26 octobre 2015
Le projet du pont fait à nouveau rêver
Par: Sarah-Eve Charland
Jean-Yves Landreville est convaincu que la construction d’un pont entre Sorel-Tracy et Berthierville est réalisable. Il en a même décoré sa voiture! | TC Média - Sarah-Eve Charland

Jean-Yves Landreville est convaincu que la construction d’un pont entre Sorel-Tracy et Berthierville est réalisable. Il en a même décoré sa voiture! | TC Média - Sarah-Eve Charland

Alors que la région a fait une croix sur l’idée d’un pont entre Tracy et Berthierville, le débat refait surface sur les médias sociaux maintenant que le traversier a cessé son service depuis le 13 octobre.

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« C’est comme si on me donnait une respiration artificielle. Ce qui me fait le plus plaisir, ce sont des jeunes qui reprennent l’idée. Je fais la promotion de ce projet depuis 20 ans pour eux », affirme le promoteur, Jean-Yves Landreville, qui n’a pas baissé les bras en se promenant dans sa voiture imagée par des plans du projet.

Un citoyen de Saint-Joseph-de-Sorel, Carl Lemoine, a mis en ligne une pétition demandant la construction d’un pont reliant la rive sud et la rive nord du fleuve Saint-Laurent. Vendredi dernier, 1000 personnes avaient signé la pétition.

M. Landreville ne lance pas la serviette même si le comité d’analyse d’une liaison autoroutière nord-sud (CALA) a été abandonné par la MRC il y a quelques années. Le citoyen a rencontré les candidats aux dernières élections provinciales. Il a aussi récolté près de 700 appuis de citoyens depuis deux semaines.

« Je ne mettrai pas ça sur le dos des politiciens. Il faut expliquer aux gens que Sorel-Tracy ne peut plus se développer. C’est la population qui doit se prendre en main », croit-il.

Grève des travailleurs

La fermeture du traversier Sorel-Tracy-Saint-Ignace-de-Loyola en raison d’une grève des travailleurs a suscité beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux. Nombreux sont ceux qui ont proposé la construction d’un pont comme alternative à la traverse.

« Les maires de Berthierville et de Sorel-Tracy demandent à ce que des services minimums soient donnés au traversier. Ce n’est pas la solution. La solution est un pont. Il ne faut plus que Sorel soit un cul-de-sac qui empêche le développement économique », ajoute-t-il.

Des personnes de Joliette jusqu’à Drummondville pourraient bénéficier de la construction d’un pont, souligne-t-il, soit une population de 2,5 millions de personnes.

Selon plusieurs études réalisées au milieu des années 2000 commandées par M. Landreville, le pont à péage coûterait 500 M$ et serait rentable sur une période de 30 ans. Il précise que des promoteurs privés seraient prêts à soumissionner dès demain si le gouvernement donnait l’aval.

Un projet tué dans l’œuf

Les nombreuses embûches ont eu raison du projet de construction d’un pont entre Tracy et Lanoraie dans les années 90, croit l’ancien président du comité d’analyse autoroutière nord-sud (CALA), Olivar Gravel.

Même s’il croit toujours au projet, il a quitté le comité parce qu’il sentait peu de soutien de la part de la population et des élus. « Certains disaient que le pont n’était pas la solution, que c’était dispendieux. On avait aussi de la difficulté à trouver un endroit où cela serait facile de le réaliser », explique-t-il.

Une tourbière protégée par le ministère de l’Environnement existe près de la rive de Lanoraie. Il devenait impossible de construire le pont à cet endroit, ajoute-t-il.

Le CALA avait également tenté de récolter des sous pour réaliser une étude de faisabilité. « L’étude pouvait coûter un million, mais on avait environ 50 000$. On était loin du but. J’ai décidé de quitter et de remettre l’argent aux donateurs. Si on avait eu l’appui des hommes politiques, on aurait pu pousser le projet le plus loin », conclut-il.

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