15 mai 2015
L’adoption en baisse en Montérégie
Par: Julie Lambert
Le nombre d’adoptions est en baisse partout en province tout comme en Montérégie. | DepositPhotos

Le nombre d’adoptions est en baisse partout en province tout comme en Montérégie. | DepositPhotos

Il n’est pas toujours facile pour les personnes souhaitant agrandir leur famille de passer par l’adoption. Les délais d’attente, les restrictions et les coûts onéreux expliquent que depuis quelques années, le nombre d’adoptions québécoises et internationales diminue en Montérégie.

Pour une troisième année consécutive, l’adoption internationale affiche une légère baisse dans l’ensemble de la province. Au Québec, elles sont passées de 339 à 231 de 2011 à 2014. En Montérégie, le nombre est passé de 68 à 47 au cours de la même période.

Selon la porte-parole du Secrétariat à l’adoption internationale, Marie-Claude Lacasse, les nouvelles restrictions des pays d’origine sont une des causes de cette diminution.

« Ce phénomène est fortement lié au renforcement des systèmes de protection des enfants dans les pays d’origine. Le développement de l’adoption internationale a pour conséquence de modifier le profil des enfants proposés à l’adoption. Ils sont désormais plus âgés, présentent des besoins spéciaux liés à des problèmes physiques ou psychiques ou font partie de fratrie de deux enfants ou plus. »

Cette nouvelle réalité prolonge les démarches, souligne-t-elle, et peuvent décourager plusieurs adoptants puisqu’ils doivent répondre aux exigences de plus en plus sélectives et restrictives des pays d’origine comme l’âge, le statut civil, la durée de vie commune, etc.

Les familles doivent aussi souvent prolonger la durée de leur séjour dans le pays de l’enfant ou augmenter le nombre de déplacements à l’étranger. Le changement de profil des enfants nécessite aussi le développement de compétences spécifiques des adoptants et une préparation adéquate de ces derniers.

« Les adoptants doivent faire preuve d’une plus grande ouverture et être proactifs dans la recherche de services pour leurs enfants. Ce contexte requiert un accompagnement plus soutenu. Les possibilités d’adoption sont réduites, les délais pour la réalisation d’un projet d’adoption prolongent la préparation à l’accueil de leur enfant pendant plusieurs années », mentionne Mme Lacasse.

Centre jeunesse

Du côté des adoptions québécoises, gérées par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), on enregistre une diminution des adoptions de 99 à 46 de 2011 à 2014, en Montérégie.

La chef de service adoption, recherche d’antécédents et retrouvailles au CISSS Montérégie-Est, Nicole Anne Vautour, pense que cette baisse est surtout un retour à la normale après la mise en place, en 2009, de nouvelles normes pour trouver un projet de vie alternatif aux enfants placés sous leur protection.

Elle explique qu’il y a diverses possibilités pour ces enfants lorsque l’intervenant analyse sa situation comme d’être placés dans une famille d’accueil temporairement pour travailler conjointement avec les parents, chez un membre de la famille immédiate ou dans une famille d’accueil ayant soumis le désir d’adopter.

« On analyse dès le départ les possibilités alternatives pour l’enfant. On n’a pas de délai parce qu’on travaille avec des êtres humains. L’important, c’est de trouver la solution le plus profitable pour l’enfant. On essaie de joindre le bon profil d’enfant avec celui des bons parents », conclut-elle.

Adoptions internationales
2011 2012 2013 2014
Montérégie 68 47 58 47
Québec 339 256 218 231
Adoptions québécoises en Montérégie
2010-2011 2011-2012 2012-2013 2013-2014
99 69 68 46
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