26 novembre 2019
Le tout plus grand que ses parties
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Préparer un budget, que ce soit celui de la MRC de Pierre-De Saurel ou d’une municipalité, exige des élus d’analyser et de traduire concrètement leurs priorités stratégiques.

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Ils y inscrivent l’ensemble équilibré des revenus et des dépenses escompté pour assurer le bon fonctionnement de leur organisme, les mesures nécessaires à sa réalisation et la mise en commun adéquate de la richesse collective.

Au cours des dernières années, 70 % des revenus d’une municipalité québécoise provenaient de son évaluation foncière alors que c’était 50 % ailleurs au Canada. Mais les choses changeront progressivement puisqu’un nouveau pacte fiscal Québec-municipalités, signé à la fin octobre, leur donne droit à de nouveaux leviers financiers pour assumer leurs responsabilités. Faire face, ici, par exemple, à des défis économiques et démographiques importants.

Ainsi, les municipalités recevront un point de la taxe de vente. La MRC pourra aussi profiter des retombées d’un Fonds Régions et Ruralité bonifié et d’une aide additionnelle à la voirie locale. Pas de quoi éliminer la taxe foncière, mais de quoi soulager un peu ceux que « la hausse du compte de taxes pas plus haute que l’inflation » ou que la dette préoccupent.

Plusieurs élus ont d’ailleurs fait la promesse électorale de geler les taxes. Une promesse souvent insoutenable, constatent-ils vite, une fois en poste.

Et pour cause! Bon an, mal an, le coût de la vie monte pour diverses raisons, sans nécessairement que la valeur des propriétés de notre région monte aussi vite, dépendamment de l’offre et de la demande dans ce marché spécifique.

Mais les revenus de la ville étant fondés sur la valeur foncière, les élus tentent d’ajuster leur taux de taxation pour que les variations, notamment les hausses, apparaissent raisonnables aux citoyens. Car ils savent aussi que la situation financière du citoyen, propriétaire ou locataire, ne s’améliore pas toujours d’autant.

Oui, des contribuables exigent à ces élus de proximité d’en avoir pour leur argent. D’autres réclament de nouveaux services. Ce qui a ses effets pervers – dont le plafonnement presque permanent des dépenses alors que, de fait, les coûts et besoins réels augmentent.

Les élus doivent donc faire des choix. Limiter les coûts d’opération et d’entretien des infrastructures en est un courant. Mais négliger l’entretien d’une infrastructure est fort coûteux à la longue. Les coûts de mise à niveau de la piscine Laurier-R.-Ménard en témoignent aisément!

Il faut donc que les élus repartent sur une nouvelle base. Ne pensent pas qu’au compte de taxes, mais au bien-fondé des hausses des dépenses et des revenus qu’ils projettent. Et qu’ils préparent mieux et partagent sainement les coûts entre les générations qui feront usage des infrastructures qu’ils administrent.

Ils doivent aussi cesser de se comparer à des municipalités de même taille dont on ne sait sur quoi elles fondent leurs décisions. Bien sûr, on peut dire combien coûte un kilomètre de route à tel endroit. Mais encore faut-il savoir comment elle s’occupe de ses routes. Même chose pour la rémunération de ses employés et de ses élus!

Bien sûr, ce nouveau pacte fiscal n’est pas magique. Il ne réglera pas tous les problèmes. Même si on n’a pas rendu public combien il injectera dans la MRC de Pierre-De Saurel, il ne représentera sûrement que quelques points de pourcentage des budgets concernés. Mais il peut permettre enfin aux élus d’initier une approche intégrant la mise en commun des efforts pour réaliser des projets collectifs où le tout sera plus grand que ses parties! À souhaiter que les prochains budgets de la MRC et des municipalités en témoignent!

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