17 octobre 2019
L'organisme fête son 20e anniversaire
Le CTTÉI a le vent dans les voiles
Par: Jean-Philippe Morin

Le CTTÉI a fêté ses 20 ans d'existence avec ses employés et plusieurs partenaires lors d'un 5 à 7 au Cabaret Les Années folles, le 19 septembre. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Le Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTÉI), qui fête son 20e anniversaire, affiche un chiffre d’affaires de 2,2 M$ pour la dernière année financière, ce qui représente une augmentation de 38 % comparativement à la dernière année.

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Depuis trois ans, le chiffre d’affaires de l’organisme sorelois, situé au 3025, boul. de Tracy, a doublé. Selon Claude Maheux-Picard, directrice générale depuis un an et demi mais à l’emploi du CTTÉI depuis 14 ans, l’équipe en place contribue au succès de l’organisation.

« On a acquis beaucoup de maturité, surtout que l’équipe est sensiblement la même depuis 15 ans, même si on a agrandi dans les dernières années. On sait comment aller chercher du financement et créer un effet de levier pour les entreprises, qui paient par exemple 20 % de la facture, alors que le reste vient de programmes fédéraux », souligne-t-elle.

« On parle beaucoup de l’environnement ces temps-ci de façon négative, mais on est à même de constater que beaucoup de choses positives se font de ce côté, ajoute-t-elle. Notre objectif, c’est de détourner des matières des sites d’enfouissement en travaillant sur les résidus des entreprises, en allant chercher la valeur ajoutée de ces matières. »

Malgré tout, des défis subsistent pour faire connaître le CTTÉI. « On est méconnus, avoue Claude Maheux-Picard. On est un secret bien gardé. […] On est plus visibles sur les médias sociaux, on participe à beaucoup de conférences, de colloques et de congrès pour montrer ce qu’on fait. Les gens viennent de plus en plus vers nous, on ne fait plus autant de démarchage que les années passées. Prendre soin de l’environnement est de plus en plus une priorité pour les entreprises, qui font appel à nous pour les aider. »

Avec les cinq embauches dans la dernière année, l’équipe compte maintenant 15 employés, en plus de cinq professeurs-chercheurs qui travaillent au Cégep de Sorel-Tracy.

Exemples concrets

Une centaine de projets ont été réalisés par le CTTÉI l’an dernier pour autant de clients. Parmi ceux-ci, environ 10 % proviennent de la région.

Par exemple, Rio Tinto Fer et Titane a investi pour installer un équipement permettant de capter le SO2 de ses émissions afin de moins polluer l’atmosphère. L’entreprise a fait appel au CTTÉI, qui a trouvé une solution pour valoriser le sous-produit riche en soufre issu de cet équipement afin qu’il soit transformé en nutrichaulant, un produit utilisé dans les fermes et recommandé pour les sols acides en raison de son action rapide sur le pH. Ce produit appelé Catalis, fabriqué par Agro-100, est commercialisé depuis près de deux ans.

Autre exemple? Des surplus de peinture latex, qui sont récupérés via les quincailleries, sont maintenant commercialisés par Laurentide Re/Source en tant qu’adjuvant pour béton, maintenant utilisé pour faire des trottoirs. L’ajout de latex au béton permet d’améliorer sa résistance aux cycles de gel/dégel et aux sels de voirie. La formule a été testée devant la bâtisse du CTTÉI, où une allée piétonnière a été coulée.

Symbiose industrielle

Des clients de partout au Québec font appel au CTTÉI pour le déploiement de projets de symbioses industrielles, même à l’île de la Réunion, située près du Madagascar. Parmi la centaine de projets réalisés l’an dernier, une vingtaine l’ont été en symbiose industrielle. Que représente cette appellation pour laquelle l’entreprise soreloise a une réputation internationale?

« Par exemple, on prend toutes les entreprises dans un parc industriel qui y génèrent des résidus et on regarde comment on peut intensifier l’utilisation des ressources ou résidus sur un petit territoire. Parfois, ça coûte cher à une entreprise de se départir de matières, mais pas quand plusieurs le font ensemble. Par exemple, des palettes de bois peuvent être reconditionnées », décrit Mme Maheux-Picard.

Dans la dernière année, deux projets majeurs ont aussi contribué à mettre l’entreprise sur la mappe, soit l’obtention d’une chaire de recherche sur l’écologie industrielle et territoriale (notamment sur les projets de symbioses industrielles) ainsi que d’un financement pour la construction d’une plateforme de pointe pour les technologies propres.

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