21 septembre 2015
Le réseau cyclable en danger
Par: Louise Grégoire-Racicot
De nombreux cyclistes utilisent la piste cyclable La Sauvagine chaque jour, dont certains pour se rendre au travail. | TC Média - Archives

De nombreux cyclistes utilisent la piste cyclable La Sauvagine chaque jour, dont certains pour se rendre au travail. | TC Média - Archives

La MRC Pierre-De Saurel l’avait réclamé en novembre dernier, mais le programme de financement de l’entretien de la Route verte par Québec n’a pas été reporté. Accrédité à la route depuis 2012, le réseau cyclable la Sauvagine est ainsi pénalisé.

Sa présidente Hélène Paris s’inquiète. Voilà une subvention qui permettait de recevoir 1500 $/km par année pour son entretien.

« La nôtre a 10 ans et on doit toujours réparer l’asphalte ou des ponceaux. Cette année, on est chanceux. Les réparations ont été payées par la MRC mais qu’en sera-t-il pour les années futures? Ce sera certes différent », s’inquiète-t-elle.

Rappelons que c’est à la suite du nouveau pacte fiscal signé entre Québec et les municipalités en novembre dernier que Québec a décrété ne plus financer l’entretien de la Route verte.

Pourtant, le cyclisme a un impact positif sur la santé, l’environnement, l’image de marque du Québec et la mobilité des citoyens, insiste-t-elle. « Il ne faut pas le laisser tomber. »

« La Route verte est menacée de dégradation ou de fermeture possible de certains tronçons en mal de réparations, ce qui affecterait la renommée et la capacité d’attraction touristique du réseau québécois cyclable faute d’argent », déplore Mme Paris.

La piste régionale, même si elle n’a que 12 kilomètres, est largement fréquentée tant par les gens d’ici que par des touristes, rappelle-t-elle.

Une pétition

Ce pour quoi le réseau La Sauvagine déposera en divers endroits une pétition mise de l’avant par Vélo Québec réclamant de maintenir un réseau cyclable panquébécois sécuritaire.

« Après avoir investi collectivement temps et ressources pendant 20 ans pour l’aménager, avons-nous les moyens de cesser de l’entretenir? », demandent ses initiateurs. Cette pétition est aussi disponible sur Internet, précise Mme Paris.

Deux cyclistes assidus de Sorel-Tracy, Marcel Robert et Marc Mineau, abondent dans le même sens. Tous deux à la recherche d’endroits sécuritaires où pratiquer un sport dont la popularité ne cesse de s’accroître, ils craignent que si la condition des pistes se détériore faute d’entretien, le cyclisme connaisse un déclin important.

Pour un, l’ancien maire Robert avait piloté, mais sans succès, le projet, en 2006, de complétion de la piste cyclable entre Valleyfield et le Bas-Richelieu et son rattachement à la Route verte. On sait que cette route cyclable est la plus longue d’Amérique du Nord et a pris toutes sortes de formes : piste cyclable, chaussée désignée, accotements asphaltés.

Quant au gouvernement du Québec, il ne dit mot pour le moment, mais devra dans les prochaines semaines entreprendre la renégociation du nouveau pacte fiscal avec les municipalités. Personne ne sait si ce point sera à l’agenda.

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