1 mars 2017
L’Association de chasse et pêche de Contrecœur craint sa fermeture
Par: Sarah-Eve Charland
L’Association de chasse et pêche de Contrecœur pourrait être mise en péril. | Gracieuseté

L’Association de chasse et pêche de Contrecœur pourrait être mise en péril. | Gracieuseté

Alors que l’Association de chasse et pêche de Contrecœur en redoutait les impacts, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP) a annoncé que l’interdiction d’utiliser les poissons-appâts sera effective dès le 1er avril.

« C’est une nouvelle désastreuse. C’est fait de mauvaise foi de la part du ministère. Il frappe un grand coup à la fin d’une saison désastreuse de pêche sur la glace » affirme le trésorier de l’Association, David Joly.

L’hiver 2017 a été la plus courte saison jamais enregistrée par l’Association, souligne M. Joly. « On regarde nos livres et on se demande si on va survivre. On a vécu deux saisons désastreuses coup sur coup. Il va falloir qu’on se pose de grandes questions », s’inquiète-t-il.

Le ministère a annoncé l’interdiction d’utiliser les menés pour la pêche sportive lors d’une conférence de presse le 1er mars. Il a pris cette décision afin de limiter la propagation d’espèces envahissantes, comme la carpe de roseau détectée dans le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Contrecœur en mai 2016.

Certains pêcheurs sportifs attachent à leur hameçon un poisson de petite taille, souvent appelés « menés », afin d’attirer l’espèce convoitée. Les poissons appâts sont principalement utilisés pour la pêche à la brimbale, soit la principale activité préconisée par les membres de l’Association.

« Il n’y a plus vraiment d’intérêt pour la pêche sur glace à Contrecœur. On croit qu’on va perdre beaucoup de membres. On risque d’atteindre un chiffre qui nous obligera à fermer nos livres », craint M. Joly.

L’Association de chasse et pêche de Contrecœur, en collaboration avec des distributeurs de menés, a mis sur pied une pétition demandant le statu quo. Toutefois, l’Association n’a pas eu le temps de déposer la pétition à l’Assemblée nationale.

« On va continuer d’inciter les gens à signer la pétition. C’est la seule munition qu’on a pour essayer de faire changer les choses », croit M. Joly.

Les poissons appâts un risque selon le ministère

« Cette décision s’appuie sur le fait que le commerce de poissons appâts et leur utilisation pour la pêche sportive sont reconnus formellement comme des vecteurs de propagation de pathogènes et d’espèces aquatiques envahissantes », a expliqué la sous-ministre associée à la Faune et des Parcs, Mme Julie Grignon.

Elle ajoute que la propagation de la carpe de roseau « pourrait entraîner des pertes en milliards de dollars sur l’industrie de la pêche sportive en raison des impacts négatifs sur les écosystèmes. Nous avons le devoir d’agir de manière proactive et responsable afin de lutter contre cette sérieuse menace », conclut-elle.

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