15 mai 2015
L’adoption, une montagne russe d’émotions pour les parents
Par: Julie Lambert
DR-15052015ADOPTIONTEMOIGNAGE | DepositPhotos

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Les Sorelois Jean-Philippe et Steven (noms fictifs) forment un couple homosexuel. Ils ont toujours caressé le rêve de fonder une famille. Il y a deux ans, ils se sont lancés dans un processus d’adoption auprès de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). Une aventure chargée d’émotions afin d’être un jour des parents.

Steven raconte que dès le début de leur relation, leur désir d’adopter un enfant était clair. Ils souhaitaient toutefois attendre d’avoir des vies et des emplois stables pour commencer les démarches.

Le grand moment est arrivé à l’été 2012. Ils se sont présentés à une rencontre d’information offerte par la DPJ pour faire partie de la banque mixte des familles d’accueil accueillant des enfants à haut risque d’abandon ou dont les parents sont incapables de répondre à leurs besoins.

« C’était plus rapide que de choisir d’être une famille régulière. Par contre, il y a le risque que les parents décident finalement d’entamer des démarches pour pouvoir à nouveau avoir leurs enfants. On nous a rassurés en nous disant que neuf enfants sur dix restaient dans leurs nouvelles familles », souligne Steven.

Son conjoint Jean-Philippe ajoute que plusieurs étapes ont dû être franchies lors des mois suivants : plusieurs rencontres d’information, des évaluations psychosociales en couple et individuelles en plus d’un formulaire d’une vingtaine de pages à remplir comprenant des références.

Les rencontres d’information ont été particulièrement difficiles pour le couple de la région puisqu’on leur explique la loi, les possibilités d’adoption et les besoins particuliers de ces enfants.

« Les intervenants sont clairs dès le début de la première rencontre. Ils mettent cartes sur table et nous expliquent la situation. Ils n’essaient pas de nous vendre du rêve », raconte Jean-Philippe.

« Pendant tout le processus, nous sommes très bien encadrés et les informations nous forcent à nous remettre en question à plusieurs reprises. Mais notre désir d’avoir un enfant et de pouvoir l’aider revenait toujours », ajoute Steven.

Un rêve devenu réalité

Après avoir déposé sa candidature en février 2014, le couple a reçu l’appel de la DPJ le 22 mars pour accueillir la petite Mélodie (nom fictif), âgée de 18 jours.

Cette surprise a causé tout un branle-bas de combat puisque la petite devait être prise en charge l’après-midi même. « Nous avions seulement un lit et une table à langer. Nous n’avions rien acheté puisqu’on ne savait pas quel âge et quel sexe allait avoir l’enfant. On a eu un avant-midi intensif de magasinage », rigole Jean-Philippe.

Toujours en attente de signer officiellement les papiers d’adoption, près d’un an plus tard, les nouveaux parents sont contents de toute l’aventure et songent même à refaire une nouvelle demande pour un deuxième enfant.

« On entend souvent des histoires d’horreur sur ces enfants, mais il faut arrêter d’avoir un jugement. Chaque histoire est différente. On a pris une chance et on se compte chanceux parce que nous n’avons pas eu une situation difficile avec son ancienne famille comme d’autres. Être parent, c’est la plus belle chose au monde », conclut Jean-Philippe.

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