26 juin 2020
Le Biophare passe le cap du quart de siècle
Par: Katy Desrosiers

Le Biophare, connu auparavant sous le nom de Centre d’interprétation du patrimoine de Sorel, a ouvert ses portes en avril 1995. Photothèque | Les 2 Rives ©

Marc Mineau a été directeur général de l’institution muséale entre 1992 et 2019. Photothèque | Les 2 Rives ©

En temps normal, des centaines de jeunes visitent le Biophare chaque année avec leur école. Photo Simon Ménard

En temps normal, des centaines de jeunes visitent le Biophare chaque année avec leur école. Photo Simon Ménard

La randonnée nature dans les Îles de Sorel ne pourra avoir lieu cet été. Photo Philippe Manning

Le Biophare fête cette année ses 25 ans. Bien que les activités prévues pour célébrer cette étape seront différentes en raison de la pandémie, l’équipe du musée espère que la population soreloise profitera de l’été pour s’approprier le lieu.

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Le Centre d’interprétation du patrimoine de Sorel, connu sous le nom Biophare depuis 2006, a ouvert ses portes le 13 avril 1995.

Celui qui a été le premier directeur et qui a occupé cette fonction jusqu’en 2019, Marc Mineau, explique que l’idée est venue d’Odette Auger qui voulait créer un écomusée en plein air dans les Îles de Sorel.

Avec le temps, le projet s’est transformé. La Ville de Tracy a travaillé avec elle et un bâtiment devait être construit au parc Maisouna. Des centaines de citoyens se sont opposés et le projet a été abandonné.

En 1992, à l’occasion du 350e anniversaire de la Ville de Sorel, le maire Marcel Gauthier l’a repris. Entre 1992 et 1995, la première exposition permanente Un pays entre terre et eau a été créée. L’inauguration officielle s’est déroulée le 24 juin 1995, en même temps que celle du parc Regard-sur-le-Fleuve.

Quelques années plus tard, en 2000, le lac Saint-Pierre a été reconnu comme une réserve de la biosphère de l’UNESCO. Ce qui a apporté une plus grande notoriété à la région et qui a aidé avec le renouvellement de l’exposition permanente.

Une expertise marquée en création

La première exposition a été réalisée par une firme spécialisée. Pour les suivantes, dont l’exposition L’observatoire du lac Saint-Pierre, il était important pour l’équipe de les réaliser majoritairement à l’interne. Avec les années, une expertise en réalisation d’expositions virtuelles a aussi été développée.

« On en a six ou sept. On est une des rares institutions muséales qui est allée chercher régulièrement des subventions auprès de Musée virtuel du Canada pour en produire », souligne Marc Mineau.

La directrice actuelle du Biophare, Anne-Marie Dulude, a commencé sa carrière à l’institution il y a une vingtaine d’années. Elle soutient qu’avec le temps, le musée a gagné en renommée. « On est reconnu pour la qualité des expositions, l’animation et la justesse des informations transmises. […] On est rendu à notre troisième exposition permanente et notre deuxième exposition itinérante », ajoute-t-elle.

L’attraction de la clientèle

Un des défis du Biophare a toujours été d’attirer la clientèle locale, puisque la majorité des visiteurs proviennent de l’extérieur.

« La difficulté qu’on avait et qu’on a encore un peu, c’est de faire comprendre aux gens que ce dont on parle, c’est probablement plus riche que ce qu’ils connaissent déjà de la région », relate Marc Mineau.

Le milieu muséal a toujours reconnu le Biophare. Le gouvernement a démontré sa confiance en octroyant les plus hautes subventions disponibles pour différents projets.

L’engouement est aussi là pour les groupes scolaires. Chaque année, depuis le début des années 2000, des centaines d’élèves visitent l’installation.

Un 25e anniversaire bien particulier

Pour marquer le coup du 25e anniversaire, le Biophare devait dévoiler sa nouvelle exposition itinérante La nature du Saint-Laurent. Cependant, le dévoilement a dû être repoussé de quelques semaines. « Ce qui est un peu choquant, c’est qu’il devait se passer plein de trucs importants en même temps. Stratégies Saint-Laurent devait faire une activité, un bateau devait accoster ici. Mais comme tous ces grands rassemblements-là, c’est impossible, on va essayer de la faire connaître autrement », précise Mme Dulude.

L’équipe a aussi travaillé dans les dernières années sur le renouvellement de l’exposition permanente. Lors du dernier appel de projets du ministère de la Culture et des Communications, le projet n’a pas été accepté puisque le ministère considérait que l’exposition était toujours pertinente. Marc Mineau croit qu’après 10 ans, elle doit être actualisée en intégrant les nouvelles technologies. Le projet pourra être représenté lors du prochain appel de projets.

Un été différent pour le Biophare

Avec l’arrivée de la COVID-19, le Biophare a dû fermer ses portes pendant quelques semaines et repenser ses activités estivales. Les randonnées nature en bateau ne pourront avoir lieu, mais les camps de jour feront leur retour.

La directrice, Anne-Marie Dulude, a dû faire une croix, avec regret, sur les randonnées dans les Îles de Sorel.

« Ça m’a brisé le cœur, mais on n’a pas le choix. Le deux mètres de distance entre les passagers, c’est impossible. C’est triste, mais on va se reprendre en 2021 », souligne-t-elle.

Pour les camps de jour, ils seront axés sur l’histoire, l’archéologie et les sciences naturelles. Les enfants pourront profiter de la salle d’animation qui a été refaite et du parc Regard sur le fleuve.

« Ça fait deux ans qu’on ne fait pas de camps de jour parce qu’on a toujours des gros groupes d’autobus qui débarquent et des visites organisées. Ça nous prenait du temps. On avait les randonnées nature aussi. En n’ayant pas ça, on va mettre nos énergies ailleurs. On va refaire notre site Internet et faire connaître ce qu’on a déjà », explique Mme Dulude.

En effet, la directrice souhaite prendre le temps de moderniser le site Internet de l’institution muséale. Elle désire aussi profiter de cette période plus calme pour mettre de l’avant ce que le musée a déjà à offrir, comme les expositions permanentes, mais aussi les expositions itinérantes qui peuvent être louées par les autres musées.

« En 25 ans, on a fait beaucoup, beaucoup de choses. Reste que quand tu mets ton énergie à réaliser des projets, tu en as moins pour te faire connaître », avoue-t-elle.

La directrice aimerait également être en mesure d’offrir prochainement des ateliers pour les adultes.

« On va travailler fort, assure-t-elle. On va essayer de faire preuve d’imagination, de peut-être développer autre chose. Au lieu de focusser sur le négatif, on va se dire « Qu’est-ce qu’on n’a jamais fait et qu’on pourrait faire? » On va saisir cette occasion-là et la tourner à notre avantage. »

Amener le musée à l’extérieur

Cet été, l’équipe du Biophare compte offrir de l’animation extérieure au parc Regard-sur-le-Fleuve.

« On va essayer d’animer le parc pour qu’on sorte du musée un peu et qu’on aille rejoindre les gens. On va faire des animations variées et éventuellement les amener au musée. Il y a quand même pas mal de monde qui circule dans le parc, c’est un bel emplacement et on a une vue extraordinaire sur le Saint-Laurent », mentionne Mme Dulude.

Depuis le 8 juin, le Biophare a rouvert ses portes. La plupart des groupes qui devaient venir cet été viendront plutôt l’an prochain. De l’animation se fait toujours dans le musée et les gens peuvent visiter l’exposition permanente L’observatoire du lac Saint-Pierre, l’exposition L’appel du large et l’exposition photo de Marc Ross. Plusieurs expositions virtuelles sont aussi disponibles sur le site Internet du Biophare.

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