14 juillet 2021
Première expérience de court métrage
Le Sorelois Antoine Pelletier voit son film sélectionné pour un festival à Montréal
Par: Katy Desrosiers

Antoine Pelletier joue le personnage principal dans son court métrage qui sera présenté au Image+Nation festival courts queer short film fest du 15 au 18 juillet. Photo Brandon Tran

Le court métrage d’Antoine Pelletier aborde les relations amoureuses dans la communauté LGBTQ+. Photo Brandon Tran

Le tournage du court métrage a été réalisé entre autres dans un bâtiment commercial en chantier de la rue Chabanel à Montréal. Photo Brandon Tran

Le Sorelois Antoine Pelletier verra son premier film « A » présenté lors de la deuxième saison du Image+Nation festival courts queer short film fest. Du 15 au 18 juillet, son court métrage sera disponible en ligne, dans le cadre de ce festival, le premier au Canada à mettre de l’avant des courts métrages queers.

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Son film sera aussi présenté du 18 au 28 novembre dans le cadre de la 34e édition du Festival Image+Nation Film Festival LGBTQueer Montréal.

« C’est mon premier film et j’avais trouvé ce festival qui est à Montréal, qui est un festival LGBTQ+. C’était exactement le festival où je voulais le présenter. C’est le premier festival du genre au Canada et il a 35 ans d’existence », note-t-il.

L’artiste est aussi en attente d’une réponse pour le présenter dans un autre festival.

Du théâtre au cinéma

Dans les dernières années, Antoine Pelletier a créé avec deux collègues la compagnie de théâtre Productions Erapop. Alors que les représentations de sa pièce « Mourir Tendre », produite par sa compagnie, avaient été repoussées en raison de la pandémie, il est tombé sur l’initiative Connexion Création du Conseil des arts du Canada et de Radio-Canada qui permettait aux artistes de demeurer actifs en réalisant du contenu numérique. Il a été retenu et a reçu une bourse.

Il a donc choisi d’adapter sa pièce de théâtre qui se nomme « A » en court métrage. Dans celle-ci, il traite des relations amoureuses dans la communauté LGBTQ, sans prétention, de son point de vue. Pour la créer, il s’était inspiré d’un personnage tiré d’une pièce des années 90 de Brad Fraser, ainsi que de messages provenant d’applications de rencontre et de lettres d’amour qu’il a lui-même rédigées plus jeune.

« D’une certaine façon, il y avait déjà quelque chose de l’hybridation dans la pièce. Quand on faisait la performance, il y avait des vidéos. Je pense que la pièce pouvait aussi passer par le médium du cinéma pour exister, d’une manière différente. C’est ce qui m’a poussé à l’adapter de façon cinématographique », explique-t-il.

Dans le court métrage de trois minutes, on suit le personnage principal, interprété par Antoine lui-même, dans sa routine. On peut l’observer dans son espace de vie, un endroit en chantier avec un lit au sol et des bâches de plastique.

« On voit certains fragments de ce jeune homme là qui cherche l’amour à travers l’écran. J’ai voulu montrer que le web et les écrans, ça change nos rapports humains, ça les rend d’une certaine façon froids et morts », explique le comédien.

Antoine Pelletier s’est entouré d’une équipe œuvrant en cinéma et environ trois journées de tournage ont été nécessaires. Un iPhone, une caméra 16 mm et une webcam ont été utilisés pour capter les images afin d’avoir différents types de visuels. Le film comporte une multitude de plans et différents éclairages, ce qui lui donne un certain dynamisme.

L’artiste avoue que ce projet a une signification importante pour lui, puisqu’il comporte une forme d’autofiction et que pour la première fois, son appartenance à la communauté LGBTQ+ est incluse dans le projet.

« C’est un des projets que je respecte le plus parce que je crois avoir été très authentique depuis le début. J’ai beaucoup travaillé l’écriture de la pièce et du film dans une bulle et je suis content qu’elle puisse s’ouvrir et aller à la rencontrer des gens », raconte-t-il.

De nouvelles connaissances

Cette opportunité l’a amené à découvrir un monde qu’il connaissait peu. « J’ai beaucoup appris dans cette première expérience là de cinématographie où j’ai joué, écrit et réalisé le film en même temps, avoue-t-il. Ç’a m’a vraiment permis de me familiariser avec tous les aspects pour créer un court métrage. Ç’a vraiment poussé plus loin ma pratique artistique. »

Même s’il a adoré son expérience, il ne sait pas s’il réalisera d’autres films.

« De la même façon que ce film est né d’une forme de nécessité de continuer à créer et d’une façon un peu impromptue, je suis encore ouvert à d’autres surprises comme ça. […] Je suis vraiment quelqu’un qui valorise l’interdisciplinarité. J’écris d’autres pièces, mais je ne sais pas si je les adapterais », conclut-il.

Des projets variés pour Antoine Pelletier

Le Sorelois Antoine Pelletier, qui vient tout juste de terminer son premier court métrage, travaille aussi dans le milieu du théâtre et sur son projet musical « Antoine ».

Au niveau du théâtre, il vient de terminer une résidence de création de 10 jours avec ses collègues de Productions Erapop et la compagnie Temps Forts, concernant une production qui allierait musique et théâtre avec la pièce « L’histoire du Soldat » d’Igor Stravinsky et Charles-Ferdinand Ramuz. La pièce est montée pour trois comédiens et sept musiciens, mais le projet global implique une vingtaine de personnes.

Trois extraits de la pièce ont été travaillés et finalement présentés à des diffuseurs, dans l’espoir qu’elle sera par la suite portée sur scène en 2022 ou 2023.

Avec la pièce « Mourir Tendre », Productions Erapop souhaite partir en tournée à Montréal ou en région, et aussi passer par Québec.

Du côté de son projet solo musical, Antoine Pelletier a obtenu il y a près de deux ans une bourse du programme Jeunes volontaires du gouvernement du Québec pour travailler sur un album. Avec cette bourse, il a pu recevoir l’aide de professionnels du milieu afin d’améliorer ses créations.

Récemment, il a mis en ligne sur sa page SoundCloud des versions améliorées de ses chansons. Cet automne, il aimerait aller en studio pour travailler le côté plus acoustique.

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