25 mars 2021
L’ex-conseiller de Saint-Gérard-Majella explique sa démission
Le projet d’agrandissement du centre de services municipaux ne passe pas pour Jean Beaubien
Par: Alexandre Brouillard

L’ex-conseiller municipal de Saint-Gérard-Majella, Jean Beaubien, était en désaccord avec le projet d’agrandissement du centre de services municipaux. Photo capture d’écran

Le 11 février dernier, après 16 années de service, Jean Beaubien a remis sa démission au conseil municipal de Saint-Gérard-Majella. L’ex-conseiller ne comprend pas pourquoi le centre de services municipaux ne répond déjà plus aux besoins des citoyens trois ans seulement après sa construction.

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« Le conseil municipal travaille sur le projet d’agrandissement du centre de services municipaux depuis plusieurs mois. Je voulais absolument que les citoyens soient informés et consultés parce que c’est un projet important. Quand j’ai réalisé que ça n’allait pas être le cas et que le projet d’agrandissement n’était pas justifié, j’ai décidé de quitter », confie M. Beaubien.

Rappelons que le centre de services municipaux de Saint-Gérard-Majella, inauguré en décembre 2017, doit déjà subir un agrandissement en raison d’un manque d’espace. Or, ce projet avait suscité la grogne de plusieurs citoyens qui avaient signé une pétition déposée le 1er février au conseil municipal. Cette dernière avait été signée par 59 citoyens, dont le conseiller municipal Éric Tessier et M. Beaubien.

Depuis le début du projet, Jean Beaubien s’interroge quant aux réels besoins d’agrandir le bâtiment. « L’historique de location de la salle ne motive pas le projet d’agrandissement, tout comme le manque d’espace », croit-il.

Lors de la séance du conseil municipal du 2 novembre, alors que les élus devaient se prononcer sur le projet d’agrandissement du centre de services municipaux, ils avaient décidé de distribuer une brochure à l’ensemble des résidents de la municipalité afin de présenter le projet et pour récolter des opinions.

« J’étais content qu’on informe les citoyens, mais le pamphlet n’a pas été reçu par le conseil municipal, lors de la séance suivante du 7 décembre, parce qu’il n’avait pas fait l’objet d’une résolution. Cette séance a été très tendue. Il est normal que les élus ne s’entendent pas toujours, mais le 7 décembre, c’était hors de l’ordinaire. Tellement que je croyais être sur une autre planète », soutient l’ex-conseiller.

Malgré tout, trois mois plus tard, quand la pétition a été déposée au conseil municipal le 1er février, M. Beaubien avait bon espoir que les citoyens seraient entendus et écoutés. « C’est ce soir-là que j’ai réalisé que le conseil n’allait pas prendre en considération l’opinion des citoyens. J’ai complètement décroché et je n’avais plus de motivation! Je comprends que le conseil existe pour prendre des décisions, mais à un moment donné, on doit écouter les citoyens et respecter leurs inquiétudes », explique M. Beaubien.

Une tension insoutenable

Jean Beaubien affirme que la tension des derniers conseils municipaux était insoutenable. « C’était la première fois que je vivais une situation aussi tendue au conseil en 16 ans de carrière. Je tenais malgré tout à faire valoir mon point, mais ce n’est pas facile de toujours être à contre-courant de la majorité. Ça devient fatigant physiquement et émotionnellement », explique-t-il.

L’ex-conseiller n’avait jamais pensé démissionner dans un tel contexte. « Au niveau humain, ce n’est vraiment pas évident. Tous les événements qui ont eu lieu concernant ce projet vont changer la dynamique de la municipalité. Malgré les événements et les tensions, je crois encore que le maire et les conseillers doivent écouter les citoyens parce que ce sont eux qui les ont élus et qui paient leur salaire », soutient-il.

Alors que des élections municipales auront lieu l’automne prochain, M. Beaubien n’est pas encore en mesure de confirmer s’il fera un retour en politique. « Beaucoup de choses peuvent avoir lieu lors des prochains mois. Je vais laisser la poussière retomber et me concentrer sur ma santé physique et mentale », conclut-il.

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