4 juin 2015
Le Phoenix toujours retenu à Québec
Par: Louise Grégoire-Racicot
Le Phoenix fait autant jaser à Sorel-Tracy, même depuis son départ de la région le 23 mai dernier. | Photo TC Média - Pascal Cournoyer

Le Phoenix fait autant jaser à Sorel-Tracy, même depuis son départ de la région le 23 mai dernier. | Photo TC Média - Pascal Cournoyer

Une semaine après avoir été réparé, le Phoenix est toujours à Québec, Transport Canada lui interdisant de quitter depuis que ses marins indiens se sont plaints, le 28 mai dernier, de ne pas avoir été payés depuis trois mois. Pour le moment, le vraquier est ancré au large de l’ile d’Orléans.

Le porte-parole du ministère, Samir Goulamaly, confirme que des inspecteurs de Transports Canada se sont rendus à bord le soir même, pour constater si la convention internationale de l’Organisation internationale du Travail (2006) était dûment respectée ou pas. Cette convention soutient massivement la nouvelle loi internationale protégeant notamment les marins abandonnés ou lésés.

Le 3 juin, des négociations se poursuivaient encore entre l’armateur et ses marins pour déterminer ce que l’avenir leur réserve, explique Vince Giannopoulos, inspecteur de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF). De fait, ces marins n’auraient pas été payés depuis trois mois. Il s’agit donc de négocier une solution à cette situation, souligne M. Giannopoulos.

« Une fois ces questions salariales réglées, les marins voudront-ils faire le voyage à bord ou préféreront-ils être rapatriés dès maintenant? Ça demeurera leur décision », dit-il.

Plusieurs intervenants sont concernés par ce dossier, dont le gestionnaire du bateau, une agence maritime, Inchcape Shipping Services, explique-t-il.

Rappelons que M. Giannopoulos, qui avait dénoncé la situation de détresse dans laquelle se trouvaient les marins turcs l’été dernier à Sorel-Tracy, a été appelé, dès le 29 mai, à rencontrer l’équipage indien et vérifier combien de marins étaient touchés par l’allégation de privation de trois mois de salaire.

Contrairement aux marins turcs, les marins indiens ne manquent pas de nourriture, précise-t-il. Leurs conditions de vie à bord ne sont pas idéales, mais meilleures que celles qu’ont connues leurs prédécesseurs, dit-il. « Mais les conditions de travail sont loin d’être idéales », complète-t-il.

Il semble enfin que le propriétaire du bateau allègue avoir versé l’argent à l’agence maritime qui n’aurait pas payé les marins. Tout est à vérifier, dit M. Giannopoulos.

Quant aux bris mécaniques qui avaient forcé le navire à amarrer à Québec, un inspecteur de Transports Canada avait jugé, le 28 mai dernier, après une visite à bord, que les réparations étaient satisfaisantes. Le navire pouvait être déplacé, et ce en toute sécurité.

Mais le soir même, une nouvelle interdiction de départ fut émise.

« Les inspecteurs de Transports Canada doivent maintenant valider les faits avant que le Ministère ne puisse se prononcer à ce sujet. L’interdiction de départ émise pour le Phoenix demeure en vigueur », rappelle M. Goulamaly.

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