12 mars 2021
Le taux de chômage au plus haut depuis août 2020
Par: Alexandre Brouillard

Alexandre Voghel, coordonnateur du Regroupement des chômeurs et chômeuses de la région de Sorel-Tracy, s’attend à une légère baisse du taux de chômage en février. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Après le temps des Fêtes, le taux de chômage a augmenté de deux points de pourcentage pour atteindre 8,8 % au Québec, soit le plus haut niveau depuis août dernier.

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« Il est encore trop tôt pour connaître le taux de chômage spécifique à la région de Sorel-Tracy, mais nous ne sommes pas différents des autres régions. Que ce soit au Canada, au Québec ou à Sorel-Tracy, le taux de chômage est à son plus haut depuis le mois d’août dernier. Il est passé de 6,8 % en décembre à 8,8 % en janvier », affirme Alexandre Voghel, coordonnateur du Regroupement des chômeurs et chômeuses de la région de Sorel-Tracy.

Alors qu’en janvier le Québec présentait une perte de 98 000 emplois, M. Voghel précise que la grande majorité d’entre eux étaient des emplois à temps partiel. « Souvent, les gens en situation précaire travaillent à temps partiel dans des restaurants comme livreurs ou dans des petites boutiques. La majorité de ces personnes sont toujours sur le chômage ou n’ont pas retrouvé de travail à temps plein », explique-t-il.

Il souligne que malgré une relance économique assez intéressante, au Québec, après la première vague de COVID-19 l’été dernier, le resserrement des mesures sanitaires à travers le pays a provoqué beaucoup de pertes d’emploi. « Si bien que nous remarquons une hausse constante du taux de chômage depuis la fin du mois de novembre dernier », note M. Voghel.

« J’associe cette hausse marquée à la fermeture persistante des restaurants ainsi qu’aux épisodes de fermetures des magasins. Même les commerces qui pouvaient continuer leurs activités, telles que les pharmacies, ont dû mettre des employés à pied parce qu’ils avaient des heures d’ouverture limitées », soutient Alexandre Voghel.

Il ne croit toutefois pas que la Prestation canadienne d’urgence (PCU) ainsi que la Prestation canadienne de relance économique (PCRE) aient découragé certains chômeurs à réintégrer le marché du travail.

« Je n’adhère pas à cette idée! Il y a un gros lobbying de médias et d’entrepreneurs qui affirment que ces aides financières poussaient les gens à demeurer à la maison. C’était 500 $ par semaine, ce n’était pas suffisant pour faire vivre une famille à long terme. En mai 2020, le taux de chômage était de 11 % dans le Centre-du-Québec et il avait baissé à 4,6 % en septembre. C’est donc dire que les gens retournaient au travail. Alors, je ne crois pas que la PCU soit une contrainte du retour au travail », affirme-t-il.

Importance de revoir l’assurance-emploi

En tant que membre du Conseil national des chômeurs et des chômeuses (CNC), le Regroupement des chômeurs de la région de Sorel-Tracy participe à la mise en place d’une campagne qui demande au gouvernement fédéral d’apporter une modification permanente à la loi de l’assurance-emploi.

« Nous voulons partir des bases actuelles parce que le gouvernement fédéral pendant la pandémie a facilité l’accès à l’assurance emploi. Le programme actuel est complètement démodé. C’est un système qui a été bâti il y a quelques décennies et qui ne s’est jamais amélioré », explique M. Voghel.

Pour lui, la réforme demandée devrait assurer un accès juste, universel et adapté aux nouvelles réalités du monde du travail. « Il faut que les travailleurs autonomes aient accès à l’assurance-emploi. De plus, il faut revoir la prestation d’assurance maladie au Québec parce qu’elle couvre seulement les 15 premières semaines. Quelqu’un qui a des traitements de chimiothérapie pendant six mois n’a accès à aucune aide après les 15 premières semaines. Notre système ne permet plus la protection des citoyens, c’est pourquoi nous devons l’améliorer », conclut-il.

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