1 mai 2015
Les dissensions toujours palpables 15 ans plus tard
Par: Julie Lambert

La fusion de Sorel et de Tracy célèbre sa quinzième année en 2015. Malgré le nombre d’années qui se sont écoulées depuis, les points de vue sur cette grande décision sont toujours aussi divergents entre ses instigateurs et ses opposants.

Une année entière aura été nécessaire pour réaliser ce rêve initié par un regroupement d’hommes d’affaires de la région. Trois grandes étapes ont dû être réalisées, soit une étude de faisabilité, la tenue d’un référendum dans les municipalités de Tracy, Saint-Joseph-de-Sorel et Sainte-Anne-de-Sorel ainsi que l’élection du nouveau maire.

La mairesse de Sainte-Anne de l’époque, Réjane Salvail, se rappelle encore du contexte dans lequel s’est vécue cette prise de décision. En 1999, c’est la situation financière de Sorel qui avait rebuté la majorité de ses citoyens et son conseil municipal à envisager la fusion, souligne-t-elle.

« La municipalité n’avait pas de dettes. Elle avait même un surplus. Nous avions les meilleurs services à des coûts minimes. J’ai été une vraie tigresse pour défendre les intérêts de mes citoyens. Pour nous, cela n’aurait pas été rentable. J’ai toujours eu la population derrière moi et encore aujourd’hui, mon opinion n’a pas changé », mentionne-t-elle.

L’ancien maire de Tracy et président du comité en faveur de la fusion, Émile Parent, pense toujours que la fusion était nécessaire pour la région. Il aurait toutefois fallu, souligne-t-il, que les quatre municipalités soient fusionnées pour créer une activité économique très forte.

« Je déplore que Tracy et Sorel ne semblent pas encore incorporées. Elles semblent toujours aussi séparées. Tracy a été négligée. Au moment de la fusion, elle était bien entretenue et le déneigement était mieux fait parce que c’était une priorité pour les élus. Au niveau économique, ce secteur n’a pas reçu grand-chose n’ont plus », pense-t-il.

Un ancien militant dans le comité du non, Alain Lemire, reste également campé sur ses positions. Selon lui, la dette ainsi que la vétusté des infrastructures nuisaient à Tracy alors que cette dernière était en bonne santé financière.

« On ne peut plus revenir dans le passé, mais il y a des gens qui me disent encore qu’on n’aurait jamais dû faire ça. On nous avait dit que la fusion allait nous aider à faire travailler des gens, mais l’économie ne marche pas fort. Je pense que cela n’a rien apporté à Tracy. Nous n’avons pas eu un effet gagnant-gagnant et c’est dur à avaler », pense M. Lemire.

Le conseil municipal du secteur Saint-Laurent, Yvon Bibeau, a été élu dans le nouveau conseil municipal de la ville fusionnée. Cette décision a permis, croit-il, de mettre fin à l’éternelle compétition qui existait entre les deux municipalités.

Cela a mis fin à la réalisation de projets en double, souligne-t-il. Il cite en exemple les bibliothèques municipales et les parcs industriels que l’on retrouve sur chacun des territoires.

« Le député de l’époque Sylvain Simard devait s’occuper d’aller chercher des subventions pour les deux municipalités. Il a dû cogner fort sur la table pour arrêter les chicanes de clocher. En s’unissant, on avait plus d’impact pour faire des demandes. Les municipalités avaient tout intérêt à se fusionner et elles auraient dû le faire tôt ou tard », conclut-il.

Référendum de la fusion avec Sorel en septembre 1999

Tracy: Oui à 64%

Saint-Joseph-de-Sorel: Non à 71%

Sainte-Anne-de-Sorel: Non à 54%

Vote pour le nom de la nouvelle ville en novembre 2000

Sorel-Tracy: 50,7%

Sorel: 45,3%

Tracy: 4,0%

Élection du nouveau maire de Sorel-Tracy en novembre 2000

Marcel Robert: 59,4%

Marcel Gauthier: 17,0%

Émile Parent: 19,3%

Réjean Dauplaise: 3,0%

Mario Bastiani: 1,3%

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