17 septembre 2018
Le CAVAC essentiel plus de jamais
Par: Sarah-Eve Charland

La directrice générale du CAVAC de la Montérégie, Catherine Cartier (Photo : Gracieuseté)

Les victimes d’actes criminels sont de plus en plus crues, constate le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) de la Montérégie après 30 ans en fonction. Leurs services demeurent essentiels plus que jamais.

Même si le nombre de personnes qui font appel à l’organisme demeure assez stable à Sorel-Tracy, les services sont de plus en plus connus. Dans la dernière année, 685 personnes se sont présentées au CAVAC pour demander de l’aide. Le CAVAC informe les victimes sur leurs droits et les accompagne dans le processus judiciaire qui peut s’avérer complexe pour les non-initiés.

Les services du CAVAC ont évolué au cours des années. Il y a maintenant des intervenants dans l’ensemble des palais de justice en Montérégie, dont deux à Sorel-Tracy. Les intervenants ont mis en place différents moyens pour rejoindre l’ensemble des victimes liées à des crimes dénoncés devant les tribunaux.

Depuis plus d’un an, un mouvement de dénonciations de crimes sexuels a été médiatisé au Québec et sur la scène internationale. Les victimes ont plus de facilité à demander de l’aide, assure la directrice générale en Montérégie, Catherine Cartier. Les intervenantes à Sorel-Tracy croient que ce mouvement a eu un impact positif dans la région. Toutefois, il est difficile de mesurer les impacts directs puisque les intervenants en place ne travaillaient pas dans la région au début du mouvement.

« C’est dans l’air du temps. Les victimes se sentent plus écoutées. Avant, on mettait plus d’emphase sur l’accusé, mais on oubliait qu’il y avait aussi les victimes », affirme-t-elle.

Elle ajoute qu’il n’est pas nécessaire de porter plainte pour obtenir des services du CAVAC même si 91,5% des victimes ayant utilisé les services dans la dernière année ont choisi le chemin judiciaire à Sorel-Tracy.

« L’important, c’est de briser le silence. Certaines personnes veulent simplement parler à un professionnel plutôt qu’en parler à leur famille. Ça fait du bien de nommer ce qu’on vit. Ce n’est pas tout le monde qui va au même rythme. Ça ne peut pas faire autrement qu’aider », croit-elle.

« Un mois après les événements tragiques, il est normal de vivre un certain stress. Si ce n’est pas pris à temps, il peut y avoir des conséquences à long terme », ajoute-t-elle.

Statistiques sur les utilisateurs du CAVAC à Sorel-Tracy

Près de 31% sont des victimes de voies de fait

Près de 18% sont des victimes de menaces

Près de 16% sont des victimes de crimes à caractère sexuel

Près de 70 % sont des femmes

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