13 octobre 2020
Les jeunes et nous
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Les ados en ont bien lourd sur les épaules ces temps-ci. Alors qu’ils traversent une période où leur côté rebelle, leur désir de liberté et leur sentiment d’invincibilité sont au plus fort, voilà qu’on leur demande, comme à tous, de limiter leurs rapports aux autres, qu’on les restreint à l’école à des bulles desquelles ils ne peuvent sortir pour retrouver des amis d’autres classes ou la pratique de sports d’équipe.

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Heureusement, ceux de la MRC de Pierre-De Saurel échappaient encore, la semaine dernière, à ces strictes règles du port du masque à l’école, de l’alternance de présence en classe aux deux jours, de l’interdiction de participer à des activités scolaires, parascolaires et sportives. Bien sûr, leur champ d’action est plus limité. Il est restreint aux seules frontières de la MRC.

Mais ce faisant, les jeunes doivent être bien conscients que s’ils veulent conserver cette liberté relative encore possible plus longtemps, il en tient à eux d’assumer la responsabilité qu’on attend d’eux : celle du respect des règles, de la prudence.

Oui, cela leur demande de renoncer à fréquenter leurs amis hors des heures scolaires. De se restreindre dans leurs ébats amoureux ou sociaux au moment même où ces manifestations se font plus urgentes et normales que jamais.

On leur demande enfin l’effort ultime de se concentrer sur leurs apprentissages scolaires, qu’ils soient à l’école ou à la maison, histoire d’ajouter à leur bagage de connaissances, de réussir leur année scolaire – mieux que les dernières cohortes si possible – et ce, dans un environnement qui n’a rien de classique.

Ils peuvent cependant y arriver s’ils trouvent chez leurs pairs une volonté semblable de se démarquer et dans leur environnement l’intérêt et le support nécessaire à cet accomplissement.

Que je sache, il n’y a pas de parents qui ne souhaitent pas la réussite scolaire de leurs enfants. Ni de profs et de direction scolaire qui ne veulent pas les voir répondre adéquatement aux examens du ministère.

Mais c’est souvent dans la façon d’aborder la question que tout beigne. Que s’éveillent aussi la motivation des jeunes, leur désir de progresser. C’est à l’école, dans les activités scolaires, parascolaires et sportives qu’ils vivent des moments de satisfaction susceptibles de les allumer, de les inciter à mettre les efforts pour arriver à des résultats tangibles. Ils y puisent l’énergie, la socialisation et la satisfaction nécessaires pour y arriver. D’où l’importance de les maintenir quitte à en encadrer plus étroitement le déroulement.

Il y a aussi cet effort sans relâche à consentir pour limiter la propagation du virus dans notre région. Les jeunes peuvent y jouer un grand rôle, au même titre que les adultes parce qu’en contact avec plusieurs autres. Mais sauront-ils maitriser leur désinvolture face à la COVID-19 si leurs parents baissent eux-mêmes la garde? Sauront-ils ne pas perdre de vue l’importance de leur réussite scolaire si leurs profs se font moins présents, moins stimulants?

Cette menace au maintien quotidien de la vie scolaire, de la régularité qu’elle commande et des efforts qu’elle implique, ne peut que modifier l’avenir qu’ils sont à composer. Ce pourquoi l’école doit s’adapter à la situation, mais aussi à leurs besoins, à ce qu’ils sont. Elle doit leur donner les moyens de recevoir un suivi pédagogique étroit et digne de ce nom – même si on doit à plusieurs égards le réinventer.

Voilà que l’on doit à leur génération attention et accompagnement dans sa marche vers l’autonomie et la responsabilité partagée nécessaire à une société solidaire. C’est un vaste programme qui dépend aussi de chacun de nous, de ce que nous disons, de ce dont nous témoignons en ce moment clé et inédit de notre vie collective.

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