25 novembre 2016
Le territoire de Sorel-Tracy privé d’ambulance pendant trois heures
Par: Julie Lambert
Le président du syndicat et paramédic Pier-Yves Provençal-Charron dénonce le fait qu'aucune ambulance n'était disponible le 14 novembre pour se rendre à Contrecoeur. |  © Photo: Julie Lambert

Le président du syndicat et paramédic Pier-Yves Provençal-Charron dénonce le fait qu'aucune ambulance n'était disponible le 14 novembre pour se rendre à Contrecoeur. | © Photo: Julie Lambert

Durant une période de trois heures le 14 novembre, il n’y avait aucune ambulance sur le territoire de Sorel-Tracy, celles en fonction étant toutes occupées à l’extérieur.

Cette situation se produit trop fréquemment, selon les paramédics qui veulent plus de personnel. De son côté, l’entreprise Ambulances Richelieu estime que cette demande est non justifiable pour le moment.

Le président de la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec (FTPQ) de Sorel-Tracy, Pier-Yves Provençal-Charron, s’inquiète de cette situation. Surtout qu’en cas d’urgence, une ambulance de Varennes ou Sainte-Julie, à plus de 30 minutes de route, aurait eu à intervenir, dénonce-t-il.

« Cela arrive au moins une fois par mois. Pour une cheville foulée, ce n’est pas grave, mais s’il y a un arrêt cardio-respiratoire, ce serait catastrophique! On veut sensibiliser la population. On dirait que l’employeur s’en fout. On trouve inacceptable qu’il ne veuille pas dépenser d’argent pour assurer la sécurité de la population », déplore le paramédic.

Selon lui, l’employeur peut, dans ces cas, former une équipe supplémentaire. Mais l’entreprise refuse souvent parce qu’il n’y a pas assez d’appels en attente, affirme-t-il. Selon le barème de l’entreprise, un minimum de deux appels doivent entrer pour qu’une nouvelle équipe soit formée.

Le vice-président de l’exécutif provincial de la FTPQ, David Gagnon, remarque qu’il y a de plus en plus de transports de Sorel-Tracy vers d’autres centres hospitaliers.

« Les paramédics du secteur sont nerveux chaque fois que le territoire est à découvert. Ils savent qu’ils laissent leur famille et leurs proches sans aide et qu’advenant un événement, elle est loin. Ce sont des entreprises privées qui ont des contrats avec le gouvernement. On comprend qu’il faut qu’elles fassent des sous, mais pas au détriment de la population », explique-t-il.

Deux ambulances sont en fonction la nuit et trois dans le jour.

Une question de bon sens

Le porte-parole d’Ambulances Richelieu, Claude Lemay, confirme que les situations comme celle du 14 novembre ne sont pas rares. Par contre, l’entreprise évalue la charge de travail des années antérieures pour établir le nombre de véhicules avec les heures d’achalandage.

Lorsqu’il manque une ambulance sur le territoire, l’employeur doit évaluer le temps pour former l’équipe spéciale et, le cas échéant, se questionner au cas par cas. La situation justifie-t-elle qu’on fasse entrer au travail deux personnes pour une période de huit heures? Serait-il moins long d’attendre le retour de l’équipe que d’en faire descendre une de l’extérieur?

« On a des responsabilités envers la population. On pourrait se dire, oui on met plein de personnel. Au final, ce serait plus profitable pour nous. Mais, il faut penser que l’argent vient du public et que nous devons justifier le travail de nos employés. On gère un risque », mentionne-t-il.

L’entreprise réalise entre 5000 et 5500 transports chaque année, ajoute M. Lemay. Sur ce nombre, 94% ont été effectués par le personnel de Sorel-Tracy.

« Il y a plusieurs années, Ambulances Richelieu avait fait un test en ajoutant une équipe supplémentaire. On avait assumé les coûts. Sur 82 fois, elle n’a été utilisée qu’à 42 reprises. Alors le ministère a jugé que ce n’était pas requis. On n’est pas fermés à l’idée de changements éventuellement, mais il faudrait être en mesure de justifier l’utilisation d’un autre véhicule », conclut-il.

Chaque année, le Centre intégré de santé et des services sociaux de la Montérégie-Centre (CISSSMC) procède à l’analyse de la charge de travail des entreprises ambulancières de la région afin de s’assurer que le nombre de ressources est suffisant. Pour l’année 2015-2016, l’analyse des données pour la zone d’opération de Sorel-Tracy ne démontre pas de besoins particuliers, révèle sa porte-parole, Martine Lesage.

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