30 avril 2019
Les inondations de Sainte-Anne-de-Sorel vues par son maire
Par: Katy Desrosiers
Le niveau de l'eau était si élevé qu'il était possible de circuler en chaloupe directement dans la rue. 
Photo Les 2 Rives ©

Le niveau de l'eau était si élevé qu'il était possible de circuler en chaloupe directement dans la rue. Photo Les 2 Rives ©

Tous les jours, le maire de Sainte-Anne-de-Sorel, Michel Péloquin, accompagné d’élus ou d’employés, effectue une tournée en chaloupe dans les zones inondées afin de prendre le pouls de la population et de vérifier les compteurs d’Hydro-Québec qui sont à risque. Le journal Les 2 Rives a pu se joindre à eux le mardi 23 avril.

Lors de notre arrivée, le maire était déjà bien occupé à discuter avec des citoyens de passage à la mairie, entourée d’eau et accessible par un quai. Accompagnés du maire et de Maxime Dauplaise, le directeur général de la municipalité, nous quittons en véhicule pour emprunter le chemin du Chenal-du-Moine, partiellement recouvert d’eau.

À ce moment, M. Péloquin nous explique que l’accès au secteur est restreint seulement aux résidents. Il ajoute qu’il est important de réduire notre vitesse au maximum dans ce secteur pour éviter de créer des vagues qui iraient frapper sur les terrains et les maisons près de la route, ce qui pourrait causer des dommages supplémentaires.

« Je crois que si les gens étaient à leur place, ils n’apprécieraient pas beaucoup que les automobilistes circulent rapidement en créant des vagues. L’avertissement est le même pour ceux qui circulent en bateau », lance Michel Péloquin.

Près de l’Île aux Fantômes, on rejoint le conseiller du district 6, Mario Cardin, qui sera notre conducteur pour la tournée en chaloupe. Peu après notre départ, on remarque que l’eau rejoint plusieurs maisons. À l’entrée de l’Île d’Embarras, la route est complètement recouverte avec plusieurs pieds d’eau, si bien qu’il est facile de circuler en chaloupe à l’endroit où se trouve la route. Les bornes-fontaines sont presque entièrement recouvertes. L’eau est à quelques centimètres de submerger les boîtes aux lettres. Le bout des panneaux de circulation qui sortent de l’eau est la seule indication des limites de la route.

En tentant de se rendre à une résidence pour effectuer une vérification avec les propriétaires, le maire guide le conducteur avec une rame en tâtant le fond de l’eau. Il essaie de localiser les objets sous la chaloupe pour ne pas les heurter. Normalement, devant cette résidence, on retrouve une petite clôture, qui était invisible lors de notre visite. Autour de la maison, il ne reste qu’un ou deux pieds de gazon. Nous devons donc accoster près du balcon afin que le maire et le conseiller puissent se rendre dans la résidence.

Pendant ce moment, nous apercevons des gens en chaloupe, d’autres assis sur leur balcon. Certains, grâce à des combines de pêcheurs, marchent directement dans l’eau autour de leur maison.

Nous arrêtons à quelques résidences pour discuter avec les propriétaires. Le maire nous explique aussi que la plupart des résidences sont conçues en conséquence. Il nous montre même une maison, construite sur pilotis, dont le bas a été recouvert de lambris, mais qui possède deux portes de garage de chaque côté afin que l’eau puisse passer. Ainsi, l’impact sur la structure est réduit.

Michel Péloquin nous mentionne que les gens du secteur s’accommodent. « Bien sûr, ils se passeraient des inconvénients, mais ils ont, en général, un excellent moral. Si nous avions des demandes d’aide, on interviendrait pour trouver des ressources, mais pour l’instant, nous n’en avons pas. Ce sont plutôt des conseils qui nous sont demandés », mentionne-t-il.

 

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