18 septembre 2018
L’éducation enflamme les débats
Par: Sarah-Eve Charland

Le débat électoral dans la circonscription de Richelieu s'est tenu le 18 septembre à l'auditorium du Cégep de Sorel-Tracy. (Photo : Pascal Cournoyer)

La candidate du Parti libéral, Sophie Chevalier et le candidat de Coalition Avenir Québec, Jean-Bernard Émond ont débattu. (Photo : Pascal Cournoyer)

Le candidat du Parti québécois, Sylvain Rochon et la candidate de Québec solidaire, Sophie Pagé Sabourin ont échangé tout au long de la soirée. (Photo : Pascal Cournoyer)

Le débat électoral dans la circonscription de Richelieu s'est tenu le 18 septembre à l'auditorium du Cégep de Sorel-Tracy. (Photo : Pascal Cournoyer)

Le débat électoral dans la circonscription de Richelieu s'est tenu le 18 septembre à l'auditorium du Cégep de Sorel-Tracy. (Photo : Pascal Cournoyer)

L’éducation a enflammé les discussions lors du débat électoral auquel les candidats dans la circonscription de Richelieu ont participé, le 18 septembre. Les candidats ont aussi échangé sur les sujets d’économie, de transport, de santé et de gouvernance.

Les candidats de la Coalition Avenir Québec Jean-Bernard Émond, du Parti québécois Sylvain Rochon, du Parti libéral Sophie Chevalier et de Québec solidaire Sophie Pagé Sabourin ont échangé devant près de 170 personnes venues assister à l’événement à l’auditorium du Cégep de Sorel-Tracy.

Les candidats ont tout d’abord profité de l’occasion pour présenter les grandes lignes de chacun des programmes électoraux des partis politiques. Les dossiers nationaux ont pris une grande place des discussions, laissant peu d’espace aux dossiers régionaux.

Le député sortant Sylvain Rochon a immédiatement affiché ses couleurs en passant en mode attaque, puis en interpellant à plusieurs reprises son adversaire Jean-Bernard Émond sur la plateforme électorale de son parti. M. Rochon a remis en doute plusieurs engagements de la CAQ qui, selon lui, entraîneraient une austérité économique.

Jean-Bernard Émond a gardé son calme durant toute la soirée même s’il a dû répondre à plusieurs questions incisives de la part de l’ensemble des participants. Il a choisi de parler des dossiers en racontant des anecdotes afin d’appuyer ses arguments.

Sophie Pagé Sabourin a démontré la connaissance de la plateforme électorale de Québec solidaire. Elle n’a pas laissé sa place et n’a pas hésité à questionner les autres candidats.

Sophie Chevalier est demeurée prudente en défendant le bilan du gouvernement libéral, mais en reconnaissant les effets négatifs de certaines décisions sur la région. Elle a proposé plusieurs engagements au niveau local. Elle a d’ailleurs mis le prolongement de l’autoroute 30 vers Bécancour au sommet de ses priorités.

Des sujets chauds

Les débats ont pris réellement leur envol lorsque les candidats ont été interpellés à se prononcer sur l’éducation. Le député sortant, Sylvain Rochon, n’a pas hésité à questionner le candidat de la CAQ sur l’idée d’abolir les commissions scolaires. Jean-Bernard Émond a voulu rassurer la population en affirmant qu’il n’y aura aucune perte d’emplois dans la région si la population élisait un gouvernement caquiste.

Mme Pagé Sabourin a plutôt demandé à Mme Chevalier pourquoi le Parti libéral ne prônait pas la gratuité scolaire du Centre de la petite enfance (CPE) à l’université comme le suggère Québec solidaire. La candidate libérale a répliqué qu’il s’agissait d’une idée irréaliste, mais a plutôt proposé d’offrir des formations professionnelles gratuites afin de contrer la pénurie de main-d’œuvre.

Lorsque questionnée sur les enjeux économiques, Mme Chevalier s’est engagée à réaliser un projet local. « Je veux mettre sur pied à Sorel-Tracy un large forum au niveau des projets régionaux. Des entreprises, des organismes et des acteurs du milieu seront présents et s’engageront à réaliser un projet concerté régional. »

Les candidats ont été appelés à se prononcer sur le projet de construction d’un pont reliant Sorel-Tracy à Lanoraie. Sophie Pagé Sabourin s’y est fermement opposée. « On est contre le projet de Luc Poirier. Il nous demande des redevances durant 50 ans. Ça va équivaloir à 900 millions de dollars à la fin. Au final, ce n’est pas un projet privé, c’est un pont public qu’on va avoir payé par nous-mêmes qui va enrichir un homme déjà riche »

De ce côté, Sylvain Rochon s’est engagé à tenir une étude gouvernementale d’opportunité sur la réalisation d’un tel projet. « Le pont est un rêve que la région caresse depuis longtemps. C’est une façon d’ouvrir des portes et d’élargir notre horizon. Ce rêve-là m’intéresse. Il faut le documenter. J’ai même déposé une pétition à l’Assemblée nationale pour le gouvernement se livre à cette documentation-là. »

Jean-Bernard Émond s’est prononcé sur le financement des établissements collégiaux. « Je ne sais pas pour vous, mais je ne me considère pas comme un Montérégien. Le Cégep de Sorel-Tracy ne se qualifie pas pour obtenir un financement disponible pour les petits cégeps en région parce qu’il se retrouve en Montérégie. Je m’engage à changer cela. »

Citations marquantes :

« Tout le monde s’entend pour dire que la centralisation [en santé] a fait mal. Nous devions faire des changements majeurs dans le domaine de la santé pour avoir des meilleurs soins et des meilleurs services. Nous avons réduit la bureaucratie et avons des économies pour des budgets en service qui ont toujours augmenté. C’est ce que nous avons eu le courage de faire » – Sophie Chevalier

« Quand je regarde le cadre financier de Québec solidaire, je me demande à quel endroit l’argent pousse dans les arbres » – Jean-Bernard Émond

« [La CAQ] veut mieux accueillir les immigrants pour mieux les chasser par la suite s’ils ne parlent pas français » – Sylvain Rochon

« Il y a deux manières de faire de la politique. Il y a la manière en criant et en utilisant beaucoup de mots payants au scrabble » – Jean-Bernard Émond

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