26 mai 2020
Le dossier de Champag devant la Cour suprême
Le promoteur défend bec et ongles son projet
Par: Katy Desrosiers

Le directeur général de Champag, Agnesh Marsonia, espère que la Cour suprême rendra une décision en sa faveur. Photo gracieuseté

Malgré l’opposition massive des citoyens et des élus à son projet, le directeur général de Champag, Agnesh Marsonia, veut toujours implanter une usine de substrat à Saint-Roch-de-Richelieu.

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M. Marsonia se doutait bien que la municipalité allait porter la cause devant la Cour suprême. « Je savais qu’elle ferait ça. Et ça ne me dérange pas. Il y a une chance que la Cour suprême ne voie pas le dossier », souligne le directeur général.

Dans les derniers jours, le groupe de citoyens contre le projet a repris du service. Le directeur est bien au fait de ses craintes.

« On avait fait un comité pour ces gens-là, pour qu’ils puissent regarder les rapports et tout. Mais quand on a commencé, les premières deux ou trois séances, ils m’ont dit : « On ne veut même pas rien savoir, on veut arrêter ce projet » », explique-t-il.

M. Marsonia est ouvert à s’asseoir de nouveau avec les citoyens si la construction est autorisée par la Cour suprême.

Des craintes non fondées?

Pour ce qui est des craintes concernant les odeurs et le bruit, le directeur rappelle que l’usine devait se trouver près de l’autoroute. Comme la zone est écotouristique, les plans ont changé.

« Quand j’ai commencé, ils m’ont dit que c’était correct que je m’implante là (près de l’autoroute), mais quand j’ai déposé ma demande de permis, ils m’ont dit que je ne pouvais pas m’implanter là, alors il fallait que je m’approche des maisons », précise-t-il.

« Ça me donnait un écart de 1,5 km de la maison la plus proche, ajoute le directeur. Un centre comme ça en plein air, tu pouvais faire ça à 750 mètres quand j’ai commencé les démarches. Notre design original était de faire ça en plein air, mais parce qu’on a eu des plaintes de la ville, on a enfermé l’usine et c’était une autre dépense, presque 15 M$ pour fermer et mettre un système de filtration de l’air. Et quand on a fait ces démarches, leurs craintes étaient qu’on ait du bruit à cause des ventilateurs. Mais l’usine aurait été à côté de la 30. On s’entend que la 30 fait du bruit. Et il y a des normes du ministère de l’Environnement qu’on doit suivre. Ce n’est pas quelque chose qu’on fait par hasard. »

M. Marsonia se questionne aussi sur la mention écotouristique du site. Il ne comprend pas pourquoi des sablières peuvent opérer dans cette zone malgré sa vocation.

Pour le camionnage, l’entreprise a proposé de construire une route qui irait directement du site pour se rendre près de l’autoroute et éviter le chemin de la Côte Saint-Jean, ce qui aurait été refusé d’emblée. « Il n’y a aucune solution que tu peux leur donner, il n’y a rien que tu peux faire pour eux », se résigne-t-il.

Pour la qualité de l’eau et de la nappe phréatique, le directeur explique qu’il n’y aura pas de rejet d’eau usée. « Il n’y a rien qui sort dans l’environnement. Ça s’évapore ou ça rentre dans le terreau. Le problème que j’ai, c’est que les gens le savent déjà ça. Alors je ne comprends pas pourquoi ils continuent [de ramener leurs inquiétudes] », témoigne le directeur.

Il affirme également que des études ont démontré que le pompage dans la rivière n’aurait pas d’impact pour la reproduction des espèces de poissons vulnérables.

Agnesh Marsonia rappelle que si le permis de construction lui est délivré, il s’écoulera plusieurs mois avant que le projet aille de l’avant. Il doit respecter les demandes du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et réaliser plusieurs études. Il assure aussi qu’il respectera les recommandations qui seront émises par le ministère.

 

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