8 avril 2020
Les enseignants gardent contact avec leurs élèves
Par: Jean-Philippe Morin

Plusieurs chaînes du genre ont été conçues sur les pages Facebook des écoles. Celle-ci provient de l’école Monseigneur-Brunault à Saint-David. Photo tirée de Facebook

À la demande du ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur Jean-François Roberge, plusieurs enseignants de partout en province ont gardé un lien avec leurs élèves malgré la fermeture des écoles en raison de la pandémie du coronavirus.

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Bien avant cette demande, des enseignants de la Commission scolaire de Sorel-Tracy étaient déjà en contact avec leurs élèves, que ce soit au niveau primaire ou secondaire.

Les 2 Rives a demandé à la présidente du Syndicat de l’enseignement du Bas-Richelieu, Lisette Trépanier, de contacter ses membres pour qu’ils nous fassent part de leurs initiatives. Une vingtaine de courriels ont été reçus et bien qu’il ne s’agisse pas d’une liste exhaustive des initiatives réalisées, nous en avons retenu quelques-unes.

Des écoles proactives

Toutes les écoles travaillent à garder contact avec leurs élèves. La plupart ont une page Facebook ou en ont créé une.

L’école St-Roch publie une vidéo par jour sur sa page Facebook dans laquelle un enseignant envoie un message aux élèves. Le directeur Maxim Bonin a aussi eu l’idée d’inciter les jeunes à envoyer une vidéo d’une dizaine de secondes dans laquelle ils nomment un héros ou un ange-gardien de Saint-Roch-de-Richelieu qui travaille dans les services essentiels. Un certificat pourra lui être remis et un hommage lui sera rendu.

À l’école Sainte-Anne-les-îles, les enseignants ont tous colorié un arc-en-ciel avec un petit message. Dans plusieurs écoles, comme à Saint-Robert et Saint-David, des montages photos ont été faits par les membres du personnel pour les élèves.

Sur la page Facebook de l’école Saint-Gabriel-Lalemant, les professeurs réalisent fréquemment des vidéos et certains ont créé une page privée pour rester en contact avec les élèves. Un montage vidéo collectif devrait paraître à la fin de la semaine.

Un courriel ou un appel

La plupart des enseignants ont envoyé un petit mot d’encouragement à leurs élèves sur différentes plateformes, que ce soit par ClassDojo, par courriel ou même par appel.

Par exemple, Stéphan Parenteau, enseignant d’éducation physique au PEI, a demandé aux élèves de lui écrire et il a reçu plusieurs réponses positives.

D’autres, comme Guillaume Gauthier, enseignant d’Éthique et culture religieuse à Bernard-Gariépy, leur propose d’en profiter pour passer du temps en famille, lire, jouer à des jeux de société et des jeux vidéos, apprendre quelque chose de nouveau ou simplement faire ce qu’ils aiment le plus.

Idem pour Marie-Luce Dion, enseignante en classe relation de l’école secondaire Bernard-Gariépy, qui a contacté tous les parents pour les informer que plusieurs liens pédagogiques intéressants existaient.

Catherine Salvas, de l’école au Petit Bois, a appelé ses élèves de première année et leurs parents afin de prendre de leurs nouvelles. Certains lui ont envoyé des photos et vidéos de ce qu’ils font en quarantaine et elle leur envoie des défis à réaliser.

L’enseignante en musique de l’école Maria-Goretti, Marie-Renée Sheridan, discute sur une base hebdomadaire avec ses élèves avec la plateforme Zoom. Chaque niveau dispose d’une durée de 30 minutes pour discuter avec elle de tout et de rien.

Laurie Champagne-Généreux a aussi appelé ses élèves de Yamaska. Certains ne voulaient même plus raccrocher et des parents lui ont confié qu’ils s’ennuyaient de l’école pour la première fois!

Isabelle Germain, enseignante au préscolaire à l’école Au Petit Bois, a enregistré une vidéo sur YouTube dans laquelle elle faisait entre autres son « bonjour du matin » en nommant chaque élève comme elle le faisait en classe. Elle a ensuite envoyé un courriel aux parents sur l’apprentissage travaillé en classe.

Des défis

À l’école Saint-Jean-Bosco, Geneviève Péloquin, enseignante en troisième année, lance des défis à ses élèves. Par exemple, elle leur a demandé de sortir une photo d’eux bébé et de lui raconter dans un court texte ce moment de leur vie. Chaque jour, Mme Péloquin reçoit des photos d’élèves dans leur quotidien et elle les publie sur la plateforme privée ClassDojo. Elle a aussi utilisé la plateforme Zoom pour parler à ses élèves « en vrai ».

Marie-Ève Lessard, de l’école Martel à Saint-Joseph-de-Sorel, publie quotidiennement des défis aux élèves et à leur famille sur la page Facebook de l’école.

Jennifer Gélinas, enseignante en deuxième secondaire, envoie régulièrement des énigmes à résoudre par courriel aux élèves. Il s’agissait d’un « jeu-récompense » fait en classe qu’elle a décidé de continuer en cette période de confinement.

Lily-Anne Bilodeau, enseignante en sixième année à l’école Au Petit Bois, a envoyé un projet intégrateur à ses élèves qui doivent construire un jeu de société afin de réviser les notions mathématiques. Ils doivent préparer des questions à leur niveau et fabriquer la boîte de jeu, le feuillet des règlements et des explications. À la fin, ils doivent préparer une vidéo pour vanter les mérites de leur jeu à la manière d’un « pitch » de vente… Tout ça en famille!

Écrire pour oublier son anxiété

Josianne St-Arnaud, enseignante en troisième secondaire en français, a entre autres suggéré l’écriture à ses élèves afin de passer ce moment anxiogène. Elle leur a écrit ceci : « Si tu le souhaites, rédige un journal abordant ce que tu vis durant la période d’isolement (dans un calepin, sur des feuilles ou à l’ordinateur). Écrire réduit l’anxiété et, quand tu seras plus vieux, tu pourras relire ce que tu avais vécu durant ce moment historique que tu es en train de vivre. Écrire est certes bon pour se pratiquer à faire des phrases claires et à se corriger, mais cela aide aussi à maintenir un bon moral! »

L’enseignante en anglais de quatrième secondaire, Christine Fagnan, a proposé à ses élèves d’écrire une lettre à quelqu’un. Elle les corrige avant l’envoi. En plus de cette initiative, Mme Fagnan a envoyé quatre pages de suggestions d’activités à faire. Un de ses groupes écoute un roman (audiobook), se rencontre en vidéoconférence et complète un questionnaire qui se terminera par un texte à écrire.

À l’école Martel, deux éditorialistes, Élodie Hébert et Daphné Spénard, rédigent des communiqués de presse pour informer les gens de la région à propos des activités spéciales vécues à l’école. L’enseignante Audrey Mongeau-Dutremble aide ses deux élèves pour répandre un peu de bonheur. Le communiqué « Spécial quarantaine » a été réalisé à la suite de discussions sur Facetime entre l’enseignante et les deux élèves.

Continuer de bouger

Myriam Chevigny, professeure au Centre de formation professionnelle de Sorel-Tracy, donne des cours de gymnastique douce, active et du stretching en Compétence de base. Depuis le 16 mars, elle offre sur sa page Facebook une vidéo d’entraînement par jour à faire à la maison. Elle varie les types de cours et l’intensité pour permettre l’accessibilité à tous.

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