12 avril 2016
Les compressions forcent les CPE à retarder des projets
Par: Deux Rives
Seulement 16 nouvelles places ont été accordées à des enfants depuis 2013 dans la région. | TC Média - Denis Germain

Seulement 16 nouvelles places ont été accordées à des enfants depuis 2013 dans la région. | TC Média - Denis Germain

Alors que le ministère de la Famille annonçait en grande pompe en 2013 l’attribution de 15 000 nouvelles places en garderie au Québec, les règles ont subitement changé. Trois ans plus tard, seulement 16 places ont été attribuées à des jeunes dans la région sur un total de 193 places accordées il y a trois ans.

« Tous les Centres de la petite enfance (CPE) dans cette situation ont dû entamer une réflexion. C’est un peu inquiétant. S’il n’y a pas de nouvelles places, les parents vont se diriger encore plus vers les garderies privées », s’inquiète la responsable aux communications du Regroupement des CPE de la Montérégie, Brigitte Lépine.

Le ministère a appliqué de nouvelles règles budgétaires dans le programme de financement des infrastructures en décembre 2014. Les CPE doivent financer 50% de leur projet.

À cela s’ajoutent les compressions budgétaires imposées au réseau des CPE. Lors des deux dernières années, le gouvernement du Québec a coupé près de 174 M$ pour l’ensemble du réseau. Pour 2016-2017, le gouvernement a ajouté de nouvelles compressions de l’ordre de 120 M$.

« Le ministère s’est engagé à donner ces places en garderie et il tiendra son engagement », assure la porte-parole du ministère de la Famille, Nadia Caron, qui n’établit pas d’échéancier.

Certains projets ont seulement été mis en suspens. D’autres ont été abandonnés. C’est le cas à Saint-Roch-de-Richelieu où un projet de 52 places a été délaissé par le CPE La Petite Marine.

« En 2013, une étude confirmait qu’il y avait un besoin. Le dossier a tellement traîné que la loi a changé en cours de route. Le centre n’avait plus les moyens financiers. On a également fait une nouvelle étude qui a révélé que les familles se dirigeaient plus vers le privé », raconte le maire de Saint-Roch-de-Richelieu, Claude Pothier.

Le 30 septembre 2015, l’administration du CPE La Petite Marine a envoyé une résolution au ministère de la Famille. Selon la résolution, le CPE n’était pas en mesure d’assumer la mise de fonds de 97 680$ établie par les règles budgétaires. Il a été impossible pour le Journal de joindre la direction générale du CPE La Petite Marine.

« C’est un grand désappointement pour la population, pour le conseil de Ville, pour le conseil d’administration du CPE et pour moi », ajoute M. Pothier.

Les places laissées vacantes seront réaffectées. « L’objectif est de les redistribuer dans le même secteur », affirme Mme Caron.

En suspens

Du côté du CPE La Marelle, le projet d’une nouvelle construction pouvant accueillir 63 jeunes sur la rue Ramezay, en face de l’école Fernand-Lefebvre à Sorel-Tracy, est toujours en suspens. Le projet initial, de près de 1 M$, prévoyait un financement complet par le ministère. La Ville de Sorel-Tracy contribuait en accordant le terrain.

« Le projet est sur la glace. Pour le moment, on n’a pas les sous. On va devoir réfléchir afin de trouver des solutions. On est un CPE. Notre objectif n’est pas de faire des profits. On doit s’occuper de ce qu’on a avant de se lancer dans une nouvelle construction », affirme la directrice générale, Isabelle Guay qui ne sait pas quand le projet se réalisera.

En moyenne, les CPE contribuaient à moins de 5% du financement total du projet avant l’application des nouvelles règles budgétaires, souligne la porte-parole du ministère, Nadia Caron.

« L’actualisation des règles administratives permet de responsabiliser davantage les CPE à l’égard des coûts liés à leurs projets. Entre autres, les CPE doivent privilégier la location au lieu de l’achat ou la construction de nouveaux bâtiments », ajoute Mme Caron.

La contribution financière du CPE peut provenir de ses fonds, d’un tiers ou d’un emprunt.

Projets accordés

Nombre de places Endroit État
CPE La Petite Marine 8 Saint-David Réalisé
CPE La Marelle 8 Yamaska Réalisé
CPE La Petite Marine 52 Saint-Roch-de-Richelieu Abandonné
CPE La Marelle 63 Sorel-Tracy En suspens
CPE Petit à Petit 62 Contrecoeur À venir

Le projet de CPE à Contrecœur grandit au fil des mois

Trois ans après l’appel d’offres du gouvernement du Québec pour l’attribution de places en garderie, le projet de 62 places à Contrecœur devrait voir le jour d’ici la fin de l’année 2016.

@R:Malgré les nombreuses embûches qui se sont présentées au cours des dernières années, la directrice générale du Centre de la petite enfance (CPE) Petit à Petit, Hélène Thibault, espère lancer l’appel d’offres dans les prochains mois.

« On était sur le point d’abandonner le projet parce que c’était trop difficile. Par contre, la Ville nous a appuyés financièrement et moralement. Sans ce support, on n’aurait pas pu continuer », affirme-t-elle.

Le CPE Petit à Petit doit assumer une mise de fonds de 20 000$. La Ville a notamment contribué à l’aménagement du terrain situé sur la rue Des Saules près de l’aréna. La mairesse de Contrecœur, Suzanne Dansereau, a refusé de commenter le dossier.

Les plans sont présentement à l’étude. Le ministère devrait se prononcer sur ces plans au début du mois d’avril, explique Mme Thibault.

Selon l’échéancier, les travaux devraient être réalisés durant le mois de novembre, puis l’inauguration des locaux pourrait avoir lieu au début du mois de décembre.

Une autre installation du CPE Petit à Petit a déjà pignon sur rue à Contrecœur, sur la rue L’Heureux.

Saint-Ours veut toujours une garderie

Le maire de Saint-Ours, Sylvain Dupuis, ne perd pas espoir de voir une garderie privée subventionnée prendre forme sur son territoire. Il convoite notamment les 52 places laissées vacantes depuis que le projet d’un Centre de la petite enfance a été abandonné à Saint-Roch-de-Richelieu.

Lors de l’appel d’offres du gouvernement du Québec en 2013, le promoteur Christian Malard, en collaboration avec la Ville de Saint-Ours, avait déposé un projet de 80 places. Toutefois, la réponse attendue ne s’était pas avérée positive.

« Ça n’a jamais été mis de côté. Le projet est demeuré dans nos cœurs. On se dit que ces places doivent rester dans la région », croit le maire en assurant que le promoteur est toujours intéressé à réaliser le projet.

En récupérant les places délaissées à Saint-Roch-de-Richelieu, il espère desservir les municipalités de Sainte-Victoire-de-Sorel, Saint-Bernard-Michaudville, Saint-Denis-sur-Richelieu et Saint-Louis.

« Il y a beaucoup de jeunes familles qui s’installent à Saint-Ours. Je ne suis pas inquiet de remplir la garderie. Il y a de place pour les municipalités aux alentours. »

La Ville a acheté le terrain du garage municipal, situé près de l’école primaire et du parc multigénérationnel, qui appartenait à la Fabrique de la paroisse Immatriculée-Conception de Saint-Ours. Le montant de 37 500$ est placé dans une fiducie en attendant l’aval du ministère.

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