8 mars 2016
Le taux d’emploi des 55 à 64 ans a bondi de 15%
Par: Julie Lambert
Les baby-boomers sont nombreux sur le marché du travail. | Photo: depositphotos

Les baby-boomers sont nombreux sur le marché du travail. | Photo: depositphotos

Depuis le début des années 2000, le taux d’emploi des travailleurs de 55 à 64 ans est passé de 45,4% à 60,8% en Montérégie. Les baby-boomers, toujours actifs sur le marché du travail, seront toutefois plus nombreux à prendre leur retraite dans les prochaines années.

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Selon les données obtenues auprès d’Emploi-Québec, les travailleurs de 55 à 64 ans se chiffrent à 126 800 en 2015 comparativement à 87 300 en 2005. Cette tranche d’âge représente 16,13% de tous les travailleurs en 2015 (9% en 2000).

« Une bonne partie des baby-boomers est encore dans la force de l’âge. Le marché du travail n’est pas encore affecté par la vague de population vieillissante. Les 55 à 64 ans font davantage partie de la population active qu’avant. Ils demeurent plus longtemps sur le marché du travail », souligne l’économiste à la direction régionale d’Emploi-Québec, Mario Choquette.

En 2015, près de 61% des personnes de ce groupe d’âge travaillent. Les plus récentes données pour le territoire de la MRC Pierre-De Saurel, datant du dernier recensement en 2011, font état que 44,5% des personnes âgées de 55 à 64 ans étaient toujours à l’emploi.

La retraite repoussée

La tendance remarquée par l’économiste est que les travailleurs repoussent de plus en plus le moment de prendre leur retraite. L’âge médian dans la région est d’ailleurs passé de 59,3 ans en 2007 à 62,1 ans en 2015.

Selon l’économiste, plusieurs motifs entrent en ligne de compte lors de la prise de décision de continuer de travailler ou non pour les personnes approchant de l’âge de la retraite qui est de 67 ans au Québec.

« Les taux des régimes de retraite et de placements sont très bas en ce moment. Plusieurs vont peut-être retarder leur départ pour s’assurer d’avoir plus de revenus. Il y a aussi une plus grande partie des 55 à 64 ans qui travaillent à temps partiel comparativement à auparavant », analyse-t-il.

Les employeurs forcés de s’adapter

Même si les baby-boomers seront plus nombreux au cours des prochaines années à quitter leur emploi, le marché du travail ne devrait pas être affecté, pense M. Choquette. Des secteurs seront aussi moins touchés notamment celui de la restauration et de l’hébergement puisqu’on y recrute surtout une main-d’œuvre plus jeune.

Selon l’économiste, les employeurs n’auront pas à faire face à une pénurie de main-d’œuvre si des actions sont déjà mises en place, mais peut-être qu’une compétition se créera entre les entreprises pour embaucher du personnel, ce qui pourrait résulter en une baisse sur les salaires.

« Les départs à la retraite ne vont pas se solder par de nombreux postes vacants s’il y a un bassin de main-d’œuvre prêt à occuper ces postes-là. Les entreprises devront peut-être revoir leur stratégie de recrutement et s’assurer de prévoir les départs dans les postes clés en s’assurant de transmettre l’expertise », conclut-il.

Sur le territoire de la MRC Pierre-De Saurel, on compte à l’heure actuelle 14 414 bénéficiaires d’une rente du Régime de rentes du Québec, dont 933 nouveaux en 2015. Au Québec, 82,3 M$ ont été versés par Retraite Québec à ses bénéficiaires.

Des entreprises prêtes pour affronter la vague de départs à la retraite

Par Sarah-Eve Charland

Alors qu’ils ont déjà connu des départs à la retraite de masse au cours des cinq dernières années, les plus gros employeurs de la région ne s’inquiètent pas du vieillissement de la population, alors que plusieurs baby-boomers pourraient bientôt arrêter de travailler.

Près de 400 employés ont quitté Rio Tinto Fer et Titane (RTFT) pour la retraite depuis sept ans. « La vague est derrière nous. Ça devrait se stabiliser dans les prochaines années », affirme la porte-parole de RTFT, Claudine Gagnon.

Le directeur des ressources humaines chez ArcelorMittal, Gilles Quenneville, a constaté la même situation. « C’est un processus déjà amorcé. On a eu beaucoup de départs à la retraite dans les dernières années. »

D’ici 2021, l’entreprise estime qu’environ 18% des employés seront éligibles à la retraite. « Ça ne veut pas dire qu’ils vont tous partir. Il est réaliste de penser que la moitié d’entre eux quitteront », ajoute-t-il.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) Montérégie-Est est également l’un des trois plus gros employeurs de la région. La direction de l’hôpital sorelois n’est pas en mesure d’estimer le nombre d’employés éligibles à la retraite pour les prochaines années.

« Nous n’avons pas toutes les données pour connaître le moment d’éligibilité de nos employés. Nous faisons chaque année un plan prévisionnel des effectifs par titre d’emploi basé sur une hypothèse d’âge de départ à la retraite », explique le porte-parole, Daniel Vincent.

La relève

Ces départs à la retraite ont engendré des défis pour les entreprises.

« Le plus gros défi a été de transmettre le savoir des employés d’expérience. Beaucoup de personnes qui ont quitté avaient une trentaine d’années d’expérience chez nous. C’est important de faire bénéficier ces connaissances aux plus jeunes », mentionne M. Quenneville.

Dans la convention collective des employés d’ArcelorMittal, une clause exige que les employés doivent avertir l’employeur six mois avant leur départ. « Cela nous donne le temps de recruter et de former les nouveaux employés », précise-t-il.

Le CISSS a développé un plan de main-d’œuvre pour faire face au défi qu’engendrera la probable vague de départs à la retraite. Il prévoit augmenter la collaboration avec les maisons d’enseignement, accueillir plus de stagiaires, rendre les postes plus attractifs, recruter à l’extérieur de la région et prioriser la rétention de la main-d’œuvre.

Malgré ces nombreux départs à la retraite, les entreprises ont facilement recruté la relève, croit Claudine Gagnon. « Ça s’est fait au fur et à mesure. On a également fait une campagne de recrutement qui a bien fonctionné. »

« On a été capable de recruter dans le bassin de la population locale. On s’en est bien tiré », conclut M. Quenneville.

Les municipalités adaptent leurs services pour les retraités

Par Julie Lambert

Alors que les retraités seront de plus en plus nombreux dans la région au cours des prochaines années, le milieu se prépare à les accueillir. Plusieurs actions ont été mises en place afin de combler les besoins de ces citoyens autant dans les municipalités que dans le milieu de la santé.

À la MRC Pierre-De Saurel, une politique régionale des aînés, avec un plan d’action, a vu le jour en janvier 2015 et ce mouvement a été répété dans chacune des municipalités sur le territoire.

De plus, la MRC est certifiée MADA (municipalité amie des aînés) tout comme une majorité des villes sur son territoire. Plusieurs activités ont été réalisées et sont aussi en préparation pour la réalisation de la politique.

Parmi les actions mises en place dans les derniers mois avec les partenaires locaux, on compte l’embauche d’une travailleuse de milieu auprès des aînés en milieu rural, un service d’une popote roulante en milieu rural, l’expansion du programme PAIR (système automatisé d’appels aux personnes âgées) en milieu rural et la réédition du bottin des ressources pour aînés de la MRC, énumère la porte-parole de la MRC Josée-Ann Bergeron.

Le maire de Saint-Joseph-de-Sorel et président du comité régional de la famille et des aînés, Olivar Gravel, mentionne que chaque maire est conscient de l’augmentation de la population vieillissante dans la région.

« Nous sommes bien au courant des statistiques. Je peux affirmer que les aînés souhaitent prendre leur place et ont un désir de s’impliquer dans leur communauté. De nos jours, les gens vivent de plus en plus longtemps. Il est donc bien entendu que nous devons nous adapter et mettre des services en place pour eux », explique-t-il.

Le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, abonde dans le même sens. Il souligne que la Ville a investi beaucoup d’argent dans les dernières années pour l’amélioration du centre pour aînés Au fil des ans.

« Plusieurs de nos projets sont en lien avec les aînés en raison de notre politique. On pose certains gestes, comme faciliter les projets de maisons multigénérationnelles ou l’expansion de résidences pour personnes âgées. On essaie aussi d’améliorer nos parcs pour répondre à leurs besoins », croit le maire Péloquin.

Du côté du Centre intégré de santé et de services sociaux Montérégie-Est (CISSSME), un département de gériatrie verra le jour. Une équipe médicale spécialisée dans les problèmes de santé liés au vieillissement sera aussi implantée.

« Nous sommes conscients que la population du territoire vieillit et le CISSSME est soucieux d’offrir des services adaptés aux besoins de sa population. Aussi nous devrons ajuster notre offre de services sur différents aspects notamment en privilégiant le maintien à domicile », a mentionné le porte-parole du CISSSME, Daniel Vincent.

Selon le centre de santé, l’augmentation de l’intensité des services d’aide à domicile sera une façon d’obtenir des impacts plus significatifs sur la capacité des personnes âgées de demeurer à domicile.

D’autres solutions sont envisagées, comme de réserver les lits en CHSLD et en ressources intermédiaires principalement à une clientèle âgée de 75 ans et plus en perte d’autonomie ainsi que soutenir l’émergence de nouvelles formules d’habitation évolutives et alternatives à l’hébergement en CHSLD.

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