2 septembre 2020
Le Port de Montréal devient partenaire d’ALUS Montérégie
Par: Katy Desrosiers

L’agriculteur Paul Caplette a pris la parole lors de l’annonce du partenariat d’ALUS Montérégie avec le Port de Montréal, qui se déroulait sur ses terres à Saint-Robert. Photo tirée de Twitter/ACRA

Le Port de Montréal devient partenaire Or du programme ALUS Montérégie, qui accompagne les agricultrices et agriculteurs dans la mise en place de projets favorisant l’environnement et la biodiversité. L’annonce s’est déroulée à la ferme Céréales Bellevue à Saint-Robert, une pionnière dans le domaine.

Publicité
Activer le son

Le programme, qui en est à sa cinquième année, est chapeauté par l’UPA de la Montérégie. Il soutient la création de biens et services écosystémiques supérieurs aux normes déjà en place, tels que l’aménagement de bandes riveraines, l’installation de nichoirs pour les oiseaux, l’implantation de nouveaux milieux humides et la plantation pour les pollinisateurs.

L’Administration portuaire de Montréal (APM) devient partenaire puisque selon sa vice-présidente des affaires publiques, Sophie Roux, le programme est en accord avec les valeurs de l’entreprise et leur politique en développement durable. De plus, la Montérégie est particulière aux yeux de l’APM, entre autres avec le projet de terminal à conteneurs à Contrecœur.

« Ce projet deviendra une source importante de richesses pour la région, de création de nombreux emplois de qualité, de retombées économiques importantes et deviendra un levier pour la croissance des entreprises d’ici. Cet impact, on veut qu’il soit durable », souligne Mme Roux.

Le directeur principal pour le projet Contrecœur de l’APM, Paul Bird, ajoute que l’objectif est d’aller de l’avant dans ce projet dans le plus grand respect de l’environnement et de la biodiversité de la région.

« Nous avons déployé plusieurs mesures atténuantes et initiatives pour protéger l’écosystème à Contrecœur, et ce, en amont de notre projet. L’an dernier, nous avons construit des nichoirs artificiels pour l’hirondelle de rivage qui fréquente les berges et dont les sites de nidification ont été protégés », mentionne M. Bird.

Un agriculteur innovateur

Paul Caplette, de la Ferme Céréales Bellevue, a l’environnement à cœur depuis longtemps. Lorsqu’il a commencé à adapter ses terres, le programme ALUS n’existait pas ici. Maintenant, il bénéficie de cet accompagnement et de cette aide financière offerte par tranche de cinq ans pour réaliser différents projets, comme l’élargissement de ses bandes riveraines.

« Au début, on respectait les normes de bandes riveraines de base. Ensuite, on s’est dit « Pourquoi ne pas faire mieux et mettre des arbustes pour attirer les oiseaux, rajouter des essences nobles d’arbres, qui vont rester là 100 ou 200 ans. Ils vont permettre de garder la neige en place et de servir de refuge aux animaux pour les prédateurs ». […] C’est un gros souci comme agriculteur, que les effets négatifs de nos pratiques soient annulés par le plus d’effets positifs possible », explique M. Caplette.

La ferme possède 16 km de bandes riveraines, maintenant de sept mètres de largeur au lieu de seulement un mètre.

« Une partie de la terre n’est plus cultivée, mais je suis convaincu des effets à long terme, sur l’équilibre, les insectes, la biodiversité en général. Ça va nous le rendre avec le temps », ajoute-t-il.

M. Caplette a d’autres projets en tête comme la création d’un bassin sédimentaire pour filtrer l’eau des drainages de champs l’installation de 300 nichoirs.

Selon lui, ces initiatives sont bénéfiques pour toute la communauté. « Je suis fier de ça, je ne vois pas ça comme une contrainte, mais comme un défi, une fierté! », lance l’agriculteur.

Il affirme que dans la MRC de Pierre-De Saurel, plusieurs agriculteurs s’impliquent pour avoir des pratiques plus favorables pour l’environnement. Dans la MRC, plusieurs producteurs se sont joints au programme depuis 2017. En décembre 2019, plus de 12 hectares étaient protégés, et cette année, quatre hectares s’ajoutaient.

image