20 novembre 2018
Le député veut profiter de sa nomination pour avancer des dossiers locaux en éducation
Par: Sarah-Eve Charland

Le député Jean-Bernard Émond (Photo: Pascal Cournoyer)

Le député Jean-Bernard Émond (Photo: Pascal Cournoyer)

Le député de Richelieu, Jean-Bernard Émond, aura l’occasion de se pencher sérieusement sur plusieurs dossiers régionaux touchant le milieu de l’éducation grâce à son nouveau poste d’adjoint parlementaire. Terrain synthétique, formation professionnelle et surpopulation dans les écoles primaires sont des dossiers déjà en analyse.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a fait l’annonce de sa nomination le 7 novembre. M. Émond avait manifesté son désir de s’impliquer dans le dossier de la formation professionnelle, affirme-t-il. Il assistera le ministre Jean-François Roberge.

M. Émond a été enseignant en infographie pendant cinq ans en formation professionnelle. Il avait notamment participé à la refonte du programme.

« En tant qu’adjoint parlementaire, on supporte le ministre. […] Le ministère de l’Éducation est un gros ministère. Je vais l’appuyer [Jean-François Roberge] pour ce qui est de la formation professionnelle et le développement de la main-d’œuvre. C’est quelque chose qui m’interpelle beaucoup. »

Pour le député, l’avenir de la région passe par la jeunesse. C’est pourquoi il s’était notamment engagé, lors de la campagne électorale, à travailler à l’implantation d’une surface de jeu synthétique sur le territoire de Sorel-Tracy.

« La Ville a déjà déposé un projet pour une demande d’aide financière au gouvernement. Le projet avait été refusé avec le gouvernement précédent. Avec le maire, on va regarder ce qui n’a pas fonctionné. C’est un dossier qui relève du ministère de l’Éducation. C’est bien entendu que je vais parler avec mon collègue et la ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest. Je connais très bien les personnes qui gravitent au ministère de l’Éducation », assure-t-il.

M. Émond a aussi rencontré le président de la Commission scolaire (CS) de Sorel-Tracy, Denis Rajotte, pour discuter des différentes problématiques dans les écoles primaires. Notamment, l’école Saint-Gabriel-Lalemant est surpeuplée à un point où la CS a dû louer des classes modulaires pour y loger des élèves. Elle a demandé à deux reprises une aide financière pour mettre aux normes l’école Saint-Viateur pour que certains élèves de Saint-Gabriel y étudient. Du côté de Yamaska, la CS a demandé à trois reprises de rapatrier les élèves dans un même bâtiment par mesure de sécurité.

« J’en ai discuté d’une manière informelle avec M. Rajotte. Je vais rencontrer les gens de la CS dans les prochaines semaines pour voir pourquoi leurs demandes ont été refusées. Est-ce qu’il y en a des nouvelles? Je vais agir comme courroie de transmission. C’est un autre dossier qui relève du ministère de l’Éducation. C’est quelque chose qui ne devrait pas trainer au niveau de la gestion des dossiers. Je ne peux pas m’avancer tout de suite à savoir s’il y aura un déroulement heureux », mentionne le député.

En collaboration avec la ministre Charest, il espère augmenter le nombre de spécialistes à la CS pour aider les enfants ayant des difficultés et augmenter les budgets pour les activités parascolaires, conclut-il.

Les premiers 100 jours en douceur

Maintenant que son équipe est en place et fonctionnelle, le député de Richelieu, Jean-Bernard Émond, peut maintenant se pencher sur les dossiers de sa circonscription et sur ses engagements électoraux.

« Ce que le premier ministre a mentionné, c’est qu’on va prendre le temps de faire les choses correctement. On ne veut pas rien bousculer. […] Les Québécois ont lancé un message clair particulièrement ici dans Richelieu. C’était au-delà de nos espérances. Maintenant, avec de grands résultats viennent de grandes attentes. Dans les 100 premiers jours, ce que je désire faire, c’est de mettre l’équipe en place et de faire cheminer les dossiers dont je m’étais engagé », souligne M. Émond.

Il assure que la majorité de ses actions toucheront la jeunesse. « Dans chacune de mes actions, il y aura toujours en tête cette priorité, la jeunesse. Les jeunes sont un véritable diamant qu’il faut polir. Il faut faire en sorte qu’ils puissent de développer à leur plein potentiel. »

Des engagements déjà amorcés en santé

Le député de Richelieu, Jean-Bernard Émond, ne perd pas de vue ses engagements annoncés lors de sa campagne électorale en lien avec la décentralisation du système de la santé.

Il a tout d’abord rencontré la présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) Montérégie-Est, Louise Potvin, il y a deux semaines.

« La rencontre s’est très bien déroulée. La ministre de la Santé, Danielle McCann, propose d’effectuer une décentralisation, mais surtout de ramener de l’humanité et de l’empathie dans tout le réseau. […] On n’ira pas rejouer dans les structures. […] Ce qui nous intéresse, ce sont les humains et les gens qui y travaillent », affirme-t-il.

La nature des changements est sur la planche à dessin. L’objectif, espère-t-il, sera d’améliorer les conditions de travail, mais aussi de redorer le blason des métiers en santé. Il a aussi remarqué une baisse d’admission dans les programmes de Soins infirmiers dans la région.

Une infirmière auxiliaire de l’Hôtel-Dieu de Sorel avait dénoncé sur les réseaux sociaux avoir été suspendue pour avoir refusé d’entrer travailler après son quart de travail en temps supplémentaire obligatoire (TSO), en février. La ministre McCann a manifesté son intérêt d’abolir le TSO.

« Dans les conversations que j’ai eues avec la ministre, notre volonté est d’amener de l’empathie et de l’humanité dans le réseau de la santé. Avec le temps supplémentaire obligatoire, le mot empathie ne fonctionne pas. C’est aux antipodes. Une infirmière de Sorel-Tracy avait dénoncé ça et avec raison. C’est inhumain d’agir de la sorte », dit-il.

Il a aussi rappelé son engagement de s’assurer de l’adoption d’une politique nationale afin d’aider et de soutenir les aidants naturels.

Jean-Bernard Émond ne sera pas le porte-étendard du pont

Surpris d’apprendre la dissolution du regroupement de gens d’affaires qui faisait la promotion d’un projet de pont reliant Sorel-Tracy à Lanoraie, le député de Richelieu, Jean-Bernard Émond, ne fera pas la promotion de ce projet privé.

« Le comité avait sa place. J’aurais préféré qu’il continue. Les citoyens doivent et ont raison de s’impliquer. Maintenant, me faire remettre le dossier du pont, un député ne peut pas faire la promotion d’un projet privé. Il y a une notion de lobbying qui entre en compte », affirme-t-il.

Le Regroupement de citoyens et de citoyennes pour la construction d’un pont entre Sorel-Tracy et Lanoraie à l’horizon 2028 (Pont STL-2028) a mis fin à ses activités quelques jours après l’élection du 1er octobre. Dans un communiqué, il a dit vouloir passer le flambeau au nouveau député élu.

M. Émond veut qu’une étude soit réalisée par le ministère des Transports du Québec au sujet de la mobilité dans la région. C’est dans cette étude que le projet de pont sera analysé.

« J’ai déjà amorcé les étapes pour la mise en place de l’analyse complète des enjeux reliés au réseau routier et à la mobilité. Je suis en contact avec le maire de la ville-centre et des gens de la MRC de Pierre-De Saurel. L’étude inclura, entre autres, le prolongement de l’autoroute 30, le pont et le transport avec les ruralités. On va regarder tout ça. C’est ce qu’avaient demandé Sorel-Tracy et la MRC. C’était resté sur la glace en raison des élections », conclut-il.

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