23 juin 2016
Les camionneurs élisent domicile dans les rues du centre-ville
Par: Julie Lambert
Des camionneurs du centre-ville dérangent la quiétude des citoyens sur la rue du Fort et la rue Augusta. | Photos: TC Média – Julie Lambert

Des camionneurs du centre-ville dérangent la quiétude des citoyens sur la rue du Fort et la rue Augusta. | Photos: TC Média – Julie Lambert

Les travaux de rénovation du quai no 2, qui obligent la Ville de Sorel-Tracy à interdire le stationnement à côté du site près du traversier, causent présentement une situation déplaisante pour les résidents du secteur. Des dizaines de camionneurs doivent, depuis le 16 juin, se stationner dans les rues du centre-ville en attendant de pouvoir décharger leur marchandise aux élévateurs à grains de l’entreprise Richardson International Limitée.

La citoyenne Michèle Mathieu prend sa marche tous les jours dans le centre-ville de Sorel-Tracy. Elle a été très surprise, le 20 juin dernier, lorsqu’elle a constaté que la rue Augusta était congestionnée par des camions.

« C’est incompréhensible que la Ville n’ait pas pensé à un plan B. Ça n’a pas de bon sens! Certains camions bloquent des entrées de cour. Il y a même des propriétaires qui ont décidé de laisser leur voiture dans la rue. Je suis apostrophée. Je compatis pour les résidents du secteur. En plus, il y a beaucoup de bruit », a-t-elle constaté.

À deux reprises lors du passage du Journal, on pouvait voir une dizaine de camions stationnés le long de la rue Augusta et de la rue du Fort jusqu’à l’entreprise Richardson. Cette situation est également déplaisante pour les camionneurs, assure l’un d’entre eux, Alain Pesant.

Interpellé par notre journaliste alors qu’il attendait à côté de son camion, le chauffeur a été très surpris d’apprendre qu’il ne pouvait plus patienter dans le stationnement situé près du traversier.

« Nous avons été informés qu’il y a quelques jours, nous n’avons pas d’autres options actuellement qu’attendre dans la rue. On comprend les citoyens d’être fâchés. On trouve difficile de se stationner dans ses rues étroites et en bloquant le passage de certains résidents. On espère que cela va s’arranger », a-t-il mentionné.

Pas au bout de leur peine

Le conseiller du Vieux-Sorel, Jocelyn Mondou, était lui aussi compatissant envers les citoyens de son secteur. Selon lui, la situation nuit à leur quiétude actuellement.

« Ce n’est pas seulement pour une certaine période, c’est définitif. Les camionneurs ne pourront plus retourner là parce que c’est le site du projet de l’Écomonde qui sera terminé en 2017. Il faut croire que nous n’avions pas prévu cela. Je comprends très bien les gens puisqu’ils voient plus d’une soixantaine de camions pendant la journée. Les camionneurs laissent leur véhicule en marche et ce ne sont pas de petites Smart. Il faut trouver une solution », a-t-il réagi.

Le conseiller Mondou et des employés du Service d’urbanisme sont en discussion avec Richardson afin de trouver une solution à court et à long terme. Le maire de la Ville de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, assure que la compagnie était au courant de cette interdiction depuis mai puisque c’était la fin de leur bail.

Différentes options ont été déposées par l’entreprise, mais elles n’étaient pas envisageables. Par exemple, elle a proposé que les camions s’installent sur le quai Richelieu, mais ce site subira lui aussi des rénovations d’ici peu.

« Cela peut sembler improvisé, mais on avait demandé à l’entreprise d’établir un horaire de livraison pour contrôler les allers et venues. On travaille présentement sur des options. On a bougé rapidement, mais il est difficile de trouver une nouvelle zone tampon assez grande dans le secteur. C’est une situation temporaire et on est conscient des impacts sur les citoyens », explique-t-il.

Une autre option pour rendre disponibles des terrains de la Garde Côtière et de la Ville afin d’y stationner des camions est actuellement examinée, mais rien n’est encore décidé. Des autorisations et des modifications sont nécessaires, mentionne le maire Péloquin.

Cent soixante camions par jour

Le directeur des opérations chez Richardson International Limitée, Serge Laperrière, explique que des solutions de rechange ont été proposées, mais certains critères doivent être respectés, comme la proximité avec leur installation.

Environ 160 camions par jour sont accueillis pendant une période de huit heures. Même si l’entreprise est installée sur ce site depuis 1929, M. Laperrière comprend le désappointement des citoyens. « Mais il y a autant de trafic, qu’habituellement, assure-t-il. Les gens ne s’en rendaient simplement pas compte. »

« On ne peut pas envoyer les camionneurs sur un site à 10 ou 15 minutes surtout s’ils sortent directement du traversier. Cela augmenterait le trafic. Notre terminal n’a pas l’espace nécessaire. On regarde des solutions à court terme qui pourraient être mise en place dès la semaine prochaine », conclut M. Laperrière.

Avec la collaboration de Sarah-Eve Charland.

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