décisions parce que les mathématiques leur auront appris la résolution de problèmes. À penser quantitativement. Abstraitement.

Les mathématiques conviennent mieux, c’est certain, à ceux qui ont le goût des défis intellectuels et le sens de l’analyse et de l’abstraction. Mais elles développent chez tous capacité de raisonnement et rigueur scientifique qui ouvrent la porte à de fort nombreuses formations au travail.

C’est le premier défi de l’école et du milieu de faire comprendre cela aux jeunes. Le reste suivra!

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