2 février 2017
Les agriculteurs prêts à interdire l’accès des terres aux motoneigistes
Par: Louise Grégoire-Racicot
Le mois de février est fort propice à la pratique de la motoneige et du VTT. | Photo: TC Média - Archives

Le mois de février est fort propice à la pratique de la motoneige et du VTT. | Photo: TC Média - Archives

C’est à compter du 6 février prochain que les producteurs agricoles interdiront aux motoneigistes et quadistes de circuler sur les sentiers traversant leurs terres.

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Cette décision s’appliquera aussi dans la région, à moins que le gouvernement revienne sur sa décision d’imposer le nouveau programme de crédit de taxes foncières agricoles entré en vigueur le premier janvier dernier.

Voilà un des moyens de pression retenu par l’Union des producteurs agricoles du Québec (UPA) que la section Richelieu-Yamaska emboîte, a dit son président Sylvain Joyal.

« J’ai fait part, le 29 janvier, de notre décision, au club VTT Vagabond du Bas-Richelieu ainsi qu’au Club des neiges Sorel-Tracy (motoneige). Ils savent bien que s’ils n’ont pas la permission de circuler sur nos terres, ils le feront à leurs risques et pourraient être passibles d’amendes. En Montérégie, les producteurs ont fait part de leur décision et je suis un de ceux-là. »

Les producteurs réclament ainsi du ministre par intérim de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Laurent Lessard, qu’il négocie une nouvelle entente avec l’UPA sur une formule de remboursement de certaines taxes foncières.

« Nous sommes d’accord avec la simplification des calculs pour y arriver, mais nous n’acceptons pas que nos outils de travail soient ainsi imposés de façon plus importante », a spécifié M. Joyal.

Plusieurs producteurs, a-t-il précisé, ont reçu leur compte de taxes 2017. Après vérification, l’augmentation qu’ils subissent est celle qu’avait évoquée et dénoncée l’UPA et non celle plus basse annoncée par le ministère.

« Advenant une avancée importante dans les négociations, l’UPA annulerait immédiatement sa décision de bloquer l’accès aux sentiers sur les terres agricoles », a-t-il conclu.

Le club de motoneige se conforme

Le Club des neiges Sorel-Tracy respectera cette décision de l’UPA même s’il se sent pris entre l’arbre et l’écorce, a dit son président Sylvain Salvas.

« Nous allons cesser, le dimanche 5 février, le surfaçage des 223 kilomètres de sentiers qu’on entretient. Mais cela nous fait très mal », a-t-il spécifié.

Il comprend, dit-il, les préoccupations des producteurs agricoles qui autorisent le passage sur leurs terres gratuitement. Il se dit solidaire de ces derniers. Une centaine de ses 831 membres sont d’ailleurs des producteurs agricoles.

Mais ces moyens de pression arrivent au temps de l’année où il y a le plus de circulation de motoneiges sur le terrain. Et cela réduira d’autant les retombées économiques que cette circulation génère tant pour les restaurateurs que chez les dépanneurs et stations de service, énumère M. Salvas.

Par ailleurs, le club ne veut pas blâmer le gouvernement qui, annuellement, verse des sommes importantes qui permettent le bon fonctionnement des clubs, dit-il.

« Nous sommes en présence de deux partenaires importants, ce qui nous rend encore plus inconfortable », rajoute-t-il.

Le Club VTT Vagabond demande des précisions

Quant au président du club VTT Vagabond du Bas-Richelieu, Bernard Paris, il a, avant de prendre la décision de fermer les sentiers, demandé des précisions à M. Joyal.

« Nous avons conclu nos ententes avec des producteurs agricoles et non avec l’UPA », fait-il remarquer. « On ne sait pas non plus si tous les producteurs agricoles bloquent l’accès à leurs sentiers ou pas. Nous prendrons nos décisions quand les choses seront plus claires, notamment si les fermetures touchent toutes les régions ou pas », a-t-il conclu.

Rappelons que les motoneigistes et quadistes n’utilisent pas en général les mêmes sentiers.

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