20 avril 2015
Le Biophare déplore l’iniquité dans le financement des musées
Par: Sarah-Eve Charland
(Photo: TC Média – Sarah-Eve Charland) | Le directeur général du Biophare et porte-parole montérégien de la coalition des musées reconnus-non soutenus en Montérégie, Marc Mineau.

(Photo: TC Média – Sarah-Eve Charland) | Le directeur général du Biophare et porte-parole montérégien de la coalition des musées reconnus-non soutenus en Montérégie, Marc Mineau.

SOREL-TRACY – En situation précaire depuis plusieurs années, le Biophare ne peut recevoir de subvention de fonctionnement. Le directeur général du Biophare, Marc Mineau, déplore l’iniquité de la distribution des subventions pour les musées du Québec.

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Le Biophare fait partie de la coalition des musées reconnus-non soutenus. Cette dernière regroupe ceux qui sont reconnus au niveau du ministère de la Culture et des Communications, mais qui ne sont pas soutenus financièrement.

Ce qui veut dire que ces institutions peuvent avoir accès à des programmes de subvention pour des projets précis, mais pas à des subventions récurrentes de fonctionnement.

Le gouvernement a renouvelé le Programme d’aide au fonctionnement pour les institutions muséales (PAFIM) le 1er avril dernier. Toutefois, aucun musée n’a été ajouté au registre des institutions soutenues.

« Depuis des années, il n’y a pas eu de nouvelles institutions muséales soutenues. C’est inéquitable. On demande une réévaluation nationale du programme et de soutenir les musées qui en ont le mérite », affirme M. Mineau, qui est porte-parole de cinq musées en Montérégie, dont le Biophare.

Au Québec, on compte environ 450 musées. De ce nombre, 120 sont soutenus par le gouvernement du Québec et une soixantaine sont reconnus, mais non soutenus.

Survivre grâce à des projets

Depuis plusieurs années, le Biophare se situe dans une situation précaire. Il réussit à survivre grâce à la mise en place de nouveaux projets tous les ans.

« On a réussi à surmonter le manque de subventions en créant des projets. Quand on a fini un projet, on n’a pas plus d’argent. Si on est sept ou huit mois sans projet, on est fait », déplore le directeur général.

Le projet d’exposition itinérante sur la vie de Germaine Guèvremont a pu voir le jour grâce à une subvention de Patrimoine Canada. « C’est ce qui m’a permis de travailler. Le musée est fragile. C’est un handicap sérieux qui fragilise le réseau des musées. »

Parmi les membres de la Coalition, trois sont en péril et envisagent de mettre la clé dans la porte, neuf sont menacés et 14 se retrouvent dans une situation financière préoccupante.

Refonte du programme

La porte-parole du ministère de la Culture et des Communications, Annie Legruiec, mentionne que 2015 est une année de transition. Un nouveau programme complètement réformé sera présenté l’année prochaine.

Pour le moment, le ministère a ouvert le programme transitoire d’Aide au fonctionnement pour les institutions muséales qui soutiendront celles qui l’étaient déjà en 2014-2015. Le budget de 17 M$ est renouvelé cette année.

« Il n’y a pas eu de nouveau musée parce qu’il n’y a pas eu de nouvel argent dans l’enveloppe. Le recensement ne se fait pas tous les ans », explique Mme Legruiec.

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