20 avril 2016
L’animalerie Dalton à nouveau au cœur d’une controverse
Par: Julie Lambert
La propriétaire de l’animalerie Dalton, Line Blais, affirme que toutes les précautions sont prises concernant l’infection de Parvovirus dont a été victime son commerce en mars. | Photo: TC Média – Julie Lambert

La propriétaire de l’animalerie Dalton, Line Blais, affirme que toutes les précautions sont prises concernant l’infection de Parvovirus dont a été victime son commerce en mars. | Photo: TC Média – Julie Lambert

Pour la deuxième fois en deux ans, l’animalerie Dalton fait l’objet d’une controverse sur les réseaux sociaux. Les internautes reprochent à la propriétaire, Line Blais, la mort de deux animaux à la suite de la propagation du Parvovirus dans ses installations en mars dernier. Mme Blais se défend d’avoir toujours eu à cœur le bien-être des animaux sous sa garde et croit faire l’objet d’une nouvelle campagne de salissage.

Le groupe d’intervention protection animaux de compagnie Québec (GIPAC-Q) a publié sur sa page Facebook, le 7 avril dernier, un avis d’avertissement concernant l’animalerie Dalton de Sorel-Tracy. On pouvait y lire que deux de ses chiots sont décédés du Parvovirus, un le 10 mars et un autre le 3 avril.

« Il y a présentement un chiot qui devrait être en quarantaine, mais comme l’animalerie ne dispose pas de pièces d’isolation, le chiot est dans la même pièce que les autres chiens. Le MAPAQ [NDLR : ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec] y est allé en mars et le dossier est toujours ouvert. »

Mauvaise presse

Rencontrée à ce sujet par le Journal, la propriétaire Lina Blais a confirmé la mort de deux de ses pensionnaires et l’infection dont a été victime son animalerie.

Les deux chiens, un teckel et un carlin, sont décédés à la fin du mois de mars. Un chihuahua, également infecté, a été guéri grâce à des soins.

La propriétaire était en vacances à l’étranger et à son retour, elle a constaté la situation et a amené les animaux chez son vétérinaire.

L’ex-employé sur place n’aurait pas détecté les signes de détresse des animaux (perte d’appétit, des vomissements et des diarrhées), affirme Mme Blais.

« On a un tableau où chacun des employés doit faire le tour des cages chaque deux heures afin de s’assurer de la santé des animaux. Pendant mon absence, il y a eu un certain relâchement. Mes animaux étaient vaccinés, mais malheureusement, cela ne garantit pas qu’ils soient immunisés, et ce, malgré toutes nos précautions », assure-t-elle.

Pour Mme Blais, c’est la deuxième fois que la réputation de son animalerie est mise à mal. Elle avait été victime de propos virulents à la suite d’un message anonyme publié sur la page Facebook Spotted Sorel-Tracy en 2015 où on l’accusait de garder une chienne à l’arrière de l’animalerie pour faire de la reproduction et qu’il s’agissait d’une usine à chiots.

Selon la propriétaire, toutes les enquêtes au MAPAQ sont bel et bien closes. Toutes les mesures requises ont été mises en place. Les inspecteurs ne lui ont jamais remis de constats parce qu’il n’y avait rien qui ne répondait pas aux règlements, affirme-t-elle.

« Depuis mon ouverture il y a deux ans et demi, j’ai fait l’objet de plusieurs plaintes, provenant surtout d’anciens employés. J’ai lâché le milieu municipal pour me consacrer à ma passion envers les animaux. J’y crois et j’ai mis tout mon argent dans cette affaire. Tout ce que je fais, je le fais de manière honnête et dans l’intérêt des animaux », conclut-elle.

Un dossier vierge, selon le MAPAQ

Depuis son ouverture en 2014, l’Animalerie Dalton a fait l’objet de plusieurs plaintes, mais n’a reçu aucune condamnation après des inspections du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

S’il n’est pas possible d’obtenir le nombre de plaintes ni le nombre d’inspections dont a fait l’objet l’animalerie Dalton, on ne retrouve sur le site Internet du MAPAQ aucune condamnation en lien avec le bien-être et la santé animale.

Sans vouloir commenter la situation de l’animalerie située aux Promenades de Sorel, le porte-parole du ministère, Yohan Dallaire-Boily, explique qu’à la suite d’une plainte d’un citoyen, un suivi est toujours effectué par l’équipe d’inspecteurs, peu importe la nature de la plainte ou son degré de gravité.

« Il y a plusieurs gradations au niveau de la plainte. Plusieurs étapes doivent être suivies. L’inspecteur va tout d’abord constater la situation sur place. Il peut demander tout de suite des changements. Les personnes faisant l’objet d’une plainte ne sont jamais averties d’une visite à l’avance », souligne-t-il.

À la suite d’une plainte, l’inspecteur peut émettre un avis d’infraction avec une note au dossier en demandant que des correctifs soient mis en place dans les plus brefs délais. À la suite d’une autre inspection, si la situation n’est toujours pas réglée, le MAPAQ peut donner une amende et même aller jusqu’à la saisie.

Si la santé d’un animal semble menacée, l’inspecteur s’organise pour que l’animal ait les soins requis ou soit retiré du milieu afin qu’il n’y ait pas de propagation du virus, mentionne M. Boily.

Qu’est-ce que le Parvovirus?

Selon la vétérinaire Marie-Claude Lavallée de l’Hôpital vétérinaire du Bas-Richelieu, le Parvovirus s’apparente à une gastro-entérite chez les humains qui s’attrape par le contact d’un animal avec des selles contaminées.

« C’est une infection très sévère, surtout pour les chiots, qui rend les parois intestinales à vif. Le virus est très virulent et détruit les intestins. Il peut aller jusqu’à contaminer le système de digestion et causer des complications entraînant la mort. »

Tous les chiens peuvent développer le virus, mais il y a moins de chances quand ils sont vaccinés, qu’ils ont eu leur rappel et qu’ils ont reçu les anticorps de leur mère elle-même vaccinée, souligne la vétérinaire. Il n’existe toutefois pas de traitement antivirus. Le personnel prodigue seulement des soins de soutien. Le virus peut persister dans l’environnement pendant près de sept mois, souligne Mme Lavallée.

En 2015
Nombre d’inspections Nombre de plaintes
Québec 3981 1706
MRC Pierre-De Saurel 38 35
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