27 novembre 2018
« Ç'a été un hiver terrible à Sorel-Tracy » - Jean-Michel Varin
Le temps supplémentaire obligatoire double chez les infirmières à l’Hôtel-Dieu
Par: Sarah-Eve Charland
Valérie Simard et Jean-Michel Varin de la FIQ dénoncent une mauvaise gestion qui entraine une augmentation du temps supplémentaire. (Photo : Pascal Gagnon)

Valérie Simard et Jean-Michel Varin de la FIQ dénoncent une mauvaise gestion qui entraine une augmentation du temps supplémentaire. (Photo : Pascal Gagnon)

Valérie Simard et Jean-Michel Varin de la FIQ dénoncent une mauvaise gestion qui entraine une augmentation du temps supplémentaire. (Photo : Pascal Gagnon)

Valérie Simard et Jean-Michel Varin de la FIQ dénoncent une mauvaise gestion qui entraine une augmentation du temps supplémentaire. (Photo : Pascal Gagnon)

Alors que le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) Montérégie-Est martèle vouloir diminuer le temps supplémentaire, les heures des infirmières en temps supplémentaire obligatoire (TSO) ont doublé en un an.

Selon le président de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) pour le CISSS Montérégie-Est, Jean-Michel Varin, le dernier hiver a été terrible pour les infirmières et les infirmières auxiliaires de l’Hôtel-Dieu de Sorel.

« On est infirmier par vocation, parce qu’on veut aider les gens. C’est facile de nous imposer du TSO. Ça devient une violence organisationnelle de nous imposer constamment du TSO. Tous les départements ont été touchés », déplore-t-il.

En 2017-2018, le CISSS a autorisé 2 100 heures en TSO par les infirmières et infirmières auxiliaires de l’Hôtel-Dieu de Sorel, comparativement à 1 101 heures en 2016-2017.

« La pénurie de main-d’œuvre est trop présente. Le temps supplémentaire est rendu un mode de gestion quotidien. Ça fait partie de l’horaire régulier. Ça permet à ceux qui veulent en faire de le faire. Le TSO devrait arriver en dernier recours », mentionne M. Varin.

En 2017-2018, 48 697 heures supplémentaires ont été effectuées à l’Hôtel-Dieu de Sorel comparativement à 42 571 heures en 2016-2017. De ce nombre, en 2017-2018, les infirmières et les infirmières auxiliaires ont travaillé 36 895 heures en temps supplémentaire.

« La direction a mal organisé ses flûtes. L’achalandage sortait de l’ordinaire. On a eu une saison difficile pour les cas d’influenza et de gastro-entérite. […] Mais chaque année, on sait que l’hiver ce sera plus difficile, mais elle a gardé le statu quo en maintenant ce qui se faisait pendant l’été », affirme M. Varin.

Le coût du temps supplémentaire pour l’Hôtel-Dieu de Sorel représentait 717 486$ en 2017-2018, comparativement à 602 993$ en 2016-2017.

Des solutions sur la table

Ce dernier croit que les solutions passent tout d’abord en rendant les conditions de travail plus attractives pour attirer de la main-d’œuvre. Plusieurs solutions ont aussi été soulevées par les employés de tous les quarts de travail afin de prévenir la prochaine saison hivernale.

« On sent que l’employeur ne veut pas revivre cette situation. Une personne aux ressources humaines a été assignée à ce dossier. L’employeur prend ça en main, mais il n’y a rien de concret encore. La population est toujours vieillissante. La saison de l’influenza et de la gastro-entérite s’en vient. On ne peut pas prévoir l’achalandage », analyse-t-il.

Un objectif continu de diminuer le temps supplémentaire

Le CISSS Montérégie-Est assure maintenir la diminution au maximum du temps supplémentaire dans ses objectifs.

« Le temps supplémentaire sera toujours présent dans une organisation comme la nôtre en fonction de la variation des activités et des absences imprévisibles. Nous devons assurer la continuité des soins et des services ainsi que la sécurité des usagers, et ce, 24 heures sur 24, sept jours sur sept », souligne la conseillère en communication du CISSS Montérégie-Est, Catherine Latendresse.

Elle ajoute que l’organisation fait des efforts pour augmenter ses effectifs pour l’ensemble des quarts de métier. Depuis 2016, le Réseau local de santé Pierre-De Saurel a augmenté sa main-d’œuvre de 11%.

« À l’instar des organisations de tous les milieux, nous avons des besoins de main-d’œuvre croissants qui sont attribuables dans notre cas à une bonification de notre offre de service. Nous sommes comme tous les employeurs aux prises avec les répercussions de la diminution significative de la population active occasionnée par le vieillissement de la population. Ce même vieillissement a aussi pour effet d’accroître la demande de soins et services que nous offrons », conclut-elle.

 

2016-2017 2017-2018
Temps supplémentaire 42 571 heures 48 697 heures
Coût du temps supplémentaire 602 993$ 717 486$
Temps supplémentaire obligatoire 1 101 heures 2 100 heures
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