17 juillet 2018
L’accident mortel au Port de Montréal à Contrecœur porte à réfléchir
Par: Sarah-Eve Charland

L'accident mortel est survenu sur le site du Port de Montréal à Contrecœur le 23 juin. (Photo : archives)

Même si le nombre d’accidents de travail diminue d’année en année, l’accident mortel qui est survenu sur le site du Port de Montréal à Contrecœur le 23 juin confirme à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) que la prévention est toujours de mise.

« On reste vigilant. On reste toujours préoccupé. Un accident représente beaucoup de vies brisées. Dans notre planification des prochaines années, on va lancer une offensive concernant les chutes aux bruits et contrôle, ainsi qu’aux énergies », affirme la porte-parole de la CNESST, Héloïse Bernier-Leduc.

Les secteurs de la construction, de la fabrication, des soins de santé et sociaux seront priorisés. La CNESST veut aussi sensibiliser les entreprises à former rapidement les jeunes travailleurs lorsqu’ils commencent à travailler.

Dans la région Yamaska, qui inclut la MRC de Pierre-De Saurel, on a enregistré quatre décès en 2017. On a traité 4 953 accidents et maladies professionnelles dans la région. Au Québec, on compte 62 accidents mortels, ce qui représente 18 cas de moins qu’en 2016. Selon la porte-parole, la CNESST voit une diminution depuis une quinzaine d’années.

Au cours des deux dernières années, plusieurs accidents sont survenus sur le territoire, dont un en avril dernier chez Rio Tinto Fer et Titane. Des travailleurs d’entreprises sous-traitantes en ont été victimes.

« Je ne peux pas me prononcer sur le sujet. L’entreprise se doit de s’assurer d’une bonne prise en charge. Parler de santé et sécurité tous les jours. Il s’agit de cas par cas. Selon mon expérience, lorsqu’il y a une concertation entre intervenants, ça porte fruit », croit Mme Bernier-Leduc.

Le 23 juin, un homme de 38 ans a été heurté par un chariot élévateur transportant des blocs de béton sur le site du Port de Montréal. Il travaillait pour l’entreprise sous-traitante Instantoile. La victime se dirigeait à pied vers les blocs, qui sont utilisés pour retenir les toiles de s’envoler. Un autre travailleur se retrouvait à bord d’un chariot élévateur. Selon les premières informations, sa vue était obstruée. Il a heurté le travailleur à pied.

La CNESST, la Régie intermunicipale de police Richelieu-St-Laurent et le ministère Emploi et Développement social Canada enquêtent conjointement sur les circonstances de l’accident.

Des entreprises en attente des conclusions de l’enquête

Le Port de Montréal attendra les conclusions de l’enquête de la CNESST avant de se prononcer sur les événements.

« La santé et sécurité relève de l’opérateur. La sécurité demeure une priorité absolue et par tous nos opérateurs, j’en suis persuadée. C’est un accident malheureux. J’en profite pour offrir nos sincères sympathies à la famille du travailleur », souligne la porte-parole du Port de Montréal, Mélanie Nadeau.

La vice-présidente Stratégie et communication chez Logistec, qui est l’opérateur ayant embauché l’entreprise Instantoile, Marie-Chantal Savoy, abonde dans le même sens.

« S’il y a des constats, on va les accueillir. On prend tous une pause et on réfléchit. On a un beau processus pour accueillir les sous-traitants. À l’heure actuelle, on ne sait si l’entreprise l’a suivi ou s’il y a des améliorations à apporter. »

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