21 octobre 2016
Le projet privé de transformer le bâtiment en collectif culturel tombe
Par: Louise Grégoire-Racicot
L’église Marie-Auxiliatrice a été mise en vente en mai dernier. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

L’église Marie-Auxiliatrice a été mise en vente en mai dernier. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Le groupe privé intéressé à acquérir l’église Marie-Auxiliatrice se retire du projet.

« Nous avons rencontré les représentants du diocèse de Saint-Hyacinthe pour annoncer que nous mettons un terme au projet, tout en laissant une porte ouverte », a dit leur porte-parole, Claude Himbeault.

C’est le désistement du Chœur de Sorel-Tracy et de l’Harmonie Calixa-Lavallée qui a mené à l’abandon de la démarche, a-t-il dévoilé.

« Nous avions développé ce projet en pensant aux deux ensembles. On aurait pu en faire leur lieu d’attache. Mais aussi une grande salle où tenir des conférences, présenter des spectacles, des concerts et des expositions, d’autant que les deux groupes devront quitter bientôt le Centre communautaire Notre-Dame en voie d’être vendu », a-t-il expliqué.

Cela aurait nécessité la formation d’une fondation à but non lucratif avec un conseil d’administration. « Nous n’avons demandé d’argent à personne, ce projet devait être privé », précise-t-il.

Rappelons que le prix de vente de l’église est de 279 000$, incluant le presbytère. Le bâtiment a cependant besoin de réparations.

Un projet trop cher

Appelée à commenter la décision du Chœur et de l’Harmonie, la directrice musicale des deux groupes, Josée Laforest, a précisé qu’elle avait cru en ce projet, mais que les membres de ses conseils d’administration le trouvaient trop onéreux.

Les coûts rattachés à l’entretien de l’édifice, au chauffage (30-35 000$ par année) a mis un frein au désir des deux groupes de se doter d’une salle intéressante pour eux. « Autant par les 600 places qu’elle compte, la largeur de la scène, la qualité de sa sonorité et sa proximité du centre-ville », énumère-t-elle.

« Nous trouvions le projet alléchant, mais les coûts à moyen et à long terme, incluant les taxes, ont alimenté le scepticisme de nos comités face à cette acquisition. De fait, nos concerts font leurs frais, mais ne génèrent pas beaucoup de profits. »

De plus, trouver de 50 000$ à 100 000$ chaque année dans la région est presque impossible, avance Mme Laforest. Le timing n’était pas le meilleur, croit-elle également. « C’est vrai qu’on n’a pas ici une salle adéquate pour les grands ensembles, mais pour le moment, l’idée n’était pas bonne. Le projet a été amené trop tôt sur la place publique. J’en préférerais un où tous les organismes concernés seraient autour de la même table, mettant en commun leurs ressources. »

Sous l’aile de la Ville

« Nous avons toujours été sous l’aile de la Ville. Elle doit s’occuper de nous trouver un endroit où se localiser au besoin. C’est notre carte la plus sûre », a ajouté Mme Laforest.

Vrai, a admis le maire Serge Péloquin. « Quand ils m’ont informé de ce projet, je leur ai conseillé d’aller jusqu’au bout du projet pour en connaître toutes les dimensions. S’il est en panne, revenez-moi, leur ai-je dit », a-t-il expliqué, surpris de la tournure des événements.

L’Harmonie est pour la Ville à la fois une valeur patrimoniale et culturelle à préserver, ajoute le maire. « Il faut tracer la suite du dossier avec elle et disposer de budgets pour le faire de la bonne façon. »

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