9 avril 2018
Le palais de justice de Sorel-Tracy sera rénové pour contrer le trafic de stupéfiants
Par: Sarah-Eve Charland

Les travaux seront effectués d'ici juin 2018 au palais de justice de Sorel-Tracy. (Photo : Pascal Cournoyer)

À la suite de l’arrestation de l’ex-avocat Luc Vaillancourt qui a transmis des stupéfiants à l’un de ses clients en 2013, le ministère de la Sécurité publique rénovera le palais de justice de Sorel-Tracy près de cinq ans plus tard afin d’éviter ce genre d’événement.

Avec celui de La Tuque, le palais de justice de Sorel-Tracy est l’un des derniers où les avocats peuvent entrer en contact direct avec leurs clients détenus dans le bloc cellulaire.

Les travaux consisteront à transformer une cellule en parloir sécuritaire, c’est-à-dire muni d’une cloison séparant la personne incarcérée et son visiteur. L’investissement s’élèvera à 47 168$. Les travaux devraient être réalisés d’ici juin 2018.

Depuis l’arrestation de Luc Vaillancourt, une agent correctionnel a adressé une plainte à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) en avril 2017 à ce sujet.

« Comme dans tous les établissements de détention et les autres quartiers cellulaires des palais de justice, différentes mesures de contrôle et de surveillance, comme la surveillance physique, par caméra ou des fouilles des personnes incarcérées, sont appliquées au palais de justice de Sorel-Tracy. […] En attendant la fin des travaux, des procédures de travail ont été adaptées pour s’ajouter aux différentes mesures déjà existantes », affirme la relationniste du ministère de la Sécurité publique, Louise Quintin.

Pour des raisons de sécurité, elle n’a pas voulu élaborer sur les mesures mises en place.

Des risques pour les agents correctionnels

Le directeur du service de transport de l’établissement de détention de Sorel-Tracy, Jean-François Lapointe, en a mentionné quelques-unes lorsqu’il a témoigné pendant les représentations sur sentence de la Couronne dans le dossier de Luc Vaillancourt, le 16 mars.

« Les avocats doivent vider leurs poches. On effectue des fouilles à nu pour chaque détenu qui rencontre un avocat, après chaque rencontre. On fait tout pour contraindre l’entrée de stupéfiants. Ç’a brimé le lien de confiance avec les avocats », a-t-il affirmé lors de son témoignage.

Selon M. Lapointe, c’est la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) qui a statué sur ces mesures de sécurité supplémentaires. La consommation de stupéfiants engendre de graves conséquences au sein d’un établissement de détention, a-t-il ajouté pendant son témoignage.

« Le coût des stupéfiants est plus élevé. Les détenus tentent à leur façon de contrer le système de sécurité. Les risques de violence et de taxage sont plus grands. Certaines personnes incarcérées ont des dettes ou se font battre. Il y a donc un plus grand risque d’intervention ou de blessure pour les agents correctionnels. »

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