31 janvier 2019
Le texte d’une Soreloise publié dans le recueil Pouvoir des mots du ministère de l’Éducation
Par: Jean-Philippe Morin

Juliette Péloquin Photo gracieuseté

Le texte de Juliette Péloquin, ayant terminé son 5e secondaire à l’école Fernand-Lefebvre en juin dernier, sera publié dans le recueil Pouvoir des mots, diffusé par l’entremise du site Web du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MÉES).

C’est dans le cadre de l’épreuve unique d’écriture de français, langue d’enseignement, de 5e secondaire, épreuve administrée chaque année à près de 55 000 élèves du Québec, que Juliette Péloquin a écrit son texte, L’avenir, le plastique et la tortue, en mai dernier. Les élèves québécois devaient rédiger une lettre ouverte d’environ 500 mots et portant sur le défi actuel que représente la gestion des déchets.

Des 55 000 textes reçus au MÉES, les membres d’un jury soucieux de promouvoir la langue française en tant qu’outil de pensée, d’identité et de liberté, en ont retenus seulement 22, dont celui de Juliette Péloquin.

Texte intégral

L’avenir, le plastique et la tortue

Vous êtes une tortue. Vous nagez dans les profondeurs d’une eau brillante d’insouciance et des vagues d’allégresse roulent sur votre carapace opalescente. Soudain, une créature difforme de plastique vous enveloppe, vous oppresse et vous étouffe; puis, c’est le néant. Cette mort atroce n’a rien d’étonnant, étant donné la quantité d’ordures astronomique déversée dans les océans chaque année. Cependant, certains visionnaires persistent à se questionner : sommes-nous prêts à réduire nos déchets? À mon humble avis, j’estime que l’humanité est prête à prendre un tournant vert et à diminuer la quantité de détritus sur la planète. Après tout, ce n’est pas la mer à boire… De prime abord, rendez-moi un service, imaginez une société utopique, là où les bouteilles de plastique ne sont qu’un amer souvenir, où le recyclage et le compostage font partie intégrante de notre quotidien, bref, où l’environnement peut enfin respirer. Ce fantasme ne relève pas de la science-fiction, car ces principes sont déjà bien ancrés dans la ville de San Francisco, en Californie. Ainsi, si cette ville populeuse arrive à réduire ses déchets, je suis convaincue qu’un pas à la fois, toute la planète peut relever ce défi. En effet, de nombreux endroits à travers le monde possèdent déjà des solutions ingénieuses. Par exemple, à Copenhague, au Danemark, l’entreprise WeFood est parvenue à modifier la perception des individus sur les dates de péremption, ce qui lui permet de populariser la vente de produits périmés. Ne soyez pas jaloux, le Canada aussi fait des efforts : Toronto s’est fixé pour objectif de recycler 70 % de ses déchets d’ici 2026 . Il m’apparaît alors évident que nous sommes sur la bonne voie vers un avenir où les sociétés multiplient les mesures pour réduire leurs ordures. Maintenant, regardez dans n’importe quel livre d’histoire et vous apprendrez que le concept de la poubelle a été inventé par Eugène-René Poubelle, dans le but d’améliorer les conditions d’hygiène de la ville de Paris au 19e siècle. Belle tentative, Monsieur Poubelle, mais vous êtes à des années-lumière de rivaliser avec les inventions du nouveau millénaire… À moins de vivre dans une caverne, vous savez sans doute que nous sommes à l’ère des technologies et celles-ci représentent une preuve supplémentaire que nous sommes prêts à modifier nos habitudes de gestion des déchets. Ainsi, remercions mentalement Saad Sebti, coordonnateur marketing et développeur d’Insertech, car grâce à lui, les Réparothons ont vu le jour près de chez nous. Ces ateliers permettent au commun des mortels de faire réparer leur ordinateur ou leur téléphone par les grands esprits de notre monde : les étudiants en ingénierie. De ce fait, la réparation évite la production de déchets électroniques. Par ailleurs, certains chercheurs ont mis au point des étiquettes intelligentes. Ces bijoux technologiques ont la capacité d’évaluer en temps réel si un aliment est bon à la consommation ou si un agrégat de bactéries nuisibles à l’homme y a établi domicile. Rendons-nous à l’évidence, les efforts pour réduire les déchets sont considérables, de quoi faire frémir de joie le petit WALL-E! En conclusion, je suis persuadée que nous sommes prêts à réduire nos déchets, car de nombreuses villes du monde tentent d’ores et déjà d’adopter de nouvelles habitudes vertes, et nous possédons également des outils technologiques épatants pour nous venir en aide. Il est grand temps de se tourner vers l’avenir et de continuer d’avancer vers un monde meilleur, un monde où les tortues seront épanouies, débarrassées des vilains sacs de plastique!

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