21 novembre 2019
Le RONA de Sorel victime du contexte, estime Roger Bibeau
Par: Sébastien Lacroix

Roger Bibeau a été propriétaire pendant 30 ans des RONA à Sorel, Tracy et Contrecœur. Photothèque | Les 2 Rives ©

Même s’il s’est retiré du domaine il y a neuf ans, l’annonce de la fermeture du RONA du chemin des Patriotes avait encore de quoi affecter Roger Bibeau. Puisque c’est à cette quincaillerie que tout a commencé pour lui.

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En 1980, c’est à cet endroit qu’il avait ouvert son premier magasin pour ensuite en lancer d’autres au fil des ans à Contrecœur, Tracy, Varennes, Sainte-Julie et Longueuil. Un petit empire de six magasins et de 325 employés qu’il avait vendu à RONA, en 2010. Cette décision d’affaires était surtout basée sur une question de relève.

S’il admet qu’il s’est retiré à temps, Roger Bibeau ne craint pas pour l’avenir de la bannière pour autant. « J’ai eu la main heureuse, mais si j’avais encore des RONA, je ne serais pas près d’en fermer », assure celui qui s’explique mal la fermeture du magasin de Sorel.

À son avis, le commerce a possiblement souffert d’un changement d’orientation. Ce qui a fini par affecter sa performance qui a été évoquée par l’entreprise. « À Sorel, nous étions surtout axés sur les contracteurs. Tandis que Lowe’s s’occupe surtout du consommateur », croit celui qui est propriétaire, depuis 2012, de la compagnie Structure d’acier DMR se spécialisant dans la fabrication de poutrelles en acier léger.

« Pour travailler avec des contracteurs, ça se fait par des humains et non par une enseigne sur le bord de la route, poursuit-il. Il faut un service personnalisé. Moi, quand j’étais propriétaire, les contracteurs avaient tous mon numéro de cellulaire. »

Roger Bibeau estime également que le RONA de Sorel a souffert d’une concurrence de plus en plus forte avec la multiplication des grandes surfaces depuis les années 1990. « Avec les trois quincailleries qu’il y avait à Sorel, il y avait 50 000 pieds carrés au total dans toute la région, indique-t-il. Aujourd’hui, Patrick Morin en a 60 000, le RONA de Tracy 44 000 et celui de Sorel en a 12 000. Le nombre de pieds carrés a plus que doublé et la population n’a pas grandi. »

« Il y a une épuration qui est normale, mais quand c’est fait par les Américains [Lowe’s], c’est frustrant, poursuit-il. C’était prévisible. On ne sait jamais lequel, mais on sait qu’il va en fermer. C’est une situation de marché qui est très triste. »

Roger Bibeau croit qu’il y avait de l’avenir pour les RONA au Québec. Tout comme pour les autres bannières comme BMR, Patrick Morin et Canac, qui sont des entreprises locales. « Elles seront là tant que les consommateurs n’iront pas acheter sur Internet, insiste-t-il. On achète aux États-Unis, mais on va brailler s’il y a un commerce qui ferme à Sorel. Il y a une distorsion entre ce que l’on dit et ce que l’on fait. »

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