18 novembre 2016
Le procès d’une mère accusée d’avoir blessé son bébé est terminé
Par: Julie Lambert
Le juge Labrie a rendu sa décision le 13 janvier. | © by Alexey Klementiev

Le juge Labrie a rendu sa décision le 13 janvier. | © by Alexey Klementiev

Le procès de 10 jours d’une mère de 38 ans de la région accusée de voies de fait grave sur son bébé de huit mois s’est terminé, ce matin, avec les plaidoiries de la Couronne et la défense, au palais de justice de Sorel-Tracy.

Le bébé a été admis à l’hôpital en février 2012 avec de multiples fractures aux côtes et aux poignets. Le procès se déroulait du 24 au 28 octobre et du 14 au 18 novembre. Les plaidoiries ont débuté devant le juge Marco Labrie avec l’avocate de la défense, Me Annie Francoeur.

Cette dernière a plaidé que les médecins auraient pu omettre que les fractures visibles pouvaient être causées par une fragilité des os, étant donné que l’enfant prenait des médicaments, ou une maladie osseuse non diagnostiquée. Un argument que le juge Labrie a rejeté dès le départ.

Me Francoeur a aussi indiqué au juge que l’âge des fractures correspondait à un moment où l’enfant ne se trouvait pas avec sa mère. Elle a longuement plaidé sur les qualités de l’accusée à prendre soin de son bébé et lui donner tous les traitements nécessaires à sa condition spéciale.

« La conduite de ma cliente va être analysée, a dit Me Francoeur. On pense qu’elle était dépassée ou stressée par son statut de mère monoparentale. Cette affirmation est bourrée de préjugés. La preuve ne nous amène pas à conclure que le comportement de la mère avait une tendance à la violence. »

Un geste caché

La procureure de la Couronne, Me Geneviève Beaudin, a de son côté élaboré sur le fait que seule la mère pouvait avoir causé des blessures à son bébé.

Elle a démontré en résumant chacun des témoignages que les périodes où l’enfant se trouvait sans sa mère étaient rares. La mère a elle-même corroboré à de nombreuses reprises pendant le procès qu’elle ne laissait jamais son bébé seul. Me Beaudin a souligné que la majorité des témoins étaient crédibles et certains ont même déclaré que la mère n’aurait pu commettre ce geste, qu’elle aimait ses enfants et en prenaient soin.

L’avocate a débattu sur la vraisemblance et la crédibilité de la mère lors de son témoignage. L’avocate a questionné entre autres la décision de l’accusée d’attendre une semaine après avoir constaté les bleus et la dégradation de l’état de santé de son enfant avant de se rendre à l’urgence.

« Il a été démontré que l’accusée a toujours agi de manière adéquate, qu’elle était très prompte à communiquer et à appeler. Pourquoi dans ce cas-ci, elle n’a pas fait de démarches? Cela démontre qu’elle savait pour les blessures de son enfant et qu’elle a attendu de ne pas avoir le choix parce qu’elle avait quelque chose à cacher. On ne fait pas le procès d’une mauvaise mère, mais d’une perte de contrôle. »

L’accusée était en liberté pendant toute la durée des procédures judiciaires. Pendant la durée du procès, la procureure de la Couronne a fait entendre cinq témoins civils, trois médecins et quatre policiers.

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