30 janvier 2020
Le taux d’inoccupation inquiète dans la région
Par: Sébastien Lacroix
Le taux d’inoccupation des logements est de 2,6 % à Sorel-Tracy et en périphérie. 
Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Le taux d’inoccupation des logements est de 2,6 % à Sorel-Tracy et en périphérie. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

La pénurie de logements inquiète un peu partout au Québec, alors que le taux d’inoccupation s’est établi à 1,8 %. Le seuil le plus bas atteint depuis 2004. La région de Sorel-Tracy n’échappe pas à cette situation. Bien que le taux d’inoccupation de 2,6 % soit un peu plus reluisant que la moyenne provinciale, il se situe tout de même sous le seuil d’équilibre établi à 3 %.

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De plus, selon les données les plus récentes, publiées la semaine dernière par le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), le taux d’inoccupation baisse « dangereusement » à Sorel-Tracy. Il était en effet de 5,3 % il y a un an.

Dans le secteur Sorel, le taux d’inoccupation est en effet passé de 6,1 %, à l’automne 2018, à 3 %, à la même période en 2019. En périphérie, le taux d’inoccupation est passé de 4,2 % en 2018 à 2,1 % en 2019.

La pénurie est pire dans la région pour les logements de deux chambres, avec un taux d’inoccupation de 1,8 %, alors qu’il est de 4,6 % pour les appartements qui comptent une chambre et de 2,7 % pour ceux qui en compte trois.

Selon le FRAPRU, cette rareté de logements entraîne des augmentations de loyer que l’organisme qualifie d’ahurissantes dans certaines villes. La région de Sorel-Tracy n’est pas épargnée avec une hausse moyenne qui se situe à 4,2 %, soit environ 24 $ par mois.

Un loyer coûterait en moyenne 591 $ dans l’agglomération de Sorel-Tracy, soit 484 $ pour un appartement comptant une chambre, 610 $ pour un logement de deux chambres et 661 $ dans la catégorie « trois chambres et plus ».

Peu de logements abordables

À Sorel-Tracy, ce sont surtout des logements neufs et plus dispendieux qui sont disponibles, selon ce qu’indique Action logement Pierre-De Saurel (ALPDS). « Ce sont les logements les moins coûteux qui sont le moins disponibles pour les gens à plus faible revenu. Ceux qui sont disponibles, ce sont des logements un peu moins accessibles à tout le monde », indique l’intervenant communautaire de l’ALPDS, Dominic Gosselin.

« Pour une personne sur l’aide sociale, c’est difficile d’arriver et de bien vivre. Même pour une personne au salaire minimum, un logement à 600 $ par mois, c’est pratiquement impossible d’arriver et d’avoir une vie décente, continue-t-il. Si on calcule qu’un logement devrait être 30 % de notre revenu mensuel. Il n’y a pas beaucoup de gens qui sont capables d’arriver à trouver un logement adapté à leur budget. »

Pour l’intervenant d’ALPDS, la solution passe par des efforts pour la construction de logements sociaux. « C’est la partie du gouvernement qui peut faire en sorte que les gens à faible revenu peuvent avoir un logement décent à plus faible coût, ajoute Dominic Gosselin. Ça fait dix ans que les gouvernements promettent 50 000 logements sociaux au Québec et il n’y en a même pas 10 000 de construits. »

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