5 juin 2018
Les informations du public sont essentielles dans les cas de disparition
Par: Sarah-Eve Charland

(Photo: Gracieuseté/Sûreté du Québec)

Yvon Guévin, de Pierreville, est porté disparu depuis juillet 2014. (Photo : Gracieuseté/Sûreté du Québec)

Patrice Mathieu, de Saint-Joseph-de-Sorel, est disparu depuis août 2013. (Photo : Gracieuseté/Sûreté du Québec)

Rolande Thibault, de Saint-Joseph-de-Sorel, a été vu pour la dernière fois le 5 août 2013. (Photo : Gracieuseté/Sûreté du Québec)

En moins de deux semaines, la Sûreté du Québec (SQ) a fait appel à la population à deux reprises pour l’aider à retrouver des personnes rapportées disparues dans la région. Dans ces cas, les informations du public se révèlent de plus en plus précieuses pour les corps policiers, maintient le lieutenant Hugo Fournier.

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Ce ne sont pas toutes les disparitions qui sont médiatisées. Les agents de la paix choisissent cette avenue lorsque la famille a des raisons importantes de craindre pour la santé ou la sécurité du disparu. Cette dernière doit avoir préalablement donné son accord pour diffuser la photo et les informations. La SQ ne révèlera pas les raisons pour lesquelles on craint pour la sécurité afin de ne pas porter préjudice.

« Lorsque nous avons un signalement, un policier est dépêché sur les lieux immédiatement. Il fait l’évaluation rapidement de la situation. Il y a différent scénarios. Tous les cas sont différents. Lorsqu’on choisit de médiatiser la disparition, on croit que plusieurs yeux pourront nous aider », affirme le lieutenant.

Ce dernier participe notamment au processus de décision menant à la médiatisation de ce type d’événement. Afin de maximiser le processus, tous les communiqués sont diffusés sur le site Internet de la SQ et sur les réseaux sociaux en plus d’être transmis aux médias.

Ce processus entraîne souvent une vague d’informations à la Centrale de l’information criminelle de la SQ au 1-800-659-4264.

« Il y a un policier en poste 24h/24 qui compile toutes les informations. Il donne l’information à l’enquêteur au dossier. Ce n’est pas aléatoire. Il y a un plan structuré selon le cas qui se présente à nous. La force de déploiement de nos ressources est plus grande qu’avant », précise le lieutenant.

Chacune des informations est évaluée sur son bien-fondé et sa pertinence. « Tout est noté et vérifié », assure-t-il.

Aucune disparition ne se ressemble

La recherche se divise en deux volets; celle sur le terrain qui peut se traduire notamment avec le pistage de maître chien et celle d’enquête qui se traduit par la rencontre de la famille, des témoins et la vérifications des réseaux sociaux.

« Je me rappelle qu’il y avait eu un grand déploiement à Pierreville pour tenter de retrouver Yvon Guévin. C’est très rare de ne pas retrouver la personne. Ce qui est assez exceptionnel, c’est de n’avoir jamais retrouvé le véhicule de M. Guévin », mentionne M. Fournier.

L’homme, disparu à l’âge de 75 ans, a été vu pour la dernière fois le 6 juillet 2014 à Pierreville. Quelques jours après sa disparition, une dizaine de policiers avaient été déployés pour effectuer une surveillance par hélicoptère et par 4X4. La SQ avait aussi interpellé près de 1000 véhicules pour recueillir des informations. Une soixantaine de bénévoles avaient parcouru la région de Nicolet et de Sorel-Tracy. Un an plus tard, le corps policier avait également effectué des opérations de recherche en plongée dans la rivière Saint-François.

« Ce qu’on va favoriser, ce sont les recherches structurées avec des bénévoles. Ce qu’on appelle des bénévoles spontanés peuvent créer des problème. Je parle de membres de la famille, par exemple, qui font des recherches par eux-mêmes. On ne voudrait pas se retrouver avec deux disparitions au lieu d’une », tient-il à mentionner.

Missing Canada estime que 61% des cas de disparition sont résolus en moins de 24 heures. La statistique atteint 81% en moins d’une semaine. Au Québec, on a enregistré près de 10 000 disparitions en 2017. De ce nombre, près de 7 000 sont des enfants.

Des cas régionaux

Dans la région, trois cas n’ont toujours pas été résolus au moment de mettre sous presse, soit Yvon Guévin de Pierreville, Patrice Mathieu de Saint-Joseph-de-Sorel et Rolande Thibault de Saint-Joseph-de-Sorel.

Un homme de 37 ans de Sorel-Tracy avait aussi été porté disparu le 18 mai et a été retrouvé le lendemain à Joliette. Une semaine plus tard, un autre homme avait été porté disparu avant d’être retrouvé quelques jours plus tard. En 2017, Les 2 Rives a publié cinq cas de disparition. Chaque fois, la personne a été retrouvée.

« Je ne suis pas en mesure de savoir si ces cas ont été résolus grâce aux informations du public. Ce ne sont pas des informations qui sont transmises au service des communications », précise M. Fournier.

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