11 août 2021
Chauves-souris au CHSLD Élisabeth-Lafrance
Le CISSS de la Montérégie-Est assure prendre tous les moyens pour limiter leur présence
Par: Alexandre Brouillard

Le CHSLD Élisabeth-Lafrance, situé au 151, rue George, à Sorel-Tracy, est aux prises avec des chauves-souris depuis plusieurs années. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Alors que des employés du CHSLD Élisabeth-Lafrance à Sorel-Tracy rapportent la présence de chauves-souris, et ce, depuis plusieurs années, le CISSS de la Montérégie-Est assure prendre tous les moyens nécessaires afin de limiter l’accès de celles-ci au centre d’hébergement.

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« Nous comprenons que la situation puisse déranger les résidents et les employés, c’est pourquoi plusieurs actions sont mises en place pour en minimiser les impacts », explique la conseillère en communication numérique au Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Est (CISSSME), Catherine Domingue.

La direction du CISSSME informe que, depuis juillet 2019, 30 chauves-souris ont été capturées, dont huit en 2020 et cinq en 2021.

Pour protéger les résidents et les employés, le CISSSME affirme poursuivre les démarches afin de comprendre la provenance des chauves-souris dans le centre d’hébergement. De plus, une vigie constante est effectuée pour déterminer le lieu d’entrée des bêtes.

« Un contrôle de l’intégrité externe du bâtiment (fenêtres, portes, moustiquaires et corniches) est fait en continu pour corriger toute anomalie qui permettrait une infiltration de chauves-souris », précise Mme Domingue.

Un problème récurrent

Néanmoins, le problème semble récurrent au CHSLD Élisabeth-Lafrance. « Ça ne date pas d’hier et ce n’est pas une situation normale, surtout de façon récurrente. Que ce soit une ou dix, il ne doit pas avoir la présence de chauves-souris dans un CHSLD. Les employés ont d’autres choses à faire que de chasser des chauves-souris », mentionne le président du syndicat CSN de la Montérégie-Est, Daniel Laroche, qui représente les préposés aux bénéficiaires.

« En 2019, en tant qu’étudiante, j’ai vu des chauves-souris lorsque je faisais un stage à ce centre d’hébergement. Les employés qui travaillaient sur le plancher en voyaient régulièrement aussi », explique une ancienne stagiaire qui a préféré conserver l’anonymat.

Tout en déplorant la lenteur du processus pour régler la situation du côté du CISSSME, M. Laroche souligne que plusieurs employés sont effrayés par la présence de ce mammifère. « Certains employés refusent d’entrer dans des chambres ou dans d’autres locaux où il y a eu des chauves-souris par le passé. Ça crée de l’anxiété », souligne-t-il.

« Au centre, il y a beaucoup de gens avec des problèmes cognitifs qui me confiaient voir des choses la nuit, ajoute l’ancienne stagiaire de la résidence. Nous n’étions pas certains s’ils racontaient la vérité ou s’ils hallucinaient. Plus tard, après discussion avec d’autres employés, on a constaté que ce n’était pas des hallucinations, mais bel et bien des chauves-souris. »

Par ailleurs, une autre ancienne employée du CHSLD Élisabeth-Lafrance assure avoir déjà chassé des chauves-souris à l’aide d’un filet. « J’en ai aperçu à quelques reprises et je dirais que pas mal tous les employés aussi », déplore-t-elle.

Vers une solution permanente

Catherine Domingue spécifie que le CISSSME possède un protocole rigoureux avec l’équipe de prévention et contrôle des infections. « Les équipes peuvent appeler l’exterminateur 24/7 pour la capture et la libération. Elles doivent également compléter une documentation et un rapport pour chacune des captures, qui sont validés et analysés par l’équipe de prévention et contrôle des infections », spécifie-t-elle.

Malgré les mesures adoptées par le CISSSME, M. Laroche veut voir la mise en place d’une solution permanente. « S’il y a un problème d’entretien parce qu’il n’y a pas assez d’argent de la part de Québec, il faudrait peut-être que le gouvernement investisse davantage dans l’entretien de ses bâtiments […] Ensuite, il faut une solution permanente du côté du CISSSME pour définitivement régler le problème », conclut Daniel Laroche, visiblement exaspéré par la situation.

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