9 novembre 2015
Les anglicans élisent une première femme évêque au Québec
Par: Louise Grégoire-Racicot
La Très Révérende Mary Irwin-Gibson est entourée du Rév. Yves Samson, prêtre, à gauche et du Rév. Denis Gévry, diacre, à droite, tous deux attachés à la paroisse Christ Church de Sorel-Tracy. | Photo TC Média - Gracieuseté

La Très Révérende Mary Irwin-Gibson est entourée du Rév. Yves Samson, prêtre, à gauche et du Rév. Denis Gévry, diacre, à droite, tous deux attachés à la paroisse Christ Church de Sorel-Tracy. | Photo TC Média - Gracieuseté

La petite communauté anglicane de Sorel-Tracy répond désormais à une « mère évêque », la Très Révérende Mary Irwin-Gibson, consacrée 12e évêque en titre du diocèse anglican de Montréal depuis la fin de septembre dernier.

Elle est la première femme à occuper ce poste au Québec, et ce, même si l’Église anglicane a permis l’accession des femmes au ministère depuis 40 ans.

« Sa cérémonie de consécration fut donc un moment historique pour nous », commente le révérend Yves Samson, prêtre responsable de la mission communautaire francophone Christ Church de Sorel-Tracy.

« J’ai été très heureux de l’entendre s’adresser à nous, en français (elle est anglophone de naissance). Je pense que son charisme et sa vision de notre réalité, conjugués à sa capacité de parler français et à sa connaissance de la société québécoise, sont des atouts indéniables pour envisager l’avenir ensemble », a rajouté Denis Gévry, diacre et vicaire de la mission soreloise.

Âgée de 59 ans, Mme Irwin-Gibson est titulaire d’un MBA. « Elle saura administrer judicieusement le diocèse », a souligné M. Samson.

Rappelons qu’il appartient au clergé et aux laïcs de chaque paroisse anglicane d’un diocèse de choisir leur évêque par vote. L’évêque doit recevoir une majorité de votes dans les deux groupes pour être retenu.

M. Samson se réjouit de trouver une femme à la tête du diocèse. « La sensibilité qu’elle porte ne peut que changer nos rapports humains alors que l’on sait que les hommes d’Église sont plutôt portés vers le droit canon. Nous l’avons déjà invitée à nous visiter pour qu’elle voie le travail que nous effectuons en compagnie de nos partenaires », révèle M. Samson.

Présent dans le milieu

@R:Affecté à la mission soreloise à mi-temps – car elle ne compte qu’une quinzaine de personnes – M. Samson a notamment relancé, avec une petite équipe, le café-rencontre du jeudi après-midi, et ce, en collaboration avec le Regroupement des assistés sociaux du Bas-Richelieu.

« Une rencontre qui réunit des gens de tous les âges et de toutes les conditions qui y trouvent l’occasion de sortir de chez eux, de rencontrer des gens. Pas question dans ces rencontres de faire du prosélytisme. On ne parle pas de religion. » Une quarantaine de personnes y assistent régulièrement.

Le dimanche, poursuit-il, il y a toujours une célébration au presbytère. « Les gens en recherche de Dieu sont accueillis comme ils sont, sans avoir à préciser leur situation matrimoniale. » Et le dernier dimanche du mois, ils peuvent prendre part au dîner du pasteur que des bénévoles servent et où les enfants sont bienvenus.

Enfin, il participe toujours aux rencontres que tiennent les pasteurs des différentes paroisses catholiques de la région. « Nous réfléchissons ensemble au fond de notre engagement chrétien. »

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