21 octobre 2016
Le groupe Citoyens et citoyennes engagé(e)s Sorel-Tracy se saborde
Par: Louise Grégoire-Racicot
Claude Himbeault s’est présenté plusieurs fois aux assemblées publiques du conseil municipal pour poser des questions. Les réponses reçues ne l’ont guère satisfait. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Claude Himbeault s’est présenté plusieurs fois aux assemblées publiques du conseil municipal pour poser des questions. Les réponses reçues ne l’ont guère satisfait. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Fin abrupte des activités du groupe Citoyens et citoyennes engagés Sorel-Tracy (CCEST), faute de combattants. Une décision prise depuis que son instigateur Claude Himbeault a renoncé à toute activité reliée à ce groupe et ce, six mois après sa formation.

:« Je suis désillusionné à la lumière dont les choses se passent. La gouvernance de cette Ville est malade », a dit l’homme qui est lui-même consultant formateur dans le monde municipal et professionnel.

« Nous nous étions donné comme objectif de contribuer à l’amélioration de notre qualité de vie pour ainsi mieux vivre ensemble, heureux, prospère et dans l’harmonie. Je ne voulais la tête de personne. Mais je ne suis pas un missionnaire non plus. Je pense que seul, on ne peut rien faire. »

Trois raisons motivent en grande partie la décision d’abolir le groupe, a spécifié un de ses membres dans un communiqué, Jocelyn Daneau: le retrait de M. Himbeault, l’absence de relève pour le remplacer et l’incapacité de susciter l’engagement citoyen dans la durée, au-delà de la prise initiale de parole au niveau privée.

Les deux hommes analysent la situation de la même façon.

« La Ville-centre néglige et freine souvent ses forces vives, en se basant sur une conception individualiste et archaïque du pouvoir démocratique », lit-on dans le communiqué de M. Daneau.

Les politiques ont mal évalué les intentions du groupe, poursuit M. Himbeault. « Trop de choses me déplaisent dans les façons de faire dont l’absence d’un plan stratégique de développement. Je crois à la démocratie et à la participation citoyenne. Les organismes se taisent par peur de déplaire ou de perdre leur subvention. Nos questions restent sans réponses. On note la non-implication des grands joueurs économiques. Même le conseil a refusé de nous rencontrer en privé, comme nous le demandions. Ce n’est pas le genre de gouvernance que je souhaite. »

Reste maintenant aux citoyens à dire que cela suffit, conclut-il.

Le maire réagit

Pour sa part, le maire Serge Péloquin se défend de ne pas tenir compte de l’avis de ses citoyens dans la gouverne de la Ville, comme le comité Citoyens et citoyennes engagés Sorel-Tracy (CCEST) le laisse sous-entendre.

« Les citoyens utilisent les courriels, les appels ou les textos pour entrer en contact avec nous. Ils n’ont pu avoir de tels contacts avant. Ils reçoivent des réponses à leur question », insiste-t-il.

« Ma porte est toujours ouverte aux citoyens. Je retourne tous mes appels et réponds aux courriels. Pour moi, il n’y a pas de petits ou de grands problèmes. Que des solutions. »

Si un dossier demande un consensus plus large, la Ville envoie une invitation aux gens du quartier concerné. « Souvent, nous la déposons dans leur boîte aux lettres, histoire de nous assurer qu’ils ont bien été rejoints. »

Ce fut le cas, énumère-t-il, pour l’Écomonde, des changements de zonage, des modifications sur le chemin Saint-Roch, etc.

Faire consensus

Des gens pensent qu’il n’y a pas de place à la table du conseil pour la divergence. « Mais ils ignorent que toutes les décisions se prennent par consensus. Et tant qu’une décision majoritaire ne ressort pas, la discussion se poursuit dans nos réunions de travail. »

Ainsi la Ville a adopté une façon plus moderne de travailler, utilisant largement les nouvelles technologies, résume-t-il.

Plusieurs plans

Le reproche que le CCEST lui fait concernant l’absence de plan stratégique le fait sursauter.

La Ville a défini plusieurs politiques et plans d’action dans différents domaines – main-d’œuvre, urbanisme, culture, familles, gestion des achats, de la dette et des contrats, intégration des personnes handicapées, zone industrialo-portuaire, énumère-t-il.

« L’agenda 21 est toujours intégré aux interventions : quai #2, infrastructures, diminution des gaz à effet de serre. La Ville respecte aussi le plan régional de la gestion des matières résiduelles. »

« Mais un plan n’est pas un gage de succès. Les situations évoluent. Il faut s’adapter aux nouvelles réalités tout en ayant toujours une vision globale de développement », conclut-il.

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