18 mars 2020
Le ministre Pierre Fitzgibbon en quatre questions
Par: Jean-Philippe Morin

Le ministre Pierre Fitzgibbon a livré un discours devant une quarantaine d’intéressés à l’Hôtel de la Rive, le 10 mars. Il était accompagné du député de Richelieu, Jean-Bernard Émond. Photo Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives ©

Le ministre Pierre Fitzgibbon a livré un discours devant une quarantaine d’intéressés à l’Hôtel de la Rive, le 10 mars. Photo Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives ©

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec, Pierre Fitzgibbon, était de passage à l’Hôtel de la Rive, le 10 mars, pour un déjeuner de financement pour la CAQ dans Richelieu.

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Accompagné du député Jean-Bernard Émond, il a parlé de plusieurs sujets devant une quarantaine de personnes, la majorité des gens d’affaires de la région de Sorel-Tracy. Parmi les sujets abordés, on note l’intelligence artificielle, les PME, la numérisation, Investissement Québec, l’aérospatial, la transaction Alstom/Bombardier, etc.

Après son allocution, M. Fitzgibbon a répondu aux questions des journalistes.

Q1 : Environ 90 personnes travaillent à l’usine d’Alstom à Sorel-Tracy. Ils ont encore du travail pour les prochaines années, mais le contrat des bogies du métro de Montréal se termine bientôt. Quel espoir peuvent-ils avoir avec la transaction Bombardier/Alstom?

R1 : […] C’est clair qu’on va favoriser le contenu local. Pour les trains et les véhicules, la fusion de Bombardier et Alstom devient un incontournable. Les prix doivent être compétitifs, il y a des règles internationales à respecter, mais je pense que cette fusion pour le marché américain peut être drôlement intéressante. Les Américains n’ont pas de producteur de trains. On peut être confiants, mais c’est sûr qu’il faudra travailler fort. Ce qui m’a plu chez Alstom, c’est qu’ils ont décidé de créer le bureau-chef des Amériques au Québec.

Q2 : Vous avez beaucoup parlé des PME pendant votre discours. À Sorel-Tracy, malgré une reconversion industrielle, on dépend encore beaucoup de la grosse industrie. Est-ce que la diversification de l’économie de Sorel-Tracy passe par la création de plus de PME?

R2 : Oui. Plus on parle de régions, plus on parle de PME. J’ai toujours dit que ça prendrait de gros donneurs d’ordres, que ce soit québécois ou étrangers, pour alimenter la chaîne d’approvisionnement. Ça prend aussi de grosses entreprises comme Couche-Tard et CGI pour que les 250 000 PME du Québec en bénéficient. C’est ce qui va faire qu’on va être plus performants au niveau économique.

Q3 : L’agrandissement du Port de Montréal à Contrecœur aura de grosses répercussions économiques dans la région. Que pensez-vous de ce projet?

R3 : C’est un projet porteur, qu’on supporte. L’enjeu est de savoir à quelle vitesse on le fait. Montréal a un enjeu territorial et géographique où il n’y a pas beaucoup de croissance possible. Il y a de l’argent à mettre à Montréal pour les rendre plus efficaces au niveau du intermodal, mais la croissance au deçà de ce qu’ils ont présentement doit passer par Contrecœur. Québec aussi a un projet intéressant. Au gouvernement, on regarde comment la cohabitation peut se faire. Ce n’est pas vrai que c’est un ou l’autre. En même temps, il ne faut pas que les deux ports visent les mêmes marchés.

Q4 : Quand on voit la bourse s’effondrer comme hier [le 9 mars] en raison du COVID-19, comment devrait se porter une région comme la nôtre qui est plutôt industrielle?

R4 : Le marché boursier est un marché volatile, émotif. Ce qui m’inquiète, ce n’est pas le marché boursier comme tel, même si la perte de 10 % en un jour, ce n’est pas bon. Ça peut revenir. Ce qui est plus préoccupant, c’est le mind set des gens qui est un peu plus négatif. Les projets d’investissements sont tous retardés un petit peu. Retardés, c’est pas si pire; trois mois dans une vie, ce n’est rien. Mais outre les retards qui vont survenir, d’autres entreprises, comme celles dans le service, ce qu’elles vont perdre, elles ne le reprendront pas. On va annoncer un programme parce qu’on ne veut pas laisser les entreprises dans le trouble. Plus le temps passe, plus des entreprises vont avoir des séquelles permanentes. C’est plus préoccupant que des séquelles temporaires.

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