12 juin 2018
Crise à Sainte-Victoire-de-Sorel
Le mécontentement force une restructuration du Service des loisirs
Par: Julie Lambert

Les membres du conseil sont revenus sur leur décision de diminuer le poste de technicien en loisirs de 35h à 14h en le remettant à temps plein. (Photo : Julie Lambert)

L'ancien technicien en loisir, Martin Doucet. (Photo: Gracieuseté)

En raison de l’insatisfaction des parents sur la gestion du camp de jour, la municipalité de Sainte-Victoire-de-Sorel a pris la décision de restructurer son Service des loisirs. Le changement du poste à temps partiel du technicien des loisirs en poste à temps plein n’a pas fait l’unanimité, surtout pour cet employé, Martin Doucet, qui parle d’un « congédiement déguisé ».

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La nouvelle directrice générale adjointe, Stéphanie Dumont, a expliqué lors de la séance extraordinaire du conseil municipal, le 7 juin, que la municipalité a pris la décision d’augmenter le poste de 14h à 28h par semaine pour répondre aux demandes des citoyens.

« À la séance publique de lundi dernier, il y a plusieurs parents qui se sont prononcés en étant insatisfaits de la situation aux loisirs. À l’interne, c’était déjà quelque chose que nous avions remarqué. J’ai rencontré le technicien au loisir actuel afin d’essayer d’émettre un plan d’action rapide pour restructurer le service afin de le rendre fonctionnel et conforme aux demandes des citoyens », a-t-elle dit.

Le maire Michel Aucoin a avoué que « le conseil municipal avait manqué son coup » en diminuant le nombre d’heures après la démission du dernier technicien en loisir en décembre 2017. Il croyait suffisant un poste de 14h par semaine alors qu’il était à temps plein à 35h par semaine auparavant.

Trois options ont été proposées. La première était d’accorder plus d’heures, mais fixes au bureau, au technicien actuel, Martin Doucet. La deuxième option était de garder le technicien à 14h par semaine et d’engager une ressource supplémentaire de 14h pour l’aider. La troisième option consistait à prendre une nouvelle personne à temps complet qui serait sur place du lundi au jeudi.

Le conseil a penché pour l’option trois, mais le vote a été demandé. Cinq conseillers ont voté pour et une conseillère, Hélène Éthier, contre parce qu’elle préférait la seconde option. Elle a expliqué au public le bon travail de l’actuel technicien en loisir et la possibilité de sauver des coûts avec une agente à temps partiel. Le conseil a toutefois adopté la troisième option, ce qui a mis fin au contrat de M. Doucet, dont la probation se terminait le 12 juin.

Une option non unanime

Dans la salle lors de la décision, M. Doucet était visiblement très mécontent de la décision du conseil. C’est lui qui a déposé le rapport sur le manque de sécurité dans le dossier du camp de jour (texte en page 4). Il est revenu à la fin de la séance remettre les clés de son bureau aux membres du conseil tout en soulignant que cela ne se terminerait pas de cette façon.

En entrevue avec le journal Les 2 Rives, il a affirmé qu’une plainte avait été déposée sur ce qu’il pense être un congédiement déguisé. « J’ai parlé à mon délégué syndical et on va porter plainte officiellement à la municipalité. Ils ne pouvaient pas faire cela et ils pourraient être obligés de me réintégrer ou de me donner une compensation », a-t-il réagi.

Le maire Aucoin a de son côté argumenté que le conseil était là pour prendre les décisions et que c’était le meilleur choix pour la municipalité.

« On a fait une erreur. On n’aurait pas dû diminuer les heures, on s’en rend compte maintenant. On n’a pas fait ça sauvagement. M. Doucet a été rencontré et il n’était pas disponible », a-t-il dit aux citoyens.

La directrice générale adjointe a abondé dans le même sens. « Il n’y a aucun reproche à faire. Nous ne remettons pas en doute les compétences de M. Doucet. C’est un problème de disponibilités. On lui a proposé le poste, mais il ne pouvait être disponible que le vendredi et les bureaux sont fermés. Avoir une autre personne, ce n’était pas une formule gagnante et le conseil voulait une personne qui gère ses dossiers de A à Z, disponible dans la semaine », a affirmé Stéphanie Dumont.

Incompréhension sur la décision

La dizaine de citoyens présents dans la salle lors de la réunion se sont dits inquiets à la suite de la décision de la municipalité, craignant le vide ainsi laissé par l’embauche d’une nouvelle personne en pleine période des camps de jour et du soccer.

Ils auraient préféré que la personne actuelle reste en place et ont questionné les membres du conseil sur la pertinence de ne pas accommoder le technicien actuel. Selon eux, la municipalité va perdre une expertise puisque la personne faisait bien son travail.

« Il n’y avait pas moyen d’organiser son horaire autrement?, a questionné une citoyenne. Moi, à mon travail, je peux organiser mon temps le soir ou de fin de semaine. Pourquoi le fait que la municipalité soit fermée le vendredi l’empêche de travailler cette journée-là? »

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