9 octobre 2018
Le milieu a des attentes élevées
Par: Sarah-Eve Charland

Les intervenants du milieu ont exprimé leurs attentes au nouveau député de Richelieu, Jean-Bernard Émond. (Photo: Pascal Gagnon)

Questionnés par Les 2 Rives, les différents intervenants du milieu ont manifesté des attentes élevées envers le nouveau député de Richelieu, Jean-Bernard Émond.

La rétention de main-d’œuvre au sommet des préoccupations

Le nouveau député de Coalition Avenir Québec (CAQ) dans Richelieu, Jean-Bernard Émond, devra travailler en collaboration avec les intervenants locaux afin de favoriser la rétention de main-d’œuvre dans la région, l’un des enjeux les plus importants, croit le directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy, Sylvain Dupuis.

« Même si le député fait partie du gouvernement, il ne pourra pas tout faire. Il faudra travailler en collaboration pour aller plus loin encore. Ce qui est intéressant, c’est qu’il est ouvert à de nouveaux modèles », affirme M. Dupuis.

Il prend en exemple le projet d’usine de Bel Canada à Sorel-Tracy où seront fabriqués les fromages Babybel en 2020. « On en veut plein des projets comme ça. Maintenant, il faut s’assurer de garder les employés ici. Il y a une question de rétention et de formation de la main-d’œuvre. En Montérégie, la CAQ a tout raflé pratiquement. Tout le monde va vouloir tirer de son côté. Il faut travailler avec le député pour se démarquer au sein du gouvernement », croit-il.

D’autres enjeux comme le prolongement de l’autoroute 30 et le projet de pont seront à discuter, selon M. Dupuis. Ce dernier voit d’un œil positif le passé entrepreneurial de M. Émond.

« C’est très positif au niveau économique. Forcément, il a été aux prises avec les dédales bureaucratiques. Son expérience va lui permettre une meilleure compréhension sur comment attirer et retenir la main-d’œuvre », conclut-il.

Des préoccupations agricoles

Le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) Richelieu-Yamaska, Sylvain Joyal, espère que le nouveau député de Richelieu, Jean-Bernard Émond, démontrera une certaine sensibilité à la situation précaire des agriculteurs situés dans la baie Lavallière.

« Notre priorité est de sauver les agriculteurs de Sainte-Anne-de-Sorel. Jean-Bernard Émond est un gars de Sainte-Anne. J’imagine qu’il sera sensible à cet enjeu. […] On va le rencontrer dès qu’il sera disponible pour parler de nos enjeux. On veut le laisser connaître notre milieu », mentionne M. Joyal.

Une douzaine d’agriculteurs négocient actuellement avec le gouvernement concernant leurs terres inondées dans la baie Lavallière. Le gouvernement avait fait une offre d’achat aux agriculteurs. Ces derniers souhaitaient plutôt garder leurs terres pour y cultiver et obtenir des dédommagements pour les pertes de récolte causées par les inondations. Ils ont mandaté l’UPA pour les représenter. Aucune entente n’a été conclue à ce jour. L’UPA demande entre autres au gouvernement du Québec de nettoyer la rivière Pot-au-Beurre.

L’UPA a aussi développé le Comité de bassin versant de la rivière Pot-au-Beurre qui a pour objectif de sensibiliser et inciter les agriculteurs à adopter des pratiques en harmonie avec l’environnement. Cela permettrait de contribuer à la diminution de la sédimentation dans les cours et réduire ainsi les inondations sur les terres agricoles.

« On ne veut pas faire l’un sans l’autre. Avec cette initiative, on démontre qu’on fait des efforts et de notre bonne foi », assure M. Joyal.

Deux autres enjeux seront aussi discutés avec le nouveau député, dont le fardeau fiscal qui pèse sur les agriculteurs. Également, l’UPA s’inquiète du projet de prolongement de l’autoroute 30 promu par les différents intervenants politiques de la région.

« C’est certain que ça va passer sur des terres agricoles. Les producteurs agricoles occupent 86% du territoire de la MRC de Pierre-De Saurel. C’est dur de passer à côté des terres agricoles », souligne-t-il.

Menace d’abolition des commissions scolaires: Denis Rajotte accepte le changement

Même s’il est conscient des engagements de la Coalition Avenir Québec (CAQ) envers les institutions scolaires, le président de la Commission scolaire (CS) de Sorel-Tracy, Denis Rajotte, affirme vouloir travailler en collaboration avec le nouveau député dans Richelieu, Jean-Bernard Émond.

La CAQ s’est engagé à abolir les élections scolaires et les commissions scolaires qui seront transformées en centres de services. Le député Jean-Bernard Émond avait assuré, en débat électoral, qu’il n’y aurait aucune perte d’emploi.

« La CS est ouverte. On est prêt à collaborer. On connaît les intentions de la CAQ. Si on arrive à ce résultat, on va suivre le mouvement de bonne foi. Les élus scolaires ont un rôle d’équité en distribuant les ressources équitablement sur le territoire », affirme M. Rajotte.

« Ils veulent enlever les élus scolaires, mais je ne suis pas inquiet pour les écoles. Je ne crois que le gouvernement ait l’intention de tout chambouler les structures en place. Je n’ai jamais été contre le changement et les évolutions », conclut-il.

Le nouveau député devra s’attaquer à la mobilité, selon Gilles Salvas

Le nouveau député de Richelieu, Jean-Bernard Émond, devra se pencher sur la question du transport et de la circulation dans une vision régionale, selon le préfet de la MRC de Pierre-De Saurel et maire de Saint-Robert, Gilles Salvas.

« La plus grande problématique est l’engorgement de la route 132. On l’a mentionné, avec les autres maires, à plusieurs reprises depuis plusieurs années. Est-ce que le ministère peut mettre dans ses plans le prolongement de l’autoroute 30? », se questionne M. Salvas.

Il croit également que le projet de construction d’un pont reliant Sorel-Tracy à Lanoraie doit être analysé par le nouveau député et le nouveau gouvernement. « Le pont serait un plus pour le développement de la région. La MRC ne pouvait pas aider financièrement le projet, mais elle le soutient », ajoute-t-il.

Au niveau municipal, il compte insister afin que le ministère des Transports effectue la réfection complète du chemin Saint-Robert entre la route 132 et le village de Saint-Robert. Des travaux majeurs n’ont pas été réalisés depuis près de 15 ans.

« Le chemin s’est affaissé un peu et a craqué à de nombreux endroits. Le chemin a besoin d’être refait à neuf. On a besoin d’un investissement majeur », souligne M. Salvas.

Les syndicats ont des attentes élevées en santé

Les syndicats représentant les employés du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) Montérégie-Est s’attendent à ce que le nouveau député de Richelieu, Jean-Bernard Émond, s’attaque aux problématiques en santé en priorité, comme il l’a mentionné au moment de son élection.

Le vice-président Sorel-Tracy de la CSN, Éric Lalancette, croit qu’il faut d’abord instaurer une direction locale à Sorel-Tracy afin d’identifier les besoins et de s’assurer de garder les services dans la région.

Il ajoute qu’il est important de valoriser certains postes comme celui des préposées aux bénéficiaires. « Il n’y a pratiquement plus d’inscriptions dans le programme en centre de formation professionnelle. On se doit de donner de meilleures conditions de travail pour attirer de nouveaux employés et inciter les jeunes à choisir ce programme. Ce n’est pas facile d’être préposé aux bénéficiaires. Le salaire n’est pas énorme », observe-t-il.

De son côté, la représentante de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé (APTS), Fabienne Chabot, demande à ce que le nouveau gouvernement entame un virage significatif pour améliorer la qualité et l’accessibilité des soins et des services.

« Le nouveau gouvernement a plusieurs options pour y parvenir. La plus indiquée consiste à réinvestir massivement dans le réseau de la santé et des services sociaux. Après des années de difficiles compressions budgétaires, les professionnels et les techniciens du réseau ont en effet grand besoin d’une bouffée d’oxygène et de conditions améliorées pour pouvoir mieux faire leur travail et offrir de meilleurs services à la population. »

Elle croit que ce scénario est envisageable grâce aux surplus budgétaires annoncés par le gouvernement précédent. Elle revendique aussi d’accorder une plus grande place à l’expertise des techniciens et des professionnels au lieu de donner tous les pouvoirs aux médecins.

Le CISSS Montérégie-Est, qui gère les établissements de santé à Sorel-Tracy, s’est refusé à tout commentaire au sujet du rapatriement possible d’une direction locale avec l’élection d’un député caquiste dans la région.

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