5 juin 2018
Le Port de Montréal a déposé une étude d’impact incomplète, selon des ministères
Par: Sarah-Eve Charland

L'employé travaillait pour une entreprise sous-contractante du Port de Montréal. (Photo : Archives)

L’étude d’impact environnemental concernant l’agrandissement du Port de Montréal sur le site à Contrecœur est particulièrement mise à mal par deux ministères du gouvernement du Canada qui jugent plusieurs informations incomplètes ou tout simplement inexactes.

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Environnement et Changement climatique Canada ainsi que le ministère Pêche et Océans Canada ont publié leur analyse de l’étude d’impact de l’administration portuaire par le biais de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale (ACÉE).

Ils demandent à l’administration portuaire de pousser l’étude plus loin qu’elle ne l’est présentement notamment en décrivant davantage les impacts sur les espèces en péril comme la rainette faux-grillon de l’Ouest.

« De façon générale, l’identification et la description des effets du projet durant les phases de construction et d’exploitation sont inadéquates et insuffisantes. Plusieurs affirmations ne sont pas appuyées par des références ou des données et certains impacts n’ont pas été identifiés », peut-on lire dans le rapport d’Environnement du Canada.

Un arrêté ministériel est d’ailleurs en préparation et devrait être déposé ce printemps concernant la rainette faux-grillon de l’Ouest. Cet arrêté ministériel interdira toute destruction d’un élément de l’habitat essentiel de cette espèce de grenouille sur la propriété de l’Administration portuaire de Montréal (APM). Ce dernier devrait demander un permis qui considérera les impacts potentiels sur l’habitat essentiel de la rainette faux-grillon de l’Ouest.

L’étude d’impact ne semble pas avoir considéré les oiseaux terrestres en période de migration et la présence de certaines autres espèces telles que la sauvagine ou le limicole.

« La faible abondance et la faible diversité observées au cours des périodes de migration printanière et automnale pour cette portion du fleuve Saint-Laurent, désignée comme une aire de concentration d’oiseaux aquatiques, nous semblent surprenantes », estime le ministère de l’Environnement.

Le Port de Montréal a aussi fourni des informations incomplètes concernant le rejet de polluants dans l’eau qui pourraient être nocifs pour les poissons.

Le chevalier cuivré aussi touché

Pêche et Océans Canada s’est montré préoccupé des impacts sur l’habitat du chevalier cuivré, une espèce de poisson aussi considérée en péril. Selon le ministère, l’étude ne permet pas de bien identifier les impacts sur la reproduction, l’alevinage, la croissance, l’alimentation et la migration du chevalier cuivré.

« Considérant l’ampleur des superficies touchées et l’importance que ces habitats présentent pour le chevalier cuivré, le ministère demande au promoteur de produire dès maintenant une évaluation complète des mesures d’évitement possibles visant à réduire ces impacts », a souligné le ministère dans son rapport.

Le Port de Montréal poursuit ses démarches

« Il s’agit du processus normal, de la suite des choses dans le cadre du processus de l’ACÉE. Il ne s’agit pas de « refaire nos devoirs », mais plutôt de « continuer nos devoirs », de continuer notre processus, de répondre aux demandes d’information complémentaires », assure la directrice des communications de l’APM, Mélanie Nadeau.

Elle ajoute que les questions soulevées par les ministères s’inscrivent dans un processus normal des audiences publiques.

« Comme elle le fait depuis le début du processus d’évaluation environnemental, l’Administration portuaire de Montréal collaborera et répondra aux demandes d’informations complémentaires de l’ACÉE avec la même diligence qu’elle l’a toujours fait. L’enjeu du chevalier cuivré, notamment, demeure un élément prioritaire pour l’APM. Nous sommes confiants de pouvoir mettre en place les mesures adéquates qui nous permettront de gérer de façon responsable les impacts de notre projet et d’améliorer celui-ci », conclut-elle.

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