16 mai 2017
« Le milieu accepte bien mon homosexualité » – Philippe Perreault
Par: Louise Grégoire-Racicot
Comme chaque année, la MRC de Pierre-De Saurel hissera le drapeau arc-en-ciel pour souligner la Journée de lutte contre l’homophobie, le 17 mai. | Photo: TC Média - Archives

Comme chaque année, la MRC de Pierre-De Saurel hissera le drapeau arc-en-ciel pour souligner la Journée de lutte contre l’homophobie, le 17 mai. | Photo: TC Média - Archives

Les gens de tous les milieux de la région acceptent bien qu’il soit un homosexuel affirmé, marié depuis 10 ans et entrepreneur, affirme Philippe Perreault, 34 ans.

« Je siège sur plusieurs c.a et je n’ai pas senti personne réfractaire à moi. Peut-être parce que je ne l’ai jamais camouflé », évalue-t-il.

Il mène une vie rangée et normale, rentrant à la maison après le travail et mangeant des chips en écoutant la télé, décrit-il, en riant.

Et le couple ne se formalise pas de ceux qui leur demandent s’ils vont adopter des enfants. « Je leur réponds que non, ce n’est pas dans nos projets! Mais cela prouve que les gens ont intégré cette perspective et l’acceptent mieux. »

Quand son conjoint, qui travaille chez , a dit à ses collègues qu’il vivait en couple avec un homme, cela a fait cesser les questionnements ou les blagues sur le fait qu’il venait seul aux rencontres sociales.

Il est cependant surpris que des gens parlent encore de leurs amis gais ». « C’est quoi un ami gai? », leur demande-t-il « En quoi est-il différent d’un ami? »

Des interventions déterminantes

« Les interventions de Jasmin Roy ont contribué à sensibiliser les gens. Les médias en parlent aussi. Il n’y a pas beaucoup de téléromans qui n’ont pas un personnage gai », souligne M. Perreault.

On ne voit plus non plus, comme dans les années 80 des gais présentés comme des fofolles, rappelle-t-il. « Les téléspectateurs sont à même de constater que les gais sont des gens normaux, avec des émotions et des sentiments », remarque-t-il.

À l’adolescence, il a été victime d’intimidation, mais il ne croit pas que son homosexualité ait pu en être la cause. Il reconnait toutefois que certains peuvent être intimidés parce que gais.

Heureusement, conclut-il, les gais ont gagné des droits, comme les femmes dans les années 70. Comme les transgenres sont maintenant au cœur d’une bataille pour être traités équitablement.

Une situation encore difficile pour les jeunes gais

L’homophobie est présente à Sorel-Tracy, déplore Martine Angers, infirmière à la clinique des jeunes du CLSC Gaston-Bélanger, à la veille de la Journée internationale de l’homophobie et de la transphobie (17 mai).

Plusieurs n’osent pas « sortir du garde-robe », dit-elle. Ils craignent que révéler leur homosexualité serait inacceptable pour leurs équipes de travail. Ou le rejet de leur famille.

Ce n’est qu’au cégep que les garçons osent s’affirmer gais, dit l’infirmière. « Pour les filles, c’est encore plus tard. Elles ont peur qu’on ne comprenne pas aussi leur désir de maternité. »

Mme Angers déplore que les jeunes gai-e-s doivent aller à l’extérieur pour se rencontrer. Car il n’y a pas de tels bars à Sorel-Tracy.

Quant aux adolescents, ils se taisent de peur d’être l’objet de mauvaises plaisanteries ou d’insultes, dit-elle. « C’est stupéfiant de voir comment ceux qui blaguent sur les gai-e-s ne se rendent pas compte de tout le mal qu’ils leur font. C’est particulièrement vrai dans le milieu sportif. »

Coordonnateur des interventions chez Jeunes Adultes gai-e-s (JAG) à Sorel-Tracy, Alexandre Houle rencontre notamment des groupes d’élèves de secondaire 2 et 4 des polyvalentes soreloises, deux fois par année.

« Certains groupes sont ouverts à la discussion sur l’homosexualité, d’autres moins. Ce pourquoi il faut toujours mobiliser », note-t-il.

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