27 décembre 2018
Argent récolté lors de la Guignolée
Le torchon brûle entre la Porte du Passant et le CAB du Bas-Richelieu
Par: Katy Desrosiers

Photothèque | Les 2 Rives ©

Depuis deux ans, la Porte du Passant ne reçoit plus de dons provenant de la Guignolée, gérée dans la région par le Centre d’action bénévole (CAB) du Bas-Richelieu. De nombreuses discussions entre les deux organismes ont eu lieu et un processus de médiation a été tenu afin d’arriver à une entente, sans succès.

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La Porte du Passant souhaitait continuer d’utiliser l’argent reçu pour fournir ses repas gratuits à l’année aux utilisateurs, alors que le CAB souhaitait que l’organisme offre plutôt une activité en lien avec Noël à sa clientèle.

Depuis 10 ans, un comité indépendant existait pour choisir les bénéficiaires des dons reçus avec la Guignolée, mais depuis quelques années, le CAB a repris le flambeau, ce que dénonce la directrice de la Porte du Passant, Marie-Josée Averill. La directrice du CAB, Sylvie Cantin, affirme plutôt qu’un des membres du comité indépendant a mandaté le CAB afin que l’organisme prenne la relève dans la gestion.

Marie-Josée Averill déplore qu’il y a deux ans, le CAB ait retiré la Porte du Passant des bénéficiaires de la Guignolée. La directrice affirme que l’idée d’aller en médiation provenait du CAB, mais que l’organisme a finalement abandonné le processus en août 2017.

« Nous ne voulions pas parler de la situation parce qu’on ne voulait pas que les gens croient qu’il y avait de la zizanie. On ne voulait pas pénaliser la clientèle puisque le CAB fait du bon travail. Sauf que dernièrement, des gens nous ont dit avoir donné plus à la Guignolée pour les itinérants, sans savoir que nous n’étions plus bénéficiaires. Ils disaient que s’ils avaient su, ils auraient donné autrement. Je trouve ça injuste que les gens ne sachent pas », avoue Mme Averill.

Sylvie Cantin précise que l’intention du CAB n’était pas de mettre de côté la Porte du Passant. « La Guignolée, c’est pour la période des Fêtes, on pense aux enfants. La générosité des gens augmente pendant cette période et on veut conserver l’esprit de la Guignolée. On peut avoir d’autres collectes de fonds dans l’année pour payer des choses comme le chauffage et les employés », lance la directrice générale.

« Cet automne, poursuit-elle, Jean-François Daigle (directeur général de la Corporation de développement communautaire) est venu parler du dossier, il voulait en savoir plus. Je lui ai dit à nouveau qu’on était ouverts, qu’on pouvait même payer un souper de Noël pour les utilisateurs de la Porte du Passant. Il est parti rencontrer Mme Averill avec le message, en disant qu’il ne savait pas si elle accepterait. »

D’autres sources de mécontentement

La Porte du Passant n’a pas voulu embarquer dans la confection de paniers de Noël pour ne pas dédoubler les services du CAB, souligne Mme Averill. Elle dénonce toutefois que le CAB offre maintenant des services similaires à son organisme depuis quelques années comme des repas, une boutique et des cartes d’accès.

Mme Cantin réplique que le CAB a un service de repas pour les gens qui ne cuisinent pas à domicile, ce qui n’entre pas en compétition avec la Porte du Passant. La directrice affirme aussi que le service de cartes d’accès est disponible dans presque tous les organismes communautaires, dont le Groupe d’Entraide Sorel-Tracy (G.E.S.T.), aussi bénéficiaire de la Guignolée.

Tentative de réconciliation

Le CAB, pour trouver une solution à cette situation tendue, a proposé d’offrir de payer 4 $ par repas sur présentation d’un coupon offert dans chaque panier de Noël. La Porte du Passant a toutefois refusé cette main tendue puisqu’elle dénonce un manque de confiance du CAB.

« Une partie de la clientèle est désorientée. Si quelqu’un se présente sans le coupon, on va quand même lui fournir un repas et on ne pourra pas bénéficier de l’argent du CAB. Au-delà de la somme qu’on ne reçoit pas, c’est la collaboration qui n’est plus là. On s’est toujours vus comme des partenaires. [La Guignolée], c’était une occasion pour tous les organismes en sécurité alimentaire de se rencontrer, de fêter ensemble », déplore-t-elle.

La directrice du CAB confirme que l’organisme ne voulait pas payer pour des repas qui n’auraient pas été servis. « C’est une question de transparence, pas une question de confiance. Avec n’importe quel autre organisme, on fonctionnerait de la même façon. Elle aurait eu jusqu’à la fin de mars pour nous rapporter les coupons présentés. On aurait alors payé pour le nombre de repas réellement servis », mentionne Sylvie Cantin.

La Porte du Passant souhaite le retour d’un comité indépendant pour décider à qui seront remis les dons. Marie-Josée Averill affirme que des gens l’ont approchée pour signifier leur désir de s’impliquer.

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