31 juillet 2018
L’agriculture urbaine en vogue dans la région
Par: Sarah-Eve Charland

Louise B. Dupuis et Sylvain Dansereau sont des passionnés d'agriculture urbaine. (Photo : Sarah-Eve Charland)

L’agriculture en milieu urbain attire de plus en plus d’adeptes dans la région. Jardins collectifs, communautaires et bacs de jardinage; les citoyens recherchent davantage à cultiver leurs propres fruits et légumes.

La Ville de Saint-Joseph-de-Sorel a répondu à la demande de ses citoyens en offrant un jardin collectif depuis quelques semaines au parc Olivar Gravel, nouvellement aménagé sur le terrain de l’ancienne église. Les résidents peuvent réserver gratuitement un des 28 bacs à jardinage. Au moment de l’ouverture, il ne restait que quelques bacs à être attribués.

« Les résidents à Saint-Joseph-de-Sorel n’ont pas nécessairement des terrains très grands. Ils ne peuvent donc pas jardiner à la maison. On voulait aussi que ce soit accessible pour les jeunes et les aînés. Il y a eu un intérêt de développer des rencontres multigénérationnelles », souligne le maire de Saint-Joseph-de-Sorel, Vincent Deguise.

Jardiner pour tous

Le Centre de la petite enfance (CPE) Marie-Stella et le camp de jour auront accès à des bacs de jardinage afin d’initier les plus petits à l’agriculture urbaine. Le Marché urbain Pierre-De Saurel offrira des ateliers au grand public deux fois par semaine.

« L’agriculture urbaine, c’est vraiment dans le vent, affirme la directrice générale du Marché urbain Pierre-De Saurel, Isabelle Chartrand. Cet été, les jardins collectifs sont encore plus présents. C’est bien beau jardiner, mais on en profite pour faire de l’éducation populaire. »

Plusieurs CPE de la région sont déjà initiés à l’agriculture urbaine. L’organisme souhaite élargir ses projets en aménageant un jardin collectif sur le terrain de la maison historique au coin des rues Prince et Victoria. Les ateliers offerts dans le cadre du camp de jour organisé par l’organisme s’y dérouleront. Le projet consiste à implanter un jardin-école en collaboration avec la table Agir pour la sécurité alimentaire du Bas-Richelieu.

« On veut inviter les citoyens environnants à des ateliers d’éducation populaire. Les organismes pourront aussi venir. C’est thérapeutique et éducatif. Le jardinage est pour tout le monde. Rien ne nous ferait plus plaisir que de se lever le matin et qu’il n’y ait plus de légume dans le jardin », croit Mme Chartrand.

Savoir d’où vient la nourriture

L’agriculture urbaine est de plus en plus populaire parce que les citoyens développent une conscience sur ce qu’ils mangent, mentionne la directrice générale du Marché urbain Pierre-De Saurel.

Les bénévoles responsables du jardin communautaire Lagassé, situé sur la rue du Roi près de l’église Saint-Gabriel, abondent dans le même sens. À Sorel-Tracy, on retrouve quatre jardins communautaires.

« Tu manges une tomate à l’épicerie, enduite de pesticides et tu manges une tomate fraîche de ton jardin, ce n’est pas du tout pareil », assure la bénévole Louise B. Dupuis.

Au jardin Lagassé, les 40 espaces de terrains sont loués pour l’année. Le bénévole Sylvain Dansereau ajoute qu’il ne faut pas se leurrer; le jardinage demande du temps et de la rigueur.

« Le jardin doit devenir ton horaire. La vie d’un jardin, c’est toute l’année. Par contre, c’est un loisir qui est sain. Tu te lèves tôt. Tu travailles au soleil », précise-t-il.

« Des familles qui ne connaissent rien au jardinage ont demandé des conseils et ont observé les autres personnes. Leur jardin va super bien. Ça sert aussi à ça un jardin communautaire. On peut demander à notre voisin si on a besoin de conseils », conclut-elle.

Les Incroyables Comestibles en pleine expansion

Le mouvement des Incroyables Comestibles a fait son entrée à Sorel-Tracy à l’été 2017. On y retrouvait 41 bacs dispersés dans les parcs et les espaces publics. Les citoyens peuvent s’y approvisionner en fruits, légumes et fines herbes gratuitement.

Enthousiasmée par le succès de la première année, l’instigatrice Valérie-Anne Fontaine a élargi son projet en ajoutant une dizaine de bacs supplémentaires. Elle a élaboré plusieurs thématiques afin d’inciter les citoyens à découvrir de nouveaux aliments. Certains bacs auront un thème international, comme les pays de la Chine ou l’Inde. D’autres stimuleront plutôt les sens avec des odeurs ou des textures différentes.

« On vaut rester ludique. On veut faire découvrir des choses que les gens n’oseraient peut-être pas acheter. J’espère avoir une centaine de variétés différentes dans les bacs », souligne Mme Fontaine.

Des bacs seront ajoutés près du Centre Desranleau, de La Porte du Passant, de l’Association de la déficience intellectuelle région Sorel-Tracy (A.D.I.R.S.) et de l’Hôtel-Dieu de Sorel.

L’entreprise Les Subversifs, qui a acquis l’église Marie-Auxiliatrice à Sorel-Tracy pour y implanter une microdistillerie, a mandaté Mme Fontaine afin d’aménager un jardin collectif autour du bâtiment.

« Les propriétaires ne voulaient pas de gazon. Ce sera un peu différent de ce qu’on retrouve ailleurs. J’aimerais y entretenir une forêt nourricière. On veut aussi y faire des ateliers pour rendre ça ludique. Ce qui est bien, c’est que ça va se situer dans un désert alimentaire. Le jardin sera ouvert à tous », ajoute-t-elle.

Le projet sera développé en six phases, à été et à l’automne, sur une période de trois ans.

image