22 mai 2018
Taux de réussite à la SAAQ de Sorel-Tracy
Les examens théoriques donnent du fil à retordre aux apprentis conducteurs
Par: Julie Lambert

Les apprentis conducteurs échouent de plus en plus à l'examen théorique de la SAAQ. (Photo : Pascal Cournoyer)

En 2017, trois élèves sur cinq réussissaient du premier coup leur examen théorique de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Depuis les cinq dernières années, les élèves ont toutefois de plus en plus de difficulté à le réussir alors qu’ils excellent à l’examen pratique en raison des cours de conduite devenus obligatoires.

Selon les données obtenues auprès de la SAAQ, on enregistrait un taux de réussite de 66,69% (voir tableau) parmi les 3 179 personnes ayant passé l’examen théorique et ayant suivi des cours de conduite au centre de service de Sorel-Tracy en 2017.

Depuis 2012, les résultats des élèves sont en chute libre comparativement à ceux des examens pratiques qui enregistrent une légère amélioration. Plus de 76% des 1 471 personnes ayant réalisé l’examen pratique ont réussi du premier coup à obtenir leur permis.

Actualiser les outils

Les résultats ne sont pas surprenants, soulignent les instructeurs des écoles de conduite Bouvier et Tecnic de Sorel-Tracy, Denise Drolet et Jean-François Bélanger. Le programme a changé, mentionne M. Bélanger. Les élèves sont davantage laissés à eux-mêmes pour la préparation de l’examen théorique.

« La SAAQ a connu beaucoup de problèmes avec son programme. Il est basé sur l’autoapprentissage. Avant, nous abordions dans un cours de trois heures la loi, des mises en situation et les panneaux avec les jeunes. Maintenant, notre rôle est plutôt de faire de la sensibilisation sur diverses pratiques comme le cellulaire et la fatigue au volant, la drogue et les distractions », explique Jean-François Bélanger.

Selon M. Bélanger, si les élèves ont bien étudié et sont allés sur le site, ils vont obtenir de bons résultats, mais peu d’entre eux aiment le test de connaissance disponible en ligne.

« Il est fait avec un logiciel flash. Ce n’est pas technologique et il n’est pas accessible par le cellulaire alors que les jeunes utilisent plus cela que des ordinateurs. Les modules sont aussi parfois trop longs. Le programme est très bien, mais il n’a pas été bien transporté pour attirer les jeunes », croit-il.

L’instructrice Denise Drolet pense la même chose. Elle croit par contre que ce sont plutôt les questions qui auraient intérêt à être modifiées afin de mieux préparer les élèves.

« Les livres ne sont pas assez représentatifs de nos examens. Les images sur le site de la SAAQ sont petites, les jeunes ne peuvent pas zoomer et elles ne reflètent pas beaucoup la réalité », pense-t-elle.

Impacts de la loi

Les deux instructeurs sont heureux de voir les résultats s’améliorer pour l’examen pratique. Selon eux depuis que les cours de conduite obligatoires ont été mis en place en 2010, on peut voir des impacts positifs sur le bilan routier des dernières années.

« On voit la différence entre ceux qui ont suivi des cours ou non. Les statistiques sont encourageantes même s’il y a eu deux années records au niveau des décès en raison des distractions. On demande à nos jeunes de faire attention et malgré notre sensibilisation, le message ne semble pas passer », déplore M. Bélanger.

Denise Drolet pense qu’il reste du travail à faire. Le projet de loi modifiant le Code de la sécurité routière présenté à la fin de 2017 aidera, mais pas autant qu’elle le souhaiterait.

« Le couvre-feu n’aura pas beaucoup d’impact. En restreignant les jeunes à ne pas conduire la nuit de minuit à 5h, on va leur enlever la possibilité d’acquérir de l’expérience dans toutes les situations de conduite. D’interdire aux jeunes avec des permis probatoires de ne pas avoir des jeunes de moins de 19 ans dans leur véhicule avant un an de conduite, cela permettra de ne pas faire plusieurs victimes comme dans les années passées », estime-t-elle.

Régulièrement mis à jour

Selon le porte-parole de la SAAQ, Mario Vaillancourt, les taux de réussite des examens pratiques dépendent de plusieurs facteurs, dont la région, la ville et la densité de circulation. Concernant les examens théoriques, le site interactif doit servir de moyen supplémentaire pour se préparer à l’examen.

« Il est remis à jour deux à trois fois par année. C’est un outil ludique pour aider les jeunes à vérifier certaines choses. Les guides mis à la disposition des jeunes sont la meilleure façon de se préparer à l’examen », conclut-il.

Taux de réussite avec ou sans cours à l’examen de la SAAQ de Sorel-Tracy

Année Examen théorique avec cours Examen théorique sans cours Examen pratique avec cours Examen pratique sans cours
2012 82,08% 69,94% 74,44% 56,13%
2013 82,31% 74,07% 69,80% 53,33%
2014 77,83% 66,45% 69,76% 56,45%
2015 *
2016 *
2017 66,69% 58,40% 76,34% 68,57%
* La Société de l‘assurance automobile du Québec n’était pas en mesure de fournir les données pour les années 2015 et 2016 parce que les méthodes d’analyse n’étaient pas les mêmes.

(Source : Société de l’assurance automobile du Québec)

Taux d’infractions au Code de la sécurité routière selon le sexe et l’âge en Montérégie

(taux pour 100 000 titulaires de permis)

Âge 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Moins de 16 ans 7705 9302 8169 7360 5793 9083 6678
16-19 ans 38 441 35 642 31 812 29 058 26 663 24 986 23 230
(Source : Société de l’assurance automobile du Québec)
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