17 décembre 2015
Les boutiques de cigarettes électroniques perdent au change
Par: Sarah-Eve Charland
Le propriétaire la boutique eVape, Manuel Lavallée, déplore la nouvelle réglementation entourant les cigarettes électroniques. | TC Média - Sarah-Eve Charland

Le propriétaire la boutique eVape, Manuel Lavallée, déplore la nouvelle réglementation entourant les cigarettes électroniques. | TC Média - Sarah-Eve Charland

La nouvelle loi 44 qui vise à renforcer la lutte contre le tabagisme, adoptée le 26 novembre, ne fait pas que des heureux. Les boutiques de cigarettes électroniques sont les grands perdants alors que leurs propriétaires ont dû s’adapter rapidement aux nouvelles exigences qui touchent la vente de leur produit.

La loi 44 encadre maintenant les cigarettes électroniques en les associant aux mêmes exigences des produits du tabac. La loi, proposée par la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique Lucie Charlebois, a été adoptée à l’unanimité.

« Le projet de loi adopté contient des mesures ambitieuses qui permettront au Québec de prendre sa place comme leader mondial dans la lutte contre le tabagisme. Les modifications législatives envoient un message clair et viennent confirmer l’importance de cette lutte non seulement en renforçant les mesures qui la soutiennent, mais aussi en l’adaptant davantage au contexte actuel », a affirmé la ministre par le biais d’un communiqué.

Des propriétaires de boutique mécontents

Les propriétaires de boutique de cigarettes électroniques déplorent surtout le fait que les cigarettes électroniques soient associées aux produits du tabac alors qu’elles n’en contiennent pas.

« On devrait réglementer l’approvisionnement des cigarettes électroniques plutôt que la vente. N’importe qui peut encore vendre n’importe quoi », affirme Manuel Lavallée

Le propriétaire la boutique eVape à Sorel-Tracy et Contrecœur, Manuel Lavallée, a déposé une pétition lancée par un regroupement de propriétaires de boutique de cigarettes électroniques. Des dizaines de noms y figuraient près de trois jours après l’avoir déposée dans ses boutiques.

« Les clients ne sont pas contents. Ils ont arrêté de fumer et ils se font dire par le gouvernement qu’ils utilisent des produits du tabac. Les clients se plaignent », affirme-t-il.

M. Lavallée ajoute que tous ses clients utilisent ces produits pour arrêter de fumer. Il ne vend pas à des non-fumeurs. Le taux de réussite tourne autour de 70%, précise-t-il.

Les propriétaires de boutique n’ont pas eu de période de transition pour se conformer aux nouvelles clauses de la loi. Ils ont dû, notamment, givrer les fenêtres de leur boutique afin d’empêcher les clients de l’extérieur de voir la vente des produits.

C’est le cas pour la boutique Vape Sublime à Sorel-Tracy. « Ça apporte certains inconvénients et coûts. Sur mes affiches à l’extérieur, on peut seulement lire les mots en lien avec le vapotage. J’ai dû changer mes affiches. Maintenant, on doit vapoter à l’extérieur. Les jeunes peuvent nous voir. Je ne crois pas que c’est mieux », explique la propriétaire Valérie Lacerte.

« Cela a surtout des impacts auprès des nouveaux clients puisqu’ils ne peuvent plus tester le produit en boutique. Avant, on pouvait ajuster le produit directement sur place. Maintenant, les clients doivent acheter sans l’essayer. Ça peut être un frein », ajoute M. Lavallée.

Les principaux changements de la loi 44

– La cigarette électronique et tout autre dispositif de cette nature que l’on porte à la bouche pour inhaler toute substance contenant ou non de la nicotine sont associés à du tabac

– Interdiction de fumer dans les véhicules lorsqu’une personne mineure de moins de 16 ans s’y retrouve

– Interdiction de fumer sur les terrasses exploitées dans le cadre d’une activité commerciale

– Interdiction de fumer dans les aires de jeux extérieures et les terrains sportifs pour enfants

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